Chronologie des événements clés depuis la mi-mars

En Syrie, l’état d’urgence est en vigueur depuis 1963, année de la prise de pouvoir du parti Ba'ath, qui a interdit les partis d’opposition. Depuis le début du mois de mars 2011, des manifestations ont lieu régulièrement dans un certain nombre de villes, notamment à Dera'a (sud), épicentre du mouvement. Environ 200 personnes ont trouvé la mort au cours de récentes échauffourées. Voici un aperçu des principales évolutions depuis le 16 mars, par ordre chronologique :



16 mars – Manifestation « silencieuse » à Damas rassemblant 150 parents et amis de prisonniers politiques. Quatre manifestants sont tués et des dizaines sont blessés par les forces de l’ordre à Deraa, près de la frontière jordanienne.



18 mars – Manifestations à Dera'a pour la liberté politique et la fin de la corruption en Syrie.



20 mars – Les manifestants continue de réclamer la levée de l’état d’urgence, en vigueur de longue date en Syrie, qui interdit toute opposition politique. La foule incendie le siège du Ba'ath à Deraa.



21 mars – Des centaines de membres des forces de l’ordre sont déployés dans les rues de Deraa, mais ne répriment pas les milliers de personnes en deuil, rassemblées en hommage au manifestant tué dans la ville.



22 mars – Cinquième jour de manifestations consécutif contre le gouvernement ; des centaines de personnes manifestent dans les villes de Dera'a et Nawa, dans le sud du pays.



23 mars – Selon certaines informations, six personnes ont été tuées par les forces syriennes au cours d’une attaque contre les manifestants, à Dera'a ; plus tard dans la journée, les forces auraient également ouvert le feu sur des centaines de jeunes venus participer à un rassemblement de solidarité. Faysal Kalthum, gouverneur de Dera'a, est démis de ses fonctions par le président Assad.



24 mars – Les conseillers du président Assad déclarent que ce dernier a donné l’ordre de former un comité pour élever le niveau de vie et étudier l’abolition de la loi d’urgence.



25 mars – Au moins 200 personnes manifestent à Damas et des centaines d’habitants descendent dans les rues de Hama. Selon les estimations d’Amnesty International, au moins 55 personnes ont été tuées à Dera'a au cours de la dernière semaine et d’après certaines informations, au moins 23 personnes auraient trouvé la mort aux quatre coins du pays, notamment, pour la première fois, à Damas. Des milliers de personnes défilent à la suite des obsèques de certaines victimes ; à Dera'a, des témoins rapportent que les manifestants ont renversé une statue du père du président Assad, l’ancien chef de l’Etat Hafez al-Assad. Les forces de sécurité ouvrent le feu depuis les bâtiments environnants. Selon les associations syriennes de défense des droits humains, il semblerait que presque toutes les personnes arrêtées à Dera'a et dans les environs depuis le 18 mars aient été libérées.



26 mars – Des échauffourées entre les forces de l’ordre et les manifestants dans la ville côtière de Lattaquié font 12 morts, selon l’agence de presse étatique syrienne. Le président Assad déploie l’armée sur place le lendemain. Pour apaiser les manifestants, le chef de l’Etat ordonne la libération de 260 prisonniers le jour même, et 16 de plus le lendemain.



27 mars – Présence militaire accrue à Deraa.



28 mars – Les forces de sécurité tirent en l’air pour disperser des centaines de manifestants à Deraa. Des rassemblements en faveur du gouvernement auraient lieu dans l’ensemble du pays. Selon certaines informations non confirmées, rapportées par Amnesty International, 37 personnes de plus ont été tuées depuis le 25 mars au cours de manifestations à Damas, Lattaquié, Dera'a et ailleurs.



29 mars – Démission du gouvernement à la suite de plusieurs semaines de manifestations. Le président Assad nomme l’ancien chef du gouvernement Muhammad Naji al-Otari au poste de Premier ministre par intérim.



30 mars – Le président Assad prononce un discours pour la première fois depuis le début des manifestations, mais n’annonce aucune réforme majeure.



31 mars – M. Assad donne l’ordre d’enquêter sur les décès occasionnés lors des manifestations à Deraa et Lattaquié. D’après l’agence de presse étatique syrienne, un comité sera chargé d’étudier et de préparer « la législation, notamment pour protéger la sécurité de la nation et préserver la dignité des citoyens ?…? afin d’ouvrir la voie à la levée de l’état d’urgence » d’ici au 25 avril.



1er avril – À Douma, dans la banlieue de Damas, les forces de l’ordre tirent sur les manifestants à balles réelles, faisant pas moins de huit morts.



3 avril – Le président Assad confie à Adel Safar, ministre de l’Agriculture au sein du précédent gouvernement, la tâche de former un nouveau gouvernement.



4 avril - Mohammad Khaled al-Hannus nommé gouverneur de Deraa.



8 avril - Les forces de sécurité ouvrent le feu sur les manifestants dans l’ensemble de la Syrie, faisant pas moins de 26 morts, principalement à Dera'a.



10 avril – On rapporte des tirs, de nombreux blessés et 200 arrestations dans la ville côtière de Baniyas, à 300 kilomètres au nord-ouest de Damas, à la suite d’affrontements dans la région.



11 avril - Quelque 500 étudiants de l’université de Damas réclament une plus grande liberté politique. Selon la Ligue syrienne des droits de l’homme, Fayez Sara, écrivain, journaliste et figure de l’opposition, a été arrêtée, de même qu’un certain nombre de blogueurs, d’activistes et de jeunes partisans de l’opposition. D’après certaines informations communiquées par l’organisme Human Rights Watch, les prisonniers seraient passés à tabac et torturés à l’intérieur des établissements carcéraux.



Sources : Alertnet, Al-Jazeera, Amnesty International, BBC, Montreal Gazette, Reuters, l’agence de presse syrienne SANA



hs/cb – nh/amz