Comment sauver des gens d’une inondation

Imaginez que vous et votre famille êtes réfugiés au second étage de votre maison, regardant l’eau monter progressivement jusqu’à la fenêtre de votre chambre à coucher. Il est trop tard pour partir ; votre seul espoir, c’est que quelqu’un vienne à votre secours.



Mais secourir des gens d’une inondation n’est pas aussi simple que d’envoyer un bateau ou un hélicoptère. Les équipes de sauvetage doivent avoir des niveaux élevés de formation et de coordination pour porter secours aux rescapés en toute sécurité et sans se mettre eux-mêmes en danger. Voici comment ils le font.



La formation



Il y a deux types principaux d’inondation : celle qui arrive progressivement, comme la récente inondation en Australie, donnant aux communautés du temps pour se rendre sur des terrains plus en hauteur ; et des crues subites qui peuvent survenir sans ou avec peu d’avertissement. Ce sont les crues subites qui présentent habituellement les plus grands risques et qui constituent un défi pour les secouristes.



Toute personne impliquée dans un sauvetage lors d’une inondation devrait avoir été formée aux premiers secours et savoir utiliser une radio, mais beaucoup sont aussi qualifiés en sauvetage en eaux vives. Hugh Fogarty, qui dirige l’équipe de sauvetage pour les inondations de l’institution caritative britannique, The Royal National Lifeboat Institution (RNLI), a expliqué que la première chose que les gens apprenaient durant une formation de sauvetage en eaux vives est l’hydrologie, ou « la réaction de l’eau lorsqu’elle bouge très rapidement à travers un canal restreint». Cela inclut le fait d’apprendre à lire la surface de l’eau pour y trouver des indices sur la localisation d’obstacles submergés comme des voiture ou des poteaux en béton qui pourraient faire chavirer votre bateau.



Ensuite, les stagiaires apprennent comment rester sain et sauf à travers des compétences comme « la nage défensive », et [l’utilisation] de précautions comme se servir d’un bâton pour vérifier des bouches d’égout ouvertes quand on patauge dans les eaux des crues. Travailler en équipe peut aussi diminuer les risques : un membre de l’équipe peut être déployé en amont pour avertir ses équipiers si de gros débris se dirigent vers eux pendant que deux autres membres peuvent être placés en aval avec des cordes au cas où quelqu’un tomberait dans l’eau.



Les sauveteurs doivent aussi savoir comment manipuler un bateau dans une eau rapide. Selon Julie Ryan, volontaire à l’ONG britannique International Rescue Corps (IRC), il y a des moyens d’orienter un bateau pour qu’il ne lutte pas contre le courant.



Le kit



Des kits de préparation préalable comme ceux donnés aux volontaires de la Croix-Rouge effectuant des sauvetages lors d’inondations au Mozambique comprennent des sifflets et un mégaphone pour communiquer avec les rescapés, des cordes pour les tirer en sécurité et des gilets de sauvetage supplémentaires, ainsi que des tenues imperméables pour qu’ils restent secs et à l’abri. Le kit contient aussi des lanternes et des fusées de détresse, et des radios pour rester en contact avec le quartier général.



Evaluer la situation



Avant de dispatcher des équipes de secours, vous devez savoir où les envoyer. De grandes étendues d’eaux de crue peuvent masquer des points de repère, rendant des sauveteurs peu préparés, désorientés et incapables de localiser des rescapés. Des reconnaissances aériennes peuvent aider pour bâtir une représentation de ce qui se passe au sol, mais elles ne sont pas toujours disponibles.









« On ne ferait pas juste un tour en cherchant des gens », a dit Mme Ryan de l’IRC. « Nous saurions où aller et ce que nous cherchons »

Les sauveteurs sont formés à la lecture d’une carte pour trouver quelles zones seraient inondées, mais ils comptent aussi sur les connaissances locales pour guider une recherche. Des organisations comme la Croix-Rouge et l’IRC ont des réseaux de volontaires locaux qui peuvent savoir combien de personnes sont en difficulté dans une certaine ferme, village ou rue. Là où la technologie du téléphone portable est disponible, les rescapés eux-mêmes peuvent alerter les services d’urgence et donner leur localisation.



« On ne ferait pas juste un tour en cherchant des gens », a dit Mme Ryan de l’IRC. « Nous saurions où aller et ce que nous cherchons ».



Des informations au sujet de risques particuliers associés à une situation d’inondation peuvent aussi être utiles. Mme Ryan se rappelle que durant une mission de sauvetage en novembre 2009 dans la ville inondée de Cockermouth au nord-ouest de l’Angleterre, la police les avait informés que les eaux qui montaient rapidement avaient vidé un chantier avec des échafaudages, et qu’ils devaient faire attention à [la présence] de lourdes barres en métal.



Le sauvetage



Faire monter des rescapés qui sont sur la terre ferme dans un bateau est relativement simple, mais les secourir du deuxième étage d’un immeuble entouré d’eau présente plus de défis. Dans de telles situations, un second bateau peut être envoyé légèrement en amont afin de créer un tourbillon qui maintient le premier bateau en place contre le côté de l’immeuble pendant que les gens sont placés dans le bateau.



Comme la plupart des bateaux de secours ne peuvent transporter que trois ou quatre personnes à la fois, les sauveteurs donnent la priorité aux blessés, aux jeunes et aux personnes âgées et ils doivent souvent effectuer plusieurs trajets pour ramener tout le monde en sécurité.



Si une personne tombe à l’eau, malgré toutes les précautions, un guetteur sur le bateau doit essayer de la garder en vue aussi longtemps que possible. « Le pire scénario est qu’elle disparaisse et que vous soyez incapables de la localiser », a dit Mme Ryan. « Mais vous espérez qu’elle arrivera à trouver un endroit pour s’y accrocher jusqu’à ce que vous puissiez aller la chercher ».



Une fois que tout le monde se trouve sur la terre ferme, les équipes de sauvetage passent la main aux agences d’aide humanitaire pour qu’ils nourrissent et abritent les rescapés et commencent le long processus de restauration des zones couvertes de boue et de débris.



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