Les ONG réclament une coordination humanitaire plus forte

Un consortium de 31 organisations non gouvernementales (ONG) travaillant en Afghanistan a exprimé sa « grave préoccupation » concernant la capacité du Bureau des Nations Unies pour les affaires humanitaires (OCHA) à mener à bien sa mission dans le pays en raison d’un manque de personnels.



« Les exigences en matière de coordination de base, de planification et de gestion de l’information excédent les capacités d’OCHA, particulièrement dans les bureaux régionaux », a dit le Projet ONG et Réforme humanitaire (NHRP, en anglais) dans une lettre adressée à John Holmes, le Coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies et chef d’OCHA, le 24 juin.



« Alors que les besoins humanitaires en Afghanistan se trouvent à un niveau critique, nous faisons appel à vous pour redoubler les efforts de recrutement et étudier les options d’affectations provisoires, afin de renforcer la [capacité] effective d’OCHA en Afghanistan à faciliter une coordination, une assistance et une réponse humanitaires indépendantes et fondées sur des principes ».



Le NHRP a été créé en septembre 2008 sur une période de trois ans pour accroître l’engagement effectif des ONG internationales, nationales et locales dans la réforme humanitaire.



Les membres du NHRP incluent ActionAid, une agence de lutte contre la pauvreté ; CARE International UK ; l’Organisation catholique pour le développement d’Outre-mer (CAFOD) ; Le Comité international de secours, une organisation qui opère dans les zones de conflit ; Le Conseil international des agences bénévoles (ICVA), qui travaille avec les réfugiés ; Oxfam et Save the Children UK.



Les ONG ont exhorté OCHA à renforcer et protéger l’espace humanitaire ; à s’assurer que la coordination humanitaire est proactive, responsable, inclusive et appropriée afin d’améliorer l’efficacité de la réponse ; et à donner la priorité au renforcement de ses capacités en matière de gestion de l’information.



La réponse d’OCHA



M. Holmes a accepté la critique « dans l’esprit qui l’a motivée » lors d’un entretien le 30 juin à New York, et a reconnu qu’il y avait des problèmes de sous-effectifs en Afghanistan, principalement dus à une détérioration de la sécurité dans le pays et à la lenteur des procédures bureaucratiques.



Il a dit que les nouvelles recrues internationales devaient arriver mi-juillet et que tous les bureaux régionaux d’OCHA disposeraient du nombre d’employés nécessaires d’ici deux à trois semaines.



« Nous avons encore du chemin à parcourir et franchement, ce n’est pas facile pour nous – comme cela ne n’est pas non plus pour n’importe qui d’autre – de recruter pour l’Afghanistan, pour des raisons évidentes de sécurité et de difficulté à opérer ».



Il a ajouté : « Si nous sommes appelés à faire beaucoup plus, il est clair que les bailleurs de fonds devront venir avec les ressources ».



M. Holmes a écarté la critique selon laquelle OCHA était perçu comme trop proche de la mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA) dont le mandat politique est « en contradiction avec le principe de l’action humanitaire fondée sur la neutralité, l’impartialité et l’indépendance ».



L’Afghanistan est « un lieu [de travail] frustrant pour la communauté humanitaire » dans la mesure où de larges zones du pays sont inaccessibles et où les rôles des militaires et des civils sont « désespérément entrelacés ». Mais, « clairement, il y a des problèmes si elles [les ONG] m’ont écrit tel qu’elles l’ont fait », a commenté M. Holmes.



« Nous devons prendre ces inquiétudes au sérieux et je les prendrai au sérieux, et je leur enverrai une réponse mûrement étudiée », a-t-il dit. « Mais je pense que [ces inquiétudes] pourraient refléter certaines des frustrations liées à la situation dans son ensemble, plus que simplement à propos de ce que nous faisons ».



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