La corruption et les importations poussent à la hausse les prix des denrées alimentaires

La République du Congo, qui importe plus de 240 millions de dollars de nourriture par année, a assisté à une augmentation brutale des prix des denrées de base et du combustible depuis le début de 2012, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et une organisation locale qui défend les droits des consommateurs.

Un contenant de 25 litres d’huile végétale qui se vendait pour l’équivalent de 32 dollars en janvier 2012 coûte maintenant 50 dollars et le prix du manioc est passé de 1 à 2,60 dollars les cinq kilos, selon Dieudonné Moussala, président de l’Association de défense des droits des consommateurs.

Il a également dit que le prix du litre de kérosène était passé de 0,70 à 2,6 dollars sur le marché noir pendant la même période.

« Il me faut maintenant débourser 3 500 francs CFA [7 dollars] pour un kilo de viande à la boucherie, alors que je payais auparavant moins de 2 000 francs CFA [4 dollars] », a dit à IRIN Carine Moutombo, une mère de trois enfants de 32 ans.

« Il est difficile de se débrouiller et de manger à sa faim. Le budget qu’on consacrait auparavant à la nourriture ne suffit plus », a dit Mme Moutombo.

« Les prix de l’ensemble des produits congelés importés ont augmenté à cause de la corruption dans la chaîne d’approvisionnement [de leur arrivé au port de Pointe-Noire jusqu’à leur vente par les petits détaillants] », a dit M. Moussala.

« Il y a trop de taxes non officielles et de postes de contrôle dans la chaîne d’approvisionnement. Les commerçants et les autres importateurs sont corrompus à tous les niveaux. Au bout du compte, ils font payer chacune des pertes encourues aux pauvres consommateurs. C’est ce qui explique l’augmentation des prix des marchandises », a ajouté M. Moussala.

« Nous n’avons pas encore trouvé la solution à tous nos problèmes [liés aux importations]… Nous avons encore du chemin à faire. C’est pourquoi la lutte de notre pays contre l’insécurité alimentaire est importante en termes de politiques publiques », a dit Rigobert Maboundou, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage. Selon lui, le Congo est un « pays à déficit vivrier ».

Afin de limiter les importations et d’assurer la sécurité alimentaire, le Congo a lancé, en 2010, un projet de 26 millions de dollars pour la construction de « nouveaux villages agricoles ». « Grâce à ce projet, nous avons réduit de moitié la facture des importations d’œufs. Nous avons produit 6,6 millions d’œufs en 2011, alors que la quantité d’œufs importés chaque année est estimée à 13 millions », a dit M. Maboundou.

En 2011, le Congo a également loué 180 000 hectares de terres arables à un groupe de fermiers sud-africains qui ont réussi à y planter 1 200 hectares de maïs.

« Le Congo importe près de la moitié des produits de base dont il a besoin. Il faut être conscient de cela pour comprendre la hausse actuelle des prix. En important des produits, on importe aussi de l’inflation », a dit à IRIN André Kamba, directeur de cabinet du ministre du Commerce et des Approvisionnements.

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