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jeudi 20 juin 2013
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Briefing: La crise des Rohingyas au Myanmar
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OCHA Myanmar
Plus de 100 000 Rohingyas ont été déplacés
BANGKOK, 19 novembre 2012 (IRIN) - Cinq mois après le début des violences communautaires qui ont éclaté dans l’État de Rakhine, au Myanmar, la situation des 800 000 musulmans de l’ethnie rohingya s’est encore aggravée : fin octobre, une nouvelle flambée de violence a entraîné le déplacement de plus de 100 000 personnes, selon le gouvernement.
En juin 2012, les affrontements entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et musulmans de l’ethnie rohingya auraient fait 80 morts et des dizaines de milliers de déplacés. Des habitations et des lieux de culte ont été détruits dans plusieurs régions au nord de l’État. Le gouvernement a ordonné un couvre-feu nocturne et a déclaré l’état d’urgence dans six communes dont Maungdaw et Buthidaung près de la frontière avec le Bangladesh.
Qui sont les Rohingyas ?
Les
Rohingyas
sont une minorité musulmane, ethniquement proche des Bengladais qui vivent dans la région de Chittagong du Bangladesh voisin. Ils représentent 90 pour cent du million d’habitants présents au nord de l’État de Rakhine au Myanmar, voisin du Bangladesh et qui comprend les communes de Maungdaw, Buthidaung et Rathedaung. Si les habitants au nord de l’État de Rakhine sont pour la plupart musulmans, les Rakhines – principalement bouddhistes – représentent la majorité des trois millions d’habitants de l’État. En 1989, la junte militaire a changé le nom colonial d’Arakan en Rakhine.
Le gouvernement fait état de 135 ‘races’ nationales (traduction du birman ‘type de peuple’) classées par ethnie et dialecte et dont les groupes ethniques les plus importants sont les Birmans, les Kachins, les Kayahs, les Karennis, les Chins, les Môns et les Shans.
Les Birmans, principal peuple du Myanmar, représentent 69 pour cent de la population du pays, d’après le dernier
recensement
officiel de 1983.
Quelle est la position du gouvernement ?
Certains Rohingyas sont installés au Myanmar depuis des générations tandis que d’autres sont arrivés au cours des dernières décennies ; les autorités birmanes ne tiennent pas compte de leur date d’arrivée dans le pays. Le gouvernement les considère comme des immigrés sans papiers et ne les reconnaît pas comme citoyens ou comme groupe ethnique.
Par conséquent, les Rohingyas sont de jure apatrides d’après la
Loi relative à la citoyenneté birmane
de 1982 et sont considérés comme une source d’instabilité dans le pays.
En juillet, le président birman Thein Sein a choqué les groupes de défense des droits humains en déclarant que les Rohingyas devaient être placés dans des camps de réfugiés tenus par les Nations Unies et se voir offrir dans le même temps une réinstallation dans tout autre pays disposé à les accueillir.
« Le Myanmar est responsable de ses nationalités ethniques, mais il n’est pas du tout possible de reconnaître les Rohingyas qui ont passé la frontière clandestinement et qui ne sont pas un [groupe] ethnique au Myanmar », déclare dans un communiqué le site Internet du Bureau présidentiel.
Photo:
Courtesy of the Arakan Project
Les conditions dans les camps sont mauvaises
Parallèlement, le
Bureau présidentiel
a annoncé le 31 octobre que le gouvernement continuerait à « prendre des mesures contre les individus et les groupes responsables du conflit » afin de prévenir de nouveaux actes de violence. Il a également déclaré que des enquêtes étaient en cours.
Quelle est l’origine des tensions intercommunautaires ?
La présence des musulmans sur le littoral de Rakhine remonte au huitième et au neuvième siècles, lorsque les négociants arabes s’installèrent dans la région. Musulmans et bouddhistes ont toujours vécu des deux côtés du fleuve Naf qui marque la frontière actuelle avec le Bangladesh. Les Britanniques annexèrent la région après le conflit de 1824-26 et encouragèrent l’immigration en provenance de l’Inde, y compris celle d’ouvriers, de marchands et d’administrateurs. Depuis l’indépendance en 1948, les gouvernements birmans successifs ont toujours considéré cette immigration comme illégale.
Sans le statut de citoyens, les Rohingyas ne peuvent quitter légalement les communes de l’État de Rakhine et, depuis 1994, ils doivent se procurer des autorisations spéciales (souvent seulement disponibles en échange de pots-de-vin) pour se marier, et ils n’ont pas le droit d’avoir plus de deux enfants, une restriction qui n’est pas imposée aux autres groupes ethniques. Les couples en concubinage courent le risque d’être persécutés. Le gouvernement inclut les Rohingyas dans les registres d’état civil officiels et leur remet des cartes d’inscription temporaires. Cependant, ces documents ne mentionnent pas le lieu de naissance et ne sont pas considérés comme des certificats de naissance au Myanmar.
À cause de leur
situation d’apatride
, de la méfiance et de la haine profonde qu’ils suscitent, les Rohingyas continuent à être victimes de persécution et de discrimination par les restrictions ciblées (comme le nombre d’enfants) et par les obligations (travail forcé non rémunéré pour les forces de sécurité).
La question de leur statut divise tellement au Myanmar que même Aung San Suu Kyi, la leader de l’opposition pro-démocratie, ne s’exprime presque pas sur le sujet de peur de perdre son soutien populaire. De son côté, le gouvernement du président birman, favorable aux réformes, s’exposerait à une réaction violente de la population s’il devait leur accorder unilatéralement la citoyenneté, préviennent les experts.
Combien de personnes sont déplacées ?
En juin 2012, après qu’un groupe de jeunes musulmans a été accusé du viol d’une femme rakhine, les violences entre l’ethnie rakhine et l’ethnie rohingya ont provoqué le déplacement de près de 75 000 personnes, en majorité Rohingyas ; la plupart se trouvent toujours dans neuf
camps
surpeuplés de Sittwe, la capitale de l’État de Rakhine. Après un retour au calme précaire, les violences ont repris en octobre et se sont étendues dans la région, déplaçant 35 000 personnes de plus selon le
Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA)
à Yangon.
Ce nombre de déplacés s’ajoute aux plus de 200 000 Rohingyas qui auraient fui les premières répressions et discriminations, trouvant refuge au
Bangladesh
, où ils sont également considérés comme des immigrés sans papiers, ou vers d’autres zones de la région.
Que se passe-t-il à l’heure actuelle ?
Des actes de violence isolés continuent d’être signalés dans l’État de Rakhine où la situation reste instable. Les forces de
sécurité
sont toujours très présentes dans l’État de Rakhine, car les habitants craignent le retour des troubles si les forces armées se retirent. La plupart des personnes déplacées n’ont qu’un accès restreint, voire inexistant, à la nourriture et aux abris.
L’organisation de défense des droits,
Human Rights Watch (HRW)
, a publié des images satellite des 9 et 25 octobre montrant l’ampleur des destructions de maisons et autres propriétés de la ville côtière de Kyauk Pyu, une zone à majorité rohingya. Plus de 800 maisons et bâtiments ont été détruits et de nombreux Rohingyas ont fui la ville par voie maritime pour se rendre à Sittwe, qui se trouve à 200 kilomètres au nord. Des musulmans n’appartenant pas à l’ethnie rohingya ont également été déplacés, faisant redouter que les violences ne gagnent d’autres régions du Myanmar. Les musulmans représentent quatre pour cent de la
population
estimée à 59 millions.
Les humanitaires ont-ils accès au conflit ?
Des travailleurs humanitaires ont indiqué n’avoir pas pu obtenir l’autorisation de se rendre auprès des personnes déplacées à l’extérieur de la ville de
Sittwe
.
Photo:
Courtesy of the Arakan Project
Beaucoup se demandent s’ils pourront rentrer chez eux
Plus de 100 000 personnes ont été déplacées dans
huit communes de l’État de Rakhine
(Kyauk Pyu, Kyauktaw, Minbya, Mrauk-U, Myebon, Pauktaw, Ramree et Rathedaung).
Après s’être vu refuser l’accès aux communautés touchées, l’association d’assistance médicale
Médecins sans Frontières (MSF)
a quitté l’État de Rakhine après vingt ans de présence sur place, suite aux menaces de mort visant son personnel humanitaire.
En juin, MSF a interrompu la plupart de ses programmes médicaux, privant des milliers de patients de services de santé dans tout l’État de Rakhine.
Les pluies de la mousson ont interrompu l’aide humanitaire et au développement dans l’État de Rakhine près de Sittwe ; le Programme alimentaire mondial (PAM), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et quelques organisations non gouvernementales (ONG) ont repris leurs activités en septembre.
Ce mois-là, l’
Organisation de la Conférence islamique (OCI)
avait annoncé l’accord du gouvernement d’ouvrir un bureau de l’OCI dans l’État de Rakhine, mais les protestations des moines bouddhistes avaient poussé le gouvernement à retirer son autorisation.
Qui intervient sur place et que leur manque-t-il ?
Suite aux heurts du mois de juin, le gouvernement a fourni de la nourriture, des abris, des denrées non alimentaires et des produits de ravitaillement sanitaire aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), avec le soutien de la communauté internationale. En juillet, un plan inter-agences a été établi pour venir en aide aux 80 000 personnes qui seraient touchées par la crise.
Le
Plan d’intervention humanitaire pour l’État de Rakhine
prévoit un budget de quelque
32,5 millions de dollars
pour répondre aux besoins vitaux d’urgence d’ici la fin de l’année, pour un nombre de déplacés estimé à 80 000.
D’après la base de données des Nations Unies qui référence les actions d’aide humanitaire internationale, le
Service de suivi financier
(FTS) et les
promesses de dons
qui n’ont pas encore été enregistrées, près de 24 millions de dollars ont été annoncés ou versés pour l’aide humanitaire dans l’État de Rakhine cette année, dont 4,8 millions de dollars alloués par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF - créé en 2005 pour offrir une aide humanitaire dans de meilleurs délais à ceux qui sont touchés par une catastrophe naturelle ou un conflit armé).
En réponse à une recrudescence des déplacements, un nouveau plan doit être lancé prochainement pour subvenir aux besoins d’urgence dans l’État de Rakhine jusqu’en juin 2013.
fm/pt/cb-fc/amz
Theme (s)
:
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 675 14 juin 2013
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OCHA Myanmar
Plus de 100 000 Rohingyas ont été déplacés
BANGKOK, 19 novembre 2012 (IRIN) - Cinq mois après le début des violences communautaires qui ont éclaté dans l’État de Rakhine, au Myanmar, la situation des 800 000 musulmans de l’ethnie rohingya s’est encore aggravée : fin octobre, une nouvelle flambée de violence a entraîné le déplacement de plus de 100 000 personnes, selon le gouvernement.
En juin 2012, les affrontements entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et musulmans de l’ethnie rohingya auraient fait 80 morts et des dizaines de milliers de déplacés. Des habitations et des lieux de culte ont été détruits dans plusieurs régions au nord de l’État. Le gouvernement a ordonné un couvre-feu nocturne et a déclaré l’état d’urgence dans six communes dont Maungdaw et Buthidaung près de la frontière avec le Bangladesh.
Qui sont les Rohingyas ?
Les
Rohingyas
sont une minorité musulmane, ethniquement proche des Bengladais qui vivent dans la région de Chittagong du Bangladesh voisin. Ils représentent 90 pour cent du million d’habitants présents au nord de l’État de Rakhine au Myanmar, voisin du Bangladesh et qui comprend les communes de Maungdaw, Buthidaung et Rathedaung. Si les habitants au nord de l’État de Rakhine sont pour la plupart musulmans, les Rakhines – principalement bouddhistes – représentent la majorité des trois millions d’habitants de l’État. En 1989, la junte militaire a changé le nom colonial d’Arakan en Rakhine.
Le gouvernement fait état de 135 ‘races’ nationales (traduction du birman ‘type de peuple’) classées par ethnie et dialecte et dont les groupes ethniques les plus importants sont les Birmans, les Kachins, les Kayahs, les Karennis, les Chins, les Môns et les Shans.
Les Birmans, principal peuple du Myanmar, représentent 69 pour cent de la population du pays, d’après le dernier
recensement
officiel de 1983.
Quelle est la position du gouvernement ?
Certains Rohingyas sont installés au Myanmar depuis des générations tandis que d’autres sont arrivés au cours des dernières décennies ; les autorités birmanes ne tiennent pas compte de leur date d’arrivée dans le pays. Le gouvernement les considère comme des immigrés sans papiers et ne les reconnaît pas comme citoyens ou comme groupe ethnique.
Par conséquent, les Rohingyas sont de jure apatrides d’après la
Loi relative à la citoyenneté birmane
de 1982 et sont considérés comme une source d’instabilité dans le pays.
En juillet, le président birman Thein Sein a choqué les groupes de défense des droits humains en déclarant que les Rohingyas devaient être placés dans des camps de réfugiés tenus par les Nations Unies et se voir offrir dans le même temps une réinstallation dans tout autre pays disposé à les accueillir.
« Le Myanmar est responsable de ses nationalités ethniques, mais il n’est pas du tout possible de reconnaître les Rohingyas qui ont passé la frontière clandestinement et qui ne sont pas un [groupe] ethnique au Myanmar », déclare dans un communiqué le site Internet du Bureau présidentiel.
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Courtesy of the Arakan Project
Les conditions dans les camps sont mauvaises
Parallèlement, le
Bureau présidentiel
a annoncé le 31 octobre que le gouvernement continuerait à « prendre des mesures contre les individus et les groupes responsables du conflit » afin de prévenir de nouveaux actes de violence. Il a également déclaré que des enquêtes étaient en cours.
Quelle est l’origine des tensions intercommunautaires ?
La présence des musulmans sur le littoral de Rakhine remonte au huitième et au neuvième siècles, lorsque les négociants arabes s’installèrent dans la région. Musulmans et bouddhistes ont toujours vécu des deux côtés du fleuve Naf qui marque la frontière actuelle avec le Bangladesh. Les Britanniques annexèrent la région après le conflit de 1824-26 et encouragèrent l’immigration en provenance de l’Inde, y compris celle d’ouvriers, de marchands et d’administrateurs. Depuis l’indépendance en 1948, les gouvernements birmans successifs ont toujours considéré cette immigration comme illégale.
Sans le statut de citoyens, les Rohingyas ne peuvent quitter légalement les communes de l’État de Rakhine et, depuis 1994, ils doivent se procurer des autorisations spéciales (souvent seulement disponibles en échange de pots-de-vin) pour se marier, et ils n’ont pas le droit d’avoir plus de deux enfants, une restriction qui n’est pas imposée aux autres groupes ethniques. Les couples en concubinage courent le risque d’être persécutés. Le gouvernement inclut les Rohingyas dans les registres d’état civil officiels et leur remet des cartes d’inscription temporaires. Cependant, ces documents ne mentionnent pas le lieu de naissance et ne sont pas considérés comme des certificats de naissance au Myanmar.
À cause de leur
situation d’apatride
, de la méfiance et de la haine profonde qu’ils suscitent, les Rohingyas continuent à être victimes de persécution et de discrimination par les restrictions ciblées (comme le nombre d’enfants) et par les obligations (travail forcé non rémunéré pour les forces de sécurité).
La question de leur statut divise tellement au Myanmar que même Aung San Suu Kyi, la leader de l’opposition pro-démocratie, ne s’exprime presque pas sur le sujet de peur de perdre son soutien populaire. De son côté, le gouvernement du président birman, favorable aux réformes, s’exposerait à une réaction violente de la population s’il devait leur accorder unilatéralement la citoyenneté, préviennent les experts.
Combien de personnes sont déplacées ?
En juin 2012, après qu’un groupe de jeunes musulmans a été accusé du viol d’une femme rakhine, les violences entre l’ethnie rakhine et l’ethnie rohingya ont provoqué le déplacement de près de 75 000 personnes, en majorité Rohingyas ; la plupart se trouvent toujours dans neuf
camps
surpeuplés de Sittwe, la capitale de l’État de Rakhine. Après un retour au calme précaire, les violences ont repris en octobre et se sont étendues dans la région, déplaçant 35 000 personnes de plus selon le
Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA)
à Yangon.
Ce nombre de déplacés s’ajoute aux plus de 200 000 Rohingyas qui auraient fui les premières répressions et discriminations, trouvant refuge au
Bangladesh
, où ils sont également considérés comme des immigrés sans papiers, ou vers d’autres zones de la région.
Que se passe-t-il à l’heure actuelle ?
Des actes de violence isolés continuent d’être signalés dans l’État de Rakhine où la situation reste instable. Les forces de
sécurité
sont toujours très présentes dans l’État de Rakhine, car les habitants craignent le retour des troubles si les forces armées se retirent. La plupart des personnes déplacées n’ont qu’un accès restreint, voire inexistant, à la nourriture et aux abris.
L’organisation de défense des droits,
Human Rights Watch (HRW)
, a publié des images satellite des 9 et 25 octobre montrant l’ampleur des destructions de maisons et autres propriétés de la ville côtière de Kyauk Pyu, une zone à majorité rohingya. Plus de 800 maisons et bâtiments ont été détruits et de nombreux Rohingyas ont fui la ville par voie maritime pour se rendre à Sittwe, qui se trouve à 200 kilomètres au nord. Des musulmans n’appartenant pas à l’ethnie rohingya ont également été déplacés, faisant redouter que les violences ne gagnent d’autres régions du Myanmar. Les musulmans représentent quatre pour cent de la
population
estimée à 59 millions.
Les humanitaires ont-ils accès au conflit ?
Des travailleurs humanitaires ont indiqué n’avoir pas pu obtenir l’autorisation de se rendre auprès des personnes déplacées à l’extérieur de la ville de
Sittwe
.
Photo:
Courtesy of the Arakan Project
Beaucoup se demandent s’ils pourront rentrer chez eux
Plus de 100 000 personnes ont été déplacées dans
huit communes de l’État de Rakhine
(Kyauk Pyu, Kyauktaw, Minbya, Mrauk-U, Myebon, Pauktaw, Ramree et Rathedaung).
Après s’être vu refuser l’accès aux communautés touchées, l’association d’assistance médicale
Médecins sans Frontières (MSF)
a quitté l’État de Rakhine après vingt ans de présence sur place, suite aux menaces de mort visant son personnel humanitaire.
En juin, MSF a interrompu la plupart de ses programmes médicaux, privant des milliers de patients de services de santé dans tout l’État de Rakhine.
Les pluies de la mousson ont interrompu l’aide humanitaire et au développement dans l’État de Rakhine près de Sittwe ; le Programme alimentaire mondial (PAM), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et quelques organisations non gouvernementales (ONG) ont repris leurs activités en septembre.
Ce mois-là, l’
Organisation de la Conférence islamique (OCI)
avait annoncé l’accord du gouvernement d’ouvrir un bureau de l’OCI dans l’État de Rakhine, mais les protestations des moines bouddhistes avaient poussé le gouvernement à retirer son autorisation.
Qui intervient sur place et que leur manque-t-il ?
Suite aux heurts du mois de juin, le gouvernement a fourni de la nourriture, des abris, des denrées non alimentaires et des produits de ravitaillement sanitaire aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), avec le soutien de la communauté internationale. En juillet, un plan inter-agences a été établi pour venir en aide aux 80 000 personnes qui seraient touchées par la crise.
Le
Plan d’intervention humanitaire pour l’État de Rakhine
prévoit un budget de quelque
32,5 millions de dollars
pour répondre aux besoins vitaux d’urgence d’ici la fin de l’année, pour un nombre de déplacés estimé à 80 000.
D’après la base de données des Nations Unies qui référence les actions d’aide humanitaire internationale, le
Service de suivi financier
(FTS) et les
promesses de dons
qui n’ont pas encore été enregistrées, près de 24 millions de dollars ont été annoncés ou versés pour l’aide humanitaire dans l’État de Rakhine cette année, dont 4,8 millions de dollars alloués par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF - créé en 2005 pour offrir une aide humanitaire dans de meilleurs délais à ceux qui sont touchés par une catastrophe naturelle ou un conflit armé).
En réponse à une recrudescence des déplacements, un nouveau plan doit être lancé prochainement pour subvenir aux besoins d’urgence dans l’État de Rakhine jusqu’en juin 2013.
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