Le VIH et les risques de maladies non transmissibles

Les médicaments antirétroviraux ont considérablement amélioré l’espérance de vie des personnes qui vivent avec le VIH, mais le virus – et bien souvent les ARV eux-mêmes – peuvent rendre certaines personnes plus vulnérables aux maladies non transmissibles que le reste de la population.



Les personnes qui vivent avec le VIH ont plus de risques d’avoir les six maladies non transmissibles suivantes :



Cardiopathies – Plusieurs études ont établi un lien entre les maladies coronariennes et l’infection par le VIH : une de ces études, présentée à l’occasion de la 18ème Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) de mars 2011, a conclu que les participants infectés par le VIH présentaient un risque accru d’« infarctus aigu du myocarde » - une crise cardiaque –en comparaison avec les participants séronégatifs qui ont un profil démographique et comportemental similaire.



Une autre étude réalisée en 2011 a montré que l’infection par le VIH était un facteur de risque de développement d’une insuffisance cardiaque, la réplication virale continue étant associée à un risque plus élevé de développement d’une insuffisance cardiaque.



La relation entre les ARV et les cardiopathies est moins évidente. Une étude, également présentée à l’occasion de la CROI, a montré que l’infection par le VIH augmente le risque de maladie coronarienne, mais les ARV et un taux de CD4 plus élevé –permet de mesurer la résistance immunitaire – ont considérablement réduit ce risque. Une étude canadienne publiée en 2011 a toutefois établi que plusieurs ARV - abacavir, efavirenz, lopinavir et ritonavir – étaient associés à un risque accru de crise cardiaque.



Cancer du col de l’utérus – Après le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme dans le monde ; plus de 80 pour cent des nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et des décès liés à cette maladie se produisent dans les pays en développement.



Les études ont montré que les femmes séropositives ont un risque plus élevé de développer une infection au virus du papillome humain (VPH), un signe avant-coureur du cancer du col de l’utérus ; les femmes ayant un taux de CD4 faible semblent y être particulièrement vulnérables.



La vaccination est recommandée pour prévenir le VPH chez les pré-adolescentes qui n’ont jamais eu de rapports sexuels, mais le vaccin est trop cher pour la plupart des femmes des pays en développement. De plus, le taux de dépistage du cancer du col de l’utérus reste très faible dans de nombreux pays pauvres ; ainsi, seulement 3,2 pour cent des Kényanes âgées de 18 à 69 ans sont dépistées tous les trois ans, contre 70 pour cent des femmes des pays développés.



Autres cancers – Les personnes qui vivent avec le VIH sont plus vulnérables à certains cancers, y compris le sarcome de Kaposi, le lymphome hodgkinien et le lymphome non hodgkinien, le cancer de l’anus, le cancer de la peau et le cancer du foie – que les personnes séronégatives, a conclu une nouvelle étude.



Publiée dans Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention, l’étude a montré que l’immunodéficience était bien liée aux cancers examinés, à l’exception du cancer de la prostate. Les auteurs ont recommandé que la thérapie antirétrovirale soit administrée plus tôt afin de maintenir des taux élevés de CD4.



Maladies mentales – Les études montrent que la prévalence des maladies mentales chez les patients séropositifs hospitalisés et chez les patients séropositifs externes aux États-Unis varie entre 5 et 23 pour cent contre 0,3/0,4 pour cent au sein de la population.



Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à l’exception de l’impact psychologique du VIH, le virus a des effets directs sur le système nerveux central qui entraînent des complications neuropsychiatriques, y compris l’encéphalopathie due au VIH, la dépression, la manie, les troubles cognitifs et la démence.



Les études montrent également que la dépression peut conduire à des comportements à hauts risques, y compris le commerce du sexe, les violences entre conjoints et la faible utilisation du préservatif.



La dépression est toutefois fréquemment négligée par les fournisseurs de soins de santé ; dans les pays en développement, les patients souffrent souvent en silence en raison de la grave pénurie de professionnels de la santé mentale.



Néphropathie – Appelée néphropathie associée au VIH, la néphropathie est relativement courante chez les personnes qui vivent avec le VIH. Le virus empêche les reins de fonctionner correctement, en particulier chez les personnes qui souffrent d’une infection avancée au VIH, qui ont un taux de CD4 faible et une charge virale élevée, ainsi que chez les personnes plus âgées.



Lorsque les reins ne fonctionnent pas correctement, d’autres problèmes de santé, comme les maladies cardiovasculaires, les affections nerveuses, les maladies osseuses et l’anémie, peuvent apparaître.



Certains ARV, en particulier le tenofovir, ont également été associés à une baisse des fonctions rénales.



Hépatite – Une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les personnes séropositives, l’hépatite est en général causée par une co-infection par le virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C, par l’abus d’alcool, la résistance à l’insuline ou les effets secondaires des médicaments.



Selon les experts, un dépistage précoce de l’hépatite chez les personnes infectées par le VIH et un encadrement adapté sont nécessaires à l’amélioration des résultats à long terme.



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