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jeudi 20 juin 2013
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KENYA: L’allaitement exclusif préoccupe les mamans séropositives touchées par la faim
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Kenneth Odiwuor/IRIN
L’état nutritionnel d’une mère allaitante n’a que peu d’incidence sur sa capacité à allaiter
NYANDO, 24 février 2011 (IRIN) - Les nutritionnistes recommandent aux mères séropositives de nourrir leurs bébés exclusivement au sein durant les six premiers mois afin de réduire le risque de transmission du VIH, mais les mères kenyanes touchées par l’insécurité alimentaire s’inquiètent de ne pas pouvoir produire assez de lait pour permettre à leurs nourrissons de manger à leur faim et de rester en bonne santé.
« Je veux bien le faire [nourrir mon bébé exclusivement au sein], mais c’est dur, parce que je n’ai pas assez à manger, donc je pense que mon lait ne suffit pas à nourrir mon enfant », a confié Rose Otieno, 35 ans, mère de six enfants, qui vit à Nyando, un district de la province de Nyanza, dans l’ouest.
Selon Oscar Kambona, nutritionniste provincial de Nyanza, il faut informer les femmes sur la relation entre leur propre sécurité alimentaire et leur capacité à produire du lait. « Les mères ont besoin d’être correctement nourries pour rester en bonne santé, mais la quantité de nourriture consommée n’a rien à voir du tout avec la quantité de lait produite, et c’est ce que la plupart des mères ne comprennent pas », a-t-il expliqué.
D’après
les experts
, l’état nutritionnel d’une mère allaitante a en effet peu d’incidence sur sa capacité à allaiter ; il n’influe significativement sur le contenu énergétique et protéique du lait que chez les femmes atteintes de malnutrition grave. Toutefois, ils recommandent que les mères atteintes de malnutrition se nourrissent davantage au cours de l’allaitement afin de ne pas compromettre leur propre état nutritionnel, ni leur santé.
Sécheresse et pauvreté
Le Kenya a été gravement frappé par la
sécheresse qui a ravagé l’Afrique de l’Est
; selon les estimations, quelque cinq millions de Kenyans ont besoin d’une aide alimentaire. Nyanza est une région généralement fertile, dont la population ne souffre pas de l’insécurité alimentaire ; en raison de l’extrême pauvreté, toutefois, les habitants ne peuvent pas toujours s’assurer une alimentation suffisante.
Selon Benta Akoth, une autre mère séropositive de Nyanza, si son mari n’avait pas été là, elle n’aurait pas pu nourrir ses deux plus jeunes enfants exclusivement au sein pendant leurs six premiers mois.
« Je n’ai pas assez à manger, donc je pense que mon lait ne suffit pas à nourrir mon enfant »
« J’ai allaité pendant six mois sans donner aucune autre nourriture... mon mari s’est donné pour mission de me chercher de quoi manger », a-t-elle confié. « J’ai beaucoup d’amies qui commencent à donner de la bouillie à leurs bébés dès trois mois parce qu’elles n’ont rien à manger ».
Selon une
étude
menée en 2011 auprès de 148 femmes de la province de la Vallée du Rift, au Kenya, les femmes des ménages touchés par l’insécurité alimentaire sont bien plus susceptibles de penser que leur lait n’est pas suffisant pour nourrir leurs bébés pendant six mois.
« De par leur expérience fréquente de l’insécurité alimentaire, les membres de l’échantillon, des femmes kenyanes des zones urbaines, à faibles revenus, sont moins en mesure d’observer au moins une des principales pratiques recommandées en matière d’alimentation du nourrisson, à savoir l’allaitement exclusif pendant six mois », ont conclu les auteurs.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations Unies
recommande
aux « mères qui se savent atteintes du VIH et dont les nourrissons ne sont pas eux-mêmes atteints du VIH ou ont un statut VIH inconnu de nourrir leurs nourrissons exclusivement au sein pendant les six premiers mois, en introduisant par la suite des aliments complémentaires adaptés, tout en poursuivant l’allaitement pendant les 12 premiers mois ». L’organisme ajoute que l’allaitement ne devrait cesser que lorsqu’un régime alimentaire sain et adapté peut être assuré.
Sensibilisation, soutien
Pour que les mères séropositives nourrissent leurs bébés exclusivement au sein, a expliqué à IRIN Charles Okal, coordinateur du contrôle du sida et des infections sexuellement transmissibles dans la province de Nyanza, il faut leur assurer un soutien psychosocial et une aide nutritionnelle.
« Il devrait y avoir un moyen de faire participer la communauté afin qu’elle puisse assurer un soutien aux mères issues de ménages touchés par l’insécurité alimentaire et que l’allaitement exclusif devienne une méthode efficace de prévention du VIH », a-t-il dit. « Peut-être même qu’un programme de nutrition en centre de santé pourrait être utile ».
Pour Oscar Kambona, toutefois, lancer un programme de nutrition en centre de santé n’est pas la solution. « Si vous donnez de la nourriture à une femme au centre chaque fois qu’elle se présente, elle ne mangera pas en laissant ses enfants mourir de faim [elle leur donnera la nourriture] ; alors, non seulement cela n’est pas viable, mais cela ne résout pas le problème du tout », a-t-il dit.
« La seule solution, c’est que le gouvernement s’efforce [d’assurer? la sécurité alimentaire des ménages », a-t-il ajouté.
ko/kr/mw –nh/amz
Theme (s)
:
Economie
,
Egalité entre les sexes
,
VIH/SIDA (PlusNews)
,
PVVIH/Organisations
,
Prévention
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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KENYA: L’allaitement exclusif préoccupe les mamans séropositives touchées par la faim
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Kenneth Odiwuor/IRIN
L’état nutritionnel d’une mère allaitante n’a que peu d’incidence sur sa capacité à allaiter
NYANDO, 24 février 2011 (IRIN) - Les nutritionnistes recommandent aux mères séropositives de nourrir leurs bébés exclusivement au sein durant les six premiers mois afin de réduire le risque de transmission du VIH, mais les mères kenyanes touchées par l’insécurité alimentaire s’inquiètent de ne pas pouvoir produire assez de lait pour permettre à leurs nourrissons de manger à leur faim et de rester en bonne santé.
« Je veux bien le faire [nourrir mon bébé exclusivement au sein], mais c’est dur, parce que je n’ai pas assez à manger, donc je pense que mon lait ne suffit pas à nourrir mon enfant », a confié Rose Otieno, 35 ans, mère de six enfants, qui vit à Nyando, un district de la province de Nyanza, dans l’ouest.
Selon Oscar Kambona, nutritionniste provincial de Nyanza, il faut informer les femmes sur la relation entre leur propre sécurité alimentaire et leur capacité à produire du lait. « Les mères ont besoin d’être correctement nourries pour rester en bonne santé, mais la quantité de nourriture consommée n’a rien à voir du tout avec la quantité de lait produite, et c’est ce que la plupart des mères ne comprennent pas », a-t-il expliqué.
D’après
les experts
, l’état nutritionnel d’une mère allaitante a en effet peu d’incidence sur sa capacité à allaiter ; il n’influe significativement sur le contenu énergétique et protéique du lait que chez les femmes atteintes de malnutrition grave. Toutefois, ils recommandent que les mères atteintes de malnutrition se nourrissent davantage au cours de l’allaitement afin de ne pas compromettre leur propre état nutritionnel, ni leur santé.
Sécheresse et pauvreté
Le Kenya a été gravement frappé par la
sécheresse qui a ravagé l’Afrique de l’Est
; selon les estimations, quelque cinq millions de Kenyans ont besoin d’une aide alimentaire. Nyanza est une région généralement fertile, dont la population ne souffre pas de l’insécurité alimentaire ; en raison de l’extrême pauvreté, toutefois, les habitants ne peuvent pas toujours s’assurer une alimentation suffisante.
Selon Benta Akoth, une autre mère séropositive de Nyanza, si son mari n’avait pas été là, elle n’aurait pas pu nourrir ses deux plus jeunes enfants exclusivement au sein pendant leurs six premiers mois.
« Je n’ai pas assez à manger, donc je pense que mon lait ne suffit pas à nourrir mon enfant »
« J’ai allaité pendant six mois sans donner aucune autre nourriture... mon mari s’est donné pour mission de me chercher de quoi manger », a-t-elle confié. « J’ai beaucoup d’amies qui commencent à donner de la bouillie à leurs bébés dès trois mois parce qu’elles n’ont rien à manger ».
Selon une
étude
menée en 2011 auprès de 148 femmes de la province de la Vallée du Rift, au Kenya, les femmes des ménages touchés par l’insécurité alimentaire sont bien plus susceptibles de penser que leur lait n’est pas suffisant pour nourrir leurs bébés pendant six mois.
« De par leur expérience fréquente de l’insécurité alimentaire, les membres de l’échantillon, des femmes kenyanes des zones urbaines, à faibles revenus, sont moins en mesure d’observer au moins une des principales pratiques recommandées en matière d’alimentation du nourrisson, à savoir l’allaitement exclusif pendant six mois », ont conclu les auteurs.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations Unies
recommande
aux « mères qui se savent atteintes du VIH et dont les nourrissons ne sont pas eux-mêmes atteints du VIH ou ont un statut VIH inconnu de nourrir leurs nourrissons exclusivement au sein pendant les six premiers mois, en introduisant par la suite des aliments complémentaires adaptés, tout en poursuivant l’allaitement pendant les 12 premiers mois ». L’organisme ajoute que l’allaitement ne devrait cesser que lorsqu’un régime alimentaire sain et adapté peut être assuré.
Sensibilisation, soutien
Pour que les mères séropositives nourrissent leurs bébés exclusivement au sein, a expliqué à IRIN Charles Okal, coordinateur du contrôle du sida et des infections sexuellement transmissibles dans la province de Nyanza, il faut leur assurer un soutien psychosocial et une aide nutritionnelle.
« Il devrait y avoir un moyen de faire participer la communauté afin qu’elle puisse assurer un soutien aux mères issues de ménages touchés par l’insécurité alimentaire et que l’allaitement exclusif devienne une méthode efficace de prévention du VIH », a-t-il dit. « Peut-être même qu’un programme de nutrition en centre de santé pourrait être utile ».
Pour Oscar Kambona, toutefois, lancer un programme de nutrition en centre de santé n’est pas la solution. « Si vous donnez de la nourriture à une femme au centre chaque fois qu’elle se présente, elle ne mangera pas en laissant ses enfants mourir de faim [elle leur donnera la nourriture] ; alors, non seulement cela n’est pas viable, mais cela ne résout pas le problème du tout », a-t-il dit.
« La seule solution, c’est que le gouvernement s’efforce [d’assurer? la sécurité alimentaire des ménages », a-t-il ajouté.
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