Le retour de La Niña

Les conditions climatiques liées à la sécheresse de 2011 dans la Corne de l’Afrique ont persisté et selon certains experts en alerte précoce, la communauté humanitaire devrait se préparer à faire face à une répétition de la crise alimentaire de l’an dernier.

Cependant, dans ses prévisions, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) indique qu’elle s’attend à ce que l’impact de La Niña diminue de mars à mai 2012, ce qui correspond à la principale saison des précipitations pour les zones pastorales et agricoles du Kenya du nord, du sud de l’Ethiopie et de la majeure partie de la Somalie ; cette saison représente entre 50 et 60 pour cent des précipitations annuelles de ces régions.

« C’est la position officielle, mais les dernières modélisations suggèrent que les conditions [de La Niña] semblent être assez semblables à celles de 2011, » a indiqué un responsable de l’alerte précoce. « Ce qu’il faut comprendre ici, c’est qu’il faut être prêt à réagir avant qu’il ne soit trop tard. »

Un épisode de La Niña a lieu quand la surface de l’Océan Pacifique centre et est, la plus grande mer du monde, se refroidit ; La Niña a une influence sur le climat des autres régions du monde.

Selon le Réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET), des analyses récentes ont également établi une relation entre la température de surface de l’océan et les précipitations dans le Pacifique Ouest, et les précipitations en Afrique de l’Est.

« Le Pacifique Ouest présente actuellement des conditions de température de surface et de pluviométrie similaires à celles qui prévalaient durant les années de sécheresse de 1984, 2000, 2004, 2007, 2008, 2009 et 2011. Cette observation suggère que si ces conditions persistent, le Kenya oriental, le sud de la Somalie et le sud-est de l’Ethiopie risquent de connaître un épisode de sécheresse, » a indiqué FEWS NET dans son dernier rapport.

Mais selon Kumar Kolli, directeur du Programme mondial des applications et des services climatologiques à l’OMM, La Niña actuelle est « relativement moins intense » que celle qui a été enregistrée en 2011.

Il a fait remarquer que les prévisions de l’OMM constituaient une perspective globale et que divers facteurs locaux entraient en jeu quand on considère l’impact de l’événement climatique à l’échelle régionale. « Ainsi les conditions [température et pluviométrie] prévalant dans l’Océan Indien auraient une influence sur la pluviométrie de la Corne de l’Afrique. »

Le Forum sur l’évolution probable du climat dans la Corne de l’Afrique, qui surveille ce type de conditions locales, se tiendra du 27 au 29 février au Rwanda et devrait, selon M. Kolli et FEWS NET, apporter plus de précision dans les prévisions.

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