Des volontaires bénévoles étayent le système de santé

En Afghanistan, 22 000 volontaires de santé communautaire sont vitaux pour le système sanitaire du pays, mais certains commencent à se demander s’ils fourniraient un service plus efficace s’ils étaient rémunérés et avaient des contrats de travail officiels.



Depuis la mise en œuvre de campagnes de vaccination jusqu’à la fourniture de services de soins de santé de première nécessité et la diffusion de messages de santé essentiels, les volontaires de santé, également connus comme travailleurs de santé communautaire (TSC), sont « des fournisseurs de services de santé de première ligne », selon les officiels.



« Si nous voulons voir le système de santé publique afghan tenir sur ses deux pieds, nous devons développer un système qui peut alimenter l’intérêt et l’engagement des TSC qui sont, en fait, des bénévoles », a dit Suraya Dalil, ministre par intérim de la Santé publique.



« Si nous ne rémunérons pas leur travail ou si nous n’arrivons pas à leur fournir des équipements, je pense que nous risquerions de perdre un atout très précieux pour la santé de ce pays », a dit à IRIN Sayed Habib Arwal, directeur du service des soins de santé communautaire, au ministère de la Santé.



« Les TSC sauvent des vies, diminuent les maladies et améliorent la sensibilisation aux questions de santé. Nous serions incapables de maintenir le système de santé existant sans eux ».



Chaque travailleur/bénévole de santé communautaire suit une formation de six mois gratuite du ministère de la Santé qui leur permet de fournir des services de santé basiques et d’urgence, et des conseils.



OMDs



L’Organisation mondiale de la santé (OMS) semble soutenir cette position des responsables de la santé : « Nous avons réellement besoin de former plus de travailleuses et de responsables de santé communautaire et de les intégrer dans la force de travail si nous voulons atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement [OMDs] 4 et 5 liés à la santé des mères et des enfants en Afghanistan », selon une déclaration de Peter Graff, représentant de l’OMS en Afghanistan, dans un communiqué de presse conjoint.



Malgré des progrès relevés dans le secteur de la santé durant les huit dernières années, grâce au financement des donateurs et aux activités des ONGs, l’Afghanistan affiche l’un des pires indicateurs au monde en terme de santé : chaque jour 50 femmes meurent durant leur grossesse et/ou l’accouchement ; un enfant sur cinq meurt avant son cinquième anniversaire.



Un manque de travailleurs de santé qualifiés – seulement deux médecins pour 10 000 personnes, selon l’OMS – particulièrement dans les zones peu sûres et rurales, entraîne de sérieux problèmes de santé.



Durant les cinq prochaines années, le ministère de la Santé projette de réduire la mortalité maternelle et infantile de 50 pour cent et d’étendre ses services de soins de santé de base à 95 pour cent du pays.



Atteindre ces objectifs du Millénaire pour le développement demanderait presque un milliard de dollars, des milliers de travailleurs de santé et de bénévoles supplémentaires, et une collaboration accrue avec les ONGs, selon les experts et les responsables.



Le pays dépense cinq pour cent de son produit intérieur brut (11,6 milliards de dollars en 2007) pour la santé, et compte énormément sur les financements des donateurs pour le secteur de la santé.



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