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mercredi 19 juin 2013
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MYANMAR: Inquiétudes au sujet des efforts de paix internationaux
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IRIN Film
Certaines personnes se posent des questions au sujet des réformes
CHIANG MAI, 13 novembre 2012 (IRIN) - Des organisations de la société civile asiatique
demandent un examen
des initiatives de paix financées par les bailleurs de fonds au Myanmar : elles craignent que le rythme des initiatives soit trop rapide, que le
coût humanitaire du développement économique
ne soit pas pris en compte et que les initiatives soient plus préjudiciables que salutaires.
« Le conflit, les violations des droits de l’homme et les destructions environnementales [sont] liés en grande partie directement à l’extraction programmée des ressources dans les zones ethniques », a dit Wong Aung, conseiller de
Shwe Gas Movement
, une organisation non gouvernementale (ONG) de surveillance basée à Chiang Mai, non loin de la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar. Cette organisation a été fondée en réaction à l’exploitation des gisements de gaz au large de l’État d’Arakan, à l’ouest du Myanmar.
L’ONG est membre de Burma Partnership, une alliance de 16 organisations de défense et de la société civile d’Asie du Sud-Est et d’Asie de l’Est qui loue le versement « bien intentionné » de fonds pour la paix, mais craint qu’ils ne compromettent la stabilité à long terme dans les régions frontalières majoritairement peuplées par des minorités ethniques et secouées par les conflits. « Si … l’on néglige les préoccupations environnementales ou les violations des droits de l’homme, alors la situation sécuritaire sur place ne s’améliorera jamais », a ajouté M. Wong Aung.
L’année dernière, le
Peace Donor Support Group
– qui regroupe des agences d’aide humanitaire norvégiennes, européennes, britanniques, australiennes et onusiennes, ainsi que l’organisation norvégienne « Myanmar Peace Support Initiative » (MSPI) – s’est engagé à réunir près de 30 millions de dollars pour réaliser des opérations de construction de la paix au sein des communautés affectées par le conflit. Le groupe, qui s’est rassemblé pour la première fois en juin 2012, financera l’aide humanitaire d’urgence, le travail de déminage, les formations professionnelles et l’enseignement dans les langues des minorités ethniques en passant par les canaux gouvernementaux.
Mais ces interventions ne répondent pas à « un problème criant », celui de l’armée et du rôle qu’elle joue dans le conflit actuel, selon Burma Partnership, qui réclame un accord politique négocié ou à un accord de paix contraignant entre le gouvernement et tous les groupes armés.
Bien que le gouvernement ait signé des cessez-le-feu préliminaires avec 10 groupes ethniques armés – y compris l’armée de l’état Shan, l’armée nationale de libération Karen et l’armée nationale de libération Ta’ang – les combats se poursuivent dans l’État du Kachin et l’État Shan, situés dans le nord du pays, où un pipeline pétrolier et gazier dont la construction a coûté 2,5 milliards de dollars (le pipeline Shwe reliant les gisements à la Chine) devrait être terminé en 2013, a indiqué M. Wong Aung.
Selon un
groupe de jeunes de Ta’ang
, la construction du pipeline est liée aux confiscations de terres, au travail forcé et à la présence militaire renforcée le long du pipeline.
Le gouvernement soutient que le pipeline est nécessaire à la fourniture d’énergie et de capitaux – paiement d’environ 13,8 millions de dollars par an par la Chine pour les droits de passage en transit et 100 millions de mètres cubes de gaz par jour, selon un
journal local
– dans un pays où environ 25 pour cent de la population est connectée au réseau électrique.
Les réformes politiques
mises en œuvre par le gouvernement civil du pays, qui a été élu il y a deux ans, ont
convaincu les anciens bailleurs de fonds
d’assouplir les embargos commerciaux et de rétablir les relations entre les dirigeants mondiaux et l’ancien État paria. Le président Barack Obama, qui vient d’être réélu, devrait être le premier chef d’État américain à se rendre dans le pays le mois prochain.
Mais les réformes n’ont pas encore été appliquées dans les communautés toujours isolées, indiquent les militants.
« La communauté internationale pense que le gouvernement a lancé des réformes politiques, mais cela ne veut pas dire que ces réformes ont été engagées dans les zones ethniques, et notamment dans les zones où l’on constate une présence militaire renforcée le long du pipeline Shwe, une intensification des combats entre l’armée birmane et les groupes ethniques armés et un impact négatif pour les habitants de ces zones », a dit Mai Amm Ngeal, un membre du groupe de jeunes de Ta’ang.
Plus de 75 000 personnes ont été déplacées dans l’État du Kachin, au nord du pays, suite à la fin d’un cessez-le-feu d’une durée de 17 ans en juin 2011 entre le gouvernement et l’armée pour l’indépendance Kachin (KIA), qui se bat pour obtenir davantage d’autonomie depuis plusieurs décennies.
Commencer par la paix ou le développement ?
Deux visions de la construction de la paix s’opposent, a dit Salai Yaw Aung, un membre du comité central du Front démocratique des étudiants de Birmanie basé à Chiang Mai.
« Certains leaders ethniques souhaitent rétablir la paix avant de promouvoir le développement, d’autres souhaitent accélérer le développement avant d’instaurer la paix », a-t-il dit.
De « graves tensions » sont même apparues au sein des groupes ethniques, a dit Charles Petrie, dirigeant du MPSI et ancien coordonnateur-résident, coordonnateur humanitaire et représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement qui a été forcé de quitter le pays en 2007 après avoir critiqué le gouvernement.
« Le peuple Karen a subi 63 années de guerre et il a vu des cessez-le-feu échouer. Des opinions différentes ont été exprimées au sein de la KNU [Union nationale Karen] sur la manière d’avancer. La KNU et d’autres groupes ethniques se sont prononcés à plusieurs reprises en faveur du dialogue politique, la première étape menant au rétablissement de la paix ».
M. Petrie a reconnu qu’il était urgent de rétablir la confiance dans les zones de conflit.
« Le vrai problème [des militants et des organisations de la société civile] est que le processus politique n’a pas commencé ou n’a pas été suffisamment développé … Les responsables gouvernementaux semblent vouloir engager le dialogue, mais je pense que certains groupes souhaitent avoir une idée plus précise de la manière dont la situation va évoluer », a dit M. Petrie à IRIN.
Selon M. Petrie, l’objectif du MPSI est de fournir un soutien immédiat aux cessez-le-feu temporaires par le biais de l’aide humanitaire d’urgence et de rétablir la confiance entre le gouvernement et les communautés ethniques minoritaires par le biais des projets de développement. Le MPSI finance des projets dans les États de Rakhine et de Chin, ainsi que dans les États Shan et Mon.
ss/pt/cb-mg/amz
Theme (s)
:
Economie
,
Droits de l'homme
,
Paix et sécurité
,
Politique
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 675 14 juin 2013
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CHIANG MAI, 13 novembre 2012 (IRIN) - Des organisations de la société civile asiatique
demandent un examen
des initiatives de paix financées par les bailleurs de fonds au Myanmar : elles craignent que le rythme des initiatives soit trop rapide, que le
coût humanitaire du développement économique
ne soit pas pris en compte et que les initiatives soient plus préjudiciables que salutaires.
« Le conflit, les violations des droits de l’homme et les destructions environnementales [sont] liés en grande partie directement à l’extraction programmée des ressources dans les zones ethniques », a dit Wong Aung, conseiller de
Shwe Gas Movement
, une organisation non gouvernementale (ONG) de surveillance basée à Chiang Mai, non loin de la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar. Cette organisation a été fondée en réaction à l’exploitation des gisements de gaz au large de l’État d’Arakan, à l’ouest du Myanmar.
L’ONG est membre de Burma Partnership, une alliance de 16 organisations de défense et de la société civile d’Asie du Sud-Est et d’Asie de l’Est qui loue le versement « bien intentionné » de fonds pour la paix, mais craint qu’ils ne compromettent la stabilité à long terme dans les régions frontalières majoritairement peuplées par des minorités ethniques et secouées par les conflits. « Si … l’on néglige les préoccupations environnementales ou les violations des droits de l’homme, alors la situation sécuritaire sur place ne s’améliorera jamais », a ajouté M. Wong Aung.
L’année dernière, le
Peace Donor Support Group
– qui regroupe des agences d’aide humanitaire norvégiennes, européennes, britanniques, australiennes et onusiennes, ainsi que l’organisation norvégienne « Myanmar Peace Support Initiative » (MSPI) – s’est engagé à réunir près de 30 millions de dollars pour réaliser des opérations de construction de la paix au sein des communautés affectées par le conflit. Le groupe, qui s’est rassemblé pour la première fois en juin 2012, financera l’aide humanitaire d’urgence, le travail de déminage, les formations professionnelles et l’enseignement dans les langues des minorités ethniques en passant par les canaux gouvernementaux.
Mais ces interventions ne répondent pas à « un problème criant », celui de l’armée et du rôle qu’elle joue dans le conflit actuel, selon Burma Partnership, qui réclame un accord politique négocié ou à un accord de paix contraignant entre le gouvernement et tous les groupes armés.
Bien que le gouvernement ait signé des cessez-le-feu préliminaires avec 10 groupes ethniques armés – y compris l’armée de l’état Shan, l’armée nationale de libération Karen et l’armée nationale de libération Ta’ang – les combats se poursuivent dans l’État du Kachin et l’État Shan, situés dans le nord du pays, où un pipeline pétrolier et gazier dont la construction a coûté 2,5 milliards de dollars (le pipeline Shwe reliant les gisements à la Chine) devrait être terminé en 2013, a indiqué M. Wong Aung.
Selon un
groupe de jeunes de Ta’ang
, la construction du pipeline est liée aux confiscations de terres, au travail forcé et à la présence militaire renforcée le long du pipeline.
Le gouvernement soutient que le pipeline est nécessaire à la fourniture d’énergie et de capitaux – paiement d’environ 13,8 millions de dollars par an par la Chine pour les droits de passage en transit et 100 millions de mètres cubes de gaz par jour, selon un
journal local
– dans un pays où environ 25 pour cent de la population est connectée au réseau électrique.
Les réformes politiques
mises en œuvre par le gouvernement civil du pays, qui a été élu il y a deux ans, ont
convaincu les anciens bailleurs de fonds
d’assouplir les embargos commerciaux et de rétablir les relations entre les dirigeants mondiaux et l’ancien État paria. Le président Barack Obama, qui vient d’être réélu, devrait être le premier chef d’État américain à se rendre dans le pays le mois prochain.
Mais les réformes n’ont pas encore été appliquées dans les communautés toujours isolées, indiquent les militants.
« La communauté internationale pense que le gouvernement a lancé des réformes politiques, mais cela ne veut pas dire que ces réformes ont été engagées dans les zones ethniques, et notamment dans les zones où l’on constate une présence militaire renforcée le long du pipeline Shwe, une intensification des combats entre l’armée birmane et les groupes ethniques armés et un impact négatif pour les habitants de ces zones », a dit Mai Amm Ngeal, un membre du groupe de jeunes de Ta’ang.
Plus de 75 000 personnes ont été déplacées dans l’État du Kachin, au nord du pays, suite à la fin d’un cessez-le-feu d’une durée de 17 ans en juin 2011 entre le gouvernement et l’armée pour l’indépendance Kachin (KIA), qui se bat pour obtenir davantage d’autonomie depuis plusieurs décennies.
Commencer par la paix ou le développement ?
Deux visions de la construction de la paix s’opposent, a dit Salai Yaw Aung, un membre du comité central du Front démocratique des étudiants de Birmanie basé à Chiang Mai.
« Certains leaders ethniques souhaitent rétablir la paix avant de promouvoir le développement, d’autres souhaitent accélérer le développement avant d’instaurer la paix », a-t-il dit.
De « graves tensions » sont même apparues au sein des groupes ethniques, a dit Charles Petrie, dirigeant du MPSI et ancien coordonnateur-résident, coordonnateur humanitaire et représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement qui a été forcé de quitter le pays en 2007 après avoir critiqué le gouvernement.
« Le peuple Karen a subi 63 années de guerre et il a vu des cessez-le-feu échouer. Des opinions différentes ont été exprimées au sein de la KNU [Union nationale Karen] sur la manière d’avancer. La KNU et d’autres groupes ethniques se sont prononcés à plusieurs reprises en faveur du dialogue politique, la première étape menant au rétablissement de la paix ».
M. Petrie a reconnu qu’il était urgent de rétablir la confiance dans les zones de conflit.
« Le vrai problème [des militants et des organisations de la société civile] est que le processus politique n’a pas commencé ou n’a pas été suffisamment développé … Les responsables gouvernementaux semblent vouloir engager le dialogue, mais je pense que certains groupes souhaitent avoir une idée plus précise de la manière dont la situation va évoluer », a dit M. Petrie à IRIN.
Selon M. Petrie, l’objectif du MPSI est de fournir un soutien immédiat aux cessez-le-feu temporaires par le biais de l’aide humanitaire d’urgence et de rétablir la confiance entre le gouvernement et les communautés ethniques minoritaires par le biais des projets de développement. Le MPSI finance des projets dans les États de Rakhine et de Chin, ainsi que dans les États Shan et Mon.
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