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MONDE: Comment retracer les personnes disparues
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ICRC
Les efforts de recherche du CICR remontent aux deux grandes guerres
BANGKOK, 17 mars 2011 (IRIN) - Les tsunamis, les tremblements de terre et les conflits laissent dans leur sillage chaos et imprévisibilité. Il n’est pas rare que des enfants soient séparés de leurs parents à cause d’une évacuation hâtive, d’une hospitalisation d’urgence ou d’un décès soudain et que l’un ou l’autre soit contraint d’attendre anxieusement des nouvelles. Dans de telles situations, les programmes de recherches sont indispensables à la réunification des familles.
Le triple désastre qui a frappé le Japon le 11 mars dernier (un tremblement de terre de magnitude 9.0 suivi d’un tsunami et de fuites radioactives) présente un véritable défi pour les programmes de recherches actuels.
Le gouvernement japonais a déployé 100 000 soldats pour diriger les secours d’urgence. En date du 15 mars, ils avaient secouru 22 184 personnes avec l’aide de 9 500 pompiers et 920 policiers.
Les autorités estiment toutefois à plusieurs dizaines de milliers le nombre de personnes portées disparues. Le travail des humanitaires – incluant plus de 800 spécialistes de la
recherche et du sauvetage
en milieu urbain originaires de 15 pays – est entravé par les nombreuses répliques sismiques, les alertes au tsunami, les incendies, l’inaccessibilité du littoral et l’expansion de la zone d’exclusion autour d’une centrale nucléaire endommagée par le séisme et le tsunami.
D’après l’organisation non gouvernementale (ONG) britannique Save the Children, jusqu’à 100 000 enfants ont été déplacés.
Dans ce contexte de catastrophes multiples, IRIN a demandé l’avis des experts quant aux meilleurs moyens de réunifier les familles.
Selon Corinna Chasky, conseillère à la protection de l’enfance pour Save the Children, il faut d’abord trouver les enfants qui ont été séparés de leur famille, les enregistrer auprès de la société nationale de la Croix-Rouge et les placer dans des familles d’accueil temporaires tout en examinant les différentes pistes existantes afin de retrouver les parents.
L’Agence nationale de police a mis sur pied des centres d’appels spéciaux où les familles peuvent obtenir des conseils et du soutien pour retrouver leurs proches.
La Nippon Telephone and Telegraph Corporation (NTT), le plus gros opérateur japonais, a lancé un service de messages d’urgence permettant aux habitants d’appeler et de laisser des messages.
Les communautés peuvent également être informées de la disparition des enfants par l’intermédiaire de la radio ou des journaux.
Lisez aussi
RDC: Le CICR lance un programme de production de semences au Maniema
HAÏTI: A la recherche des disparus et des morts
OUGANDA: Une application pour les proches perdus de vue
LIBERIA: Recherche et réunification des familles après 14 ans de guerre civile
« Il faut utiliser les informations et les indices que nous livre l’enfant à partir de ses souvenirs. Lorsque les moyens de communication ont été détruits par la catastrophe, on peut distribuer des dépliants, coller des affiches et utiliser le bouche-à-oreille au sein de la communauté locale et des réseaux de police », a indiqué Mme Chasky.
Localisation
Lorsqu’un enfant est retrouvé en train d’errer seul dans les rues, les parents ou ceux qui en ont la garde peuvent parfois être retracés en circulant dans cette zone et en identifiant les pistes potentielles.
Selon Annette Lyth, spécialiste de la protection des enfants en situation d’urgence pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), « les recherches commencent là où l’enfant a été trouvé, puis s’étendent aux zones environnantes ».
Pour localiser les parents des enfants de moins de cinq ans, qui sont trop jeunes pour fournir des informations sur leur adresse, leur photo est placée sur les tableaux d’affichage communautaires.
Nouvelles technologies
Les messages textes offrent un moyen rapide de diffuser des informations et de rétablir le contact entre des proches. Les téléphones satellites peuvent être utilisés dans des régions où les lignes téléphoniques ont été coupées, comme dans le
sud du Brésil
plus tôt cette année. Les inondations et les glissements de terrain avaient alors laissé les familles dévastées et sans aucun moyen de communiquer avec leurs proches vivant dans d’autres régions du pays.
Selon l’Agence centrale de recherches du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), « les progrès technologiques ont eu un impact majeur sur les recherches, principalement parce qu’ils ont accru la vitesse de transmission des informations pour un très grand nombre de personnes ».
Le CICR a lancé son programme de recherches à la fin du XIXe siècle dans le but d’informer les familles des prisonniers de guerre de leur sort. Aujourd’hui, l’organisation relaye des centaines de milliers de messages qui permettent aux familles de rétablir le contact, de tourner la page ou de retrouver une tranquillité d’esprit qui fait souvent défaut en temps de crise.
En 2009 seulement, plus de 253 000 messages ont été recueillis et distribués. Les programmes du CICR ont contribué au rapatriement de prisonniers de guerre congolais et à l’établissement de près de 200 liaisons vidéo entre des détenus et leurs familles en Afghanistan.
À la suite du tremblement de terre qui a frappé Haïti en janvier 2010, Google a développé une application web à code source ouvert appelée Person Finder. L’application sert de registre et de tableau d’affichage pour les survivants, les familles et les amis qui souhaitent publier ou chercher des informations sur le sort d’un proche à la suite d’une catastrophe naturelle. Jusqu’à présent, après cinq catastrophes naturelles, le registre a recueilli plus de 200 000 noms.
Bien qu’il soit précisé sur le site que les informations reçues ne sont ni vérifiées ni mises à jour, l’un des utilisateurs a tout de même écrit sur le site le 13 mars :
« Ma famille a utilisé [l’application] pour chercher ma tante qui vit au Japon et nous avons appris qu’elle était décédée. Nous avons été bouleversés par la nouvelle… Quelques instants plus tard pourtant, elle a réussi à nous contacter et nous a dit qu’elle était vivante et qu’elle se portait bien. Il est terrible de penser que nous étions convaincus de sa mort peu de temps auparavant, et les informations erronées que vous publiez en sont responsables ».
Site Family Links du CICR
Dans les deux semaines qui ont suivi le tremblement de terre qui a frappé Haïti en janvier 2010, plus de 26 000 personnes disparues ont été retracées grâce au site
Family Links
créé par le CICR. Le site permet de rechercher des proches portés disparus et de soumettre des informations permettant de localiser les survivants.
Depuis 2009, plus de 83 000 noms de personnes souhaitant rétablir le contact avec des proches ou disposant d’indices au sujet de personnes portées disparues ont été saisis dans la base de données.
Selon
le rapport annuel du CICR pour 2009
, « [le site] permet aux gens de communiquer et tente de réunir les familles déchirées, localiser les proches disparus et récupérer et identifier les restes humains ».
Le site internet est actuellement opérationnel et sert à retracer les personnes portées disparues à la suite du tsunami et du tremblement de terre qui ont frappé le Japon le 11 mars.
Si la recherche de personnes disparues fait partie intégrante des activités du CICR depuis plus d’un siècle, d’autres organisations ont également mis en place des programmes de recherches, notamment Save the Children, l’UNICEF, Plan International et Refugees United.
Selon Mme Chasky, de l’organisation Save the Children, « la prévention des séparations familiales reste la meilleure forme de protection sociale ».
dm/pt/cb – gd/amz
Theme (s)
:
Enfants
,
Catastrophes naturelles
,
Paix et sécurité
,
Politique
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 675 14 juin 2013
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Les efforts de recherche du CICR remontent aux deux grandes guerres
BANGKOK, 17 mars 2011 (IRIN) - Les tsunamis, les tremblements de terre et les conflits laissent dans leur sillage chaos et imprévisibilité. Il n’est pas rare que des enfants soient séparés de leurs parents à cause d’une évacuation hâtive, d’une hospitalisation d’urgence ou d’un décès soudain et que l’un ou l’autre soit contraint d’attendre anxieusement des nouvelles. Dans de telles situations, les programmes de recherches sont indispensables à la réunification des familles.
Le triple désastre qui a frappé le Japon le 11 mars dernier (un tremblement de terre de magnitude 9.0 suivi d’un tsunami et de fuites radioactives) présente un véritable défi pour les programmes de recherches actuels.
Le gouvernement japonais a déployé 100 000 soldats pour diriger les secours d’urgence. En date du 15 mars, ils avaient secouru 22 184 personnes avec l’aide de 9 500 pompiers et 920 policiers.
Les autorités estiment toutefois à plusieurs dizaines de milliers le nombre de personnes portées disparues. Le travail des humanitaires – incluant plus de 800 spécialistes de la
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en milieu urbain originaires de 15 pays – est entravé par les nombreuses répliques sismiques, les alertes au tsunami, les incendies, l’inaccessibilité du littoral et l’expansion de la zone d’exclusion autour d’une centrale nucléaire endommagée par le séisme et le tsunami.
D’après l’organisation non gouvernementale (ONG) britannique Save the Children, jusqu’à 100 000 enfants ont été déplacés.
Dans ce contexte de catastrophes multiples, IRIN a demandé l’avis des experts quant aux meilleurs moyens de réunifier les familles.
Selon Corinna Chasky, conseillère à la protection de l’enfance pour Save the Children, il faut d’abord trouver les enfants qui ont été séparés de leur famille, les enregistrer auprès de la société nationale de la Croix-Rouge et les placer dans des familles d’accueil temporaires tout en examinant les différentes pistes existantes afin de retrouver les parents.
L’Agence nationale de police a mis sur pied des centres d’appels spéciaux où les familles peuvent obtenir des conseils et du soutien pour retrouver leurs proches.
La Nippon Telephone and Telegraph Corporation (NTT), le plus gros opérateur japonais, a lancé un service de messages d’urgence permettant aux habitants d’appeler et de laisser des messages.
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« Il faut utiliser les informations et les indices que nous livre l’enfant à partir de ses souvenirs. Lorsque les moyens de communication ont été détruits par la catastrophe, on peut distribuer des dépliants, coller des affiches et utiliser le bouche-à-oreille au sein de la communauté locale et des réseaux de police », a indiqué Mme Chasky.
Localisation
Lorsqu’un enfant est retrouvé en train d’errer seul dans les rues, les parents ou ceux qui en ont la garde peuvent parfois être retracés en circulant dans cette zone et en identifiant les pistes potentielles.
Selon Annette Lyth, spécialiste de la protection des enfants en situation d’urgence pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), « les recherches commencent là où l’enfant a été trouvé, puis s’étendent aux zones environnantes ».
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Selon l’Agence centrale de recherches du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), « les progrès technologiques ont eu un impact majeur sur les recherches, principalement parce qu’ils ont accru la vitesse de transmission des informations pour un très grand nombre de personnes ».
Le CICR a lancé son programme de recherches à la fin du XIXe siècle dans le but d’informer les familles des prisonniers de guerre de leur sort. Aujourd’hui, l’organisation relaye des centaines de milliers de messages qui permettent aux familles de rétablir le contact, de tourner la page ou de retrouver une tranquillité d’esprit qui fait souvent défaut en temps de crise.
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