Après le séisme au Japon, la vigilance reste de rigueur

En Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Indonésie, jusqu’ici épargnées par les répliques du séisme à l’origine du tsunami meurtrier qui vient de frapper le Japon (faisant près de 2 000 morts et plusieurs milliers de disparus, et dévastant des villes entières sur les côtes japonaises), les responsables des opérations d’urgence restent vigilants, les deux pays étant particulièrement menacés par les répliques du séisme.



« Nous [restons] sur le qui-vive. Les îles du nord du pays peuvent être frappées à tout moment par les vagues produites par les séismes. Ces répliques peuvent être violentes, on ne sait jamais », a déclaré à IRIN Manasupe Zurenuoc, président du Service national de gestion des catastrophes et des urgences de Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG).



Selon les prévisions de l’Agence météorologique japonaise, des répliques du séisme du 11 mars, d’une magnitude de 9 (revue à la hausse à la suite d’une analyse des ondes sismiques, qui indiquait une plus forte intensité que les premières estimations), devraient être observées au cours du mois à venir.



Les opérations de sauvetage et de secours en cours au Japon sont entravées par les répliques sismiques continuelles, les alertes au tsunami et les incendies.



Le 11 mars, le système d’alerte aux catastrophes par SMS a été testé pour la première fois depuis l’arrivée de la téléphonie mobile en PNG, il y a quatre ans : deux fournisseurs locaux de téléphonie mobile ont envoyé des alertes au tsunami à plus d’un million de leurs clients.



Si nécessaire, a déclaré M. Zurenuoc, de nouvelles alertes radio seront lancées et l’on aura de nouveau recours au réseau de téléphonie mobile.



« Si le tsunami s’était produit en PNG, de nombreuses vies auraient été sauvées car les alertes ont été bien diffusées dans la plupart des communautés des régions situées à basse altitude », s’est félicité l’ancien ministre de la Santé Peter Barter.



« Toutes les stations de radio ont également joué un rôle essentiel en [relayant] l’alerte, ainsi que la télévision dans une moindre mesure, en raison d’une couverture plus limitée ».



En Indonésie



En Indonésie, M. Sutrisno, adjoint au directeur national des opérations d’urgence à l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB), a dit qu’il fallait tirer d’importants enseignements de la catastrophe survenue au Japon.



« La préparation des communautés est essentielle et nous nous efforçons de renforcer la préparation locale par le biais de formations et d’exercices », a ainsi déclaré M. Sutrisno à IRIN.



Un exercice de gestion des catastrophes organisé par l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) devrait avoir lieu le 15 mars en Indonésie, à Manado, chef-lieu de la province de Sulawesi Nord (une des provinces à risque depuis le tsunami survenu au Japon).



Immédiatement après avoir été avertie, le 11 mars, que le tsunami se dirigeait vers l’Indonésie, la BNPB a contacté les autorités locales des provinces menacées pour préparer les évacuations.



« Les populations ont paniqué, mais elles étaient prêtes. Le système a fonctionné, mais il reste perfectible », a-t-il dit.



La BNPB va former 12 unités dans l’ensemble du pays, a-t-il dit, afin de faciliter la coordination des opérations en situation de catastrophe. Contrairement à la structure actuelle, au sein de laquelle les organismes régionaux de gestion des catastrophes sont sous l’autorité des provinces, les unités seront directement administrées par la BNPB.



La BNPB collabore également avec différents organismes en vue de concevoir un plan d’urgence en cas de retombées radioactives, a dit M. Sutrisno.



L’Indonésie, qui s’est dotée de trois petits réacteurs nucléaires à des fins de recherche, prévoit de construire une grande centrale nucléaire sur la côte nord de Java centrale, dans la péninsule de Miura, malgré les objections des écologistes.



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