La protection au premier plan dans les nouvelles directives Sphère

Eviter de nuire davantage aux populations vulnérables, leur assurer un accès équitable à l’aide et les aider à revendiquer leurs droits et à se remettre des violences qu’elles ont subies ; voici quelques-unes des directives publiées, à l’attention des acteurs humanitaires, dans la nouvelle édition du manuel Sphère, un ensemble de principes communs et de normes universelles relatives à la prestation de l’aide humanitaire.



Dans la troisième édition de sa Charte humanitaire et normes minimales pour les interventions lors de catastrophes (2011), qui comporte un nouveau chapitre sur les principes de protection, le Projet Sphère souligne que la protection fait partie intégrante de toute intervention humanitaire.



« Le manuel met davantage l’accent sur la protection et la sécurité des populations touchées et aborde certaines questions émergentes telles que le changement climatique, la réduction des risques de catastrophes, les catastrophes en milieux urbains, l’éducation ainsi que la reprise rapide des services, et le recouvrement rapide des moyens de subsistance et de la capacité de gouvernance des communautés touchées », a indiqué Maxine Clayton, directrice de l’Inter Agency Working Group (IAWG).



« Cette nouvelle édition du manuel Sphère est une planche de salut pour les travailleurs humanitaires... elle marque le début d’une stratégie de formation et de déploiement », a déclaré Philip Wijmans, représentant de la Fédération luthérienne mondiale (LWF) au Kenya.



Outre le chapitre sur la protection, le manuel comprend une nouvelle version de la Charte humanitaire et une restructuration des chapitres relatifs aux principales normes et aux normes minimales.



Selon le Projet Sphère, au moins 650 experts et plus de 300 organismes représentant 20 pays ont participé à la préparation de cette édition 2011, destinée à améliorer la qualité de l’aide humanitaire assurée aux communautés frappées par les catastrophes naturelles et les conflits armés.









« Cette nouvelle édition du manuel Sphère est une planche de salut pour les travailleurs humanitaires... elle marque le début d’une stratégie de formation et de déploiement »

« La Charte humanitaire et les normes minimales ne permettront pas, bien entendu, d’empêcher les crises humanitaires, ni de prévenir les souffrances », a déclaré le Projet Sphère dans un communiqué publié pour marquer la sortie de la Charte. « Ils offrent, en revanche, l’occasion d’améliorer l’aide humanitaire pour assurer de meilleures conditions de vie aux personnes touchées par les catastrophes ».

En même temps que le manuel Sphère, Transparency International Kenya (TI Kenya), organisation non gouvernementale (ONG) spécialisée dans la lutte contre la corruption, a publié Preventing Corruption in Humanitarian Operations. Il s’agit d’un guide pratique destiné à aider les organismes à lutter contre la corruption dans le cadre de leurs opérations.



« Il présente les outils définis dans le cadre des meilleures pratiques de prévention et de détection de la corruption dans les organisations humanitaires », a dit Rachel Mbai, vice-présidente de TI Kenya. « Transparency International entend par corruption "l'abus d'un pouvoir reçu en délégation à des fins privées". Cela englobe la corruption financière, dont la fraude, les pots-de-vin, le népotisme et l’extorsion, mais aussi les formes non financières telles que le détournement de l’aide humanitaire au profit d’un groupe non ciblé ».



Selon Mme Mbai, les organisations humanitaires doivent être responsables non seulement devant leurs partenaires de développement, mais aussi devant les populations qu’elles ont pour mission de servir.



« Elles ont le devoir de faire preuve de transparence au sujet de leur mandat, de leur champ d’activité, et des critères à remplir pour pouvoir bénéficier des secours et des services qu’elles assurent aux communautés », a-t-elle dit.



« Ce manuel est un menu des meilleurs outils, destiné à aider les organisations à décourager, à détecter et à traiter les risques spécifiquement liés à la corruption, dans le cadre de leurs opérations. Il peut être utilisé par les bailleurs de fonds comme liste de vérification lorsqu’ils examinent les politiques institutionnelles des organisations humanitaires avec lesquelles ils collaborent », a déclaré Roslyn Hees, conseillère principale chez TI et co-auteure du manuel.



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