Une dispute frontalière déplace jusqu’à 30 000 personnes

Les organisations non gouvernementales (ONG) qui travaillent le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande suivent les affrontements entre les deux pays auprès d’un temple contesté et sont extrêmement inquiètes du nombre de personnes déplacées qui pourrait s’élever jusqu’à 30 000.

« Nous avons fait évacuer notre personnel et nous nous apprêtons à assister ceux qui ont fui la région », a dit à IRIN Agneta Dau Valler, représentante locale du Church World Service Cambodia qui a du personnel de terrain vivant dans des villages du district de Choam Khsant où est situé le temple de Preah Vihear, l’objet de la contestation.



Selon les estimations, 15 000 personnes du côté thaïlandais de la frontière ont « fui pour gagner des abris de fortune et d’autres villages, loin des échanges de tirs, » a dit Amnat Barlee, directeur du Bureau des secours et de la santé communautaire de la Croix-Rouge thaïlandaise ; les responsables de la Croix-Rouge cambodgienne estiment qu’il y a eu, de leur côté de la frontière, un déplacement d’ampleur similaire.



Les affrontement frontaliers ont repris le 4 février pour un litige cristallisé autour du temple hindou du 11è siècle, inscrit en 2008 au Patrimoine mondial de l’UNESCO ; ils se poursuivaient encore le 8 février.



A la date du 9 février, il n’a été fait état d’aucun mort ou blessé chez les civils du côté cambodgien. Les médias thaïlandais cependant ont indiqué qu’un civil et deux soldats avaient été tués.



La veille, l’agence de presse officielle thaïlandaise, MCOT, avait rapporté que 25 personnes avaient été blessées dans les combats, ce qui avait poussé des milliers de gens à s’enfuir.



Une grande partie des personnes déplacées ne peuvent pas trouver d’abri correct ni de tente, selon les responsables humanitaires.



« Les gens qui se sont réfugiés dans les temples et les écoles n’ont pas d’accès adéquat à l’eau et les enfants ne peuvent plus aller à l’école, » a dit Ross Soeann, secrétaire général adjoint du Comité national de gestion des catastrophes du gouvernement cambodgien.



« Nous sommes inquiets parce que tout dépend de l’armée et jusqu’à présent, nous n’avons pas du tout entendu parler d’accord de cessez-le-feu. Nous devons garantir la sécurité et la santé des personnes déplacées, mais nous n’avons pas d’abris adéquats, juste des bâches en plastique, » a dit M. Soeann.



« Si le conflit se prolonge, nous allons devoir installer des camps afin de pouvoir gérer la situation, » a t-il ajouté.














Photo: ReliefWeb

« World Vision suit la situation en permanence. La sécurité du personnel n’est pas négociable, » a dit Renate Janse van Vuuren, porte-parole de la Fondation World Vision de Thaïlande.



L’ONU prête à aider



En début de semaine, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a exhorté les deux pays à « faire preuve d’un maximum de retenue » pour mettre fin aux combats et engager le dialogue de façon pacifique.



L’ONU a répété qu’elle était prête à prendre part aux efforts pacifiques pour résoudre le différend qui a attiré l’attention internationale pour la première fois en juillet 2008, après un déploiement de forces militaires autour du temple.



Phnom Post a réclamé à plusieurs reprises l’intervention des Nations Unies, tandis que Bangkok insiste pour dire que le problème doit être traité par une négociation bilatérale.



Selon les rapports de la presse thaïlandaise du 9 février, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Kasit Piromya, a parlé à son homologue cambodgien, Hor Namhong, et ils se sont mis d’accord pour entamer des négociations dans un pays tiers.



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