L’Asie, la plus menacée par les catastrophes naturelles

Le Bangladesh, l’Indonésie, l’Iran et le Pakistan figurent en tête d’un nouveau classement des pays « à risque extrême » de connaître des catastrophes naturelles, classement établi par une société d’évaluation du risque global.



L’Index d’exposition aux risques de catastrophe naturelle (NDRI), publié le 27 mai par Maplecroft, classe 229 pays selon l’impact humain des catastrophes naturelles en terme de décès par an et par million d’habitants, avec en plus la fréquence d’évènements ainsi que la probabilité de tremblements de terre, d’éruptions volcaniques, de tsunamis, de tempêtes, d’inondations, de sécheresses, de glissements de terrain, de températures extrêmes et d’épidémies. L’Asie compte le plus grand nombre de décès liés aux catastrophes depuis 1980.



Classer les pays les plus vulnérables aux désastres naturels sur les 30 dernières années pourrait permettre aux entrepreneurs et aux investisseurs d’identifier les risques des actifs internationaux lors du soutien d’efforts humanitaires pour pousser les gouvernements à investir dans des initiatives pour la réduction des risques de désastres.



Les pays africains « à risque extrême » sont l’Ethiopie, le Soudan et le Mozambique, avec 95 pour cent des victimes dus à la sécheresse. Depuis 1980, la sécheresse est responsable de 9 800 décès chaque année en Ethiopie, 5 300 au Soudan (classé cinquième) et plus de 3 400 au Mozambique (classé neuvième).



Selon les experts, les dommages causés par la sécheresse, contrairement aux tremblements de terre et tempêtes, sont difficiles à détecter, tant en terme de vies humaines que de pertes économiques, car c’est un désastre qui apparaît progressivement.



Alors que la France et l’Italie, classées respectivement 17ième et 18ième, sont les pays les plus vulnérables en Europe à cause des 40 000 personnes mortes lors des canicules de 2003 et 2006, les Etats-Unis, avec 8 000 vies perdues depuis 30 ans, sont fortement prédisposés aux ouragans et aux tempêtes et se classent 37ième.



Haïti et la Chine sont respectivement huitième et 12ième parmi les pays à plus haut risque. Le tremblement de terre dans la province de Qinghai le 13 avril 2010, quasiment de la même amplitude que celui a frappé Haïti le 12 janvier, a coûté la vie à 2 187 personnes, contre 230 000 victimes en Haïti.



Les contrées les moins à risque sont Andorre, Bahreïn, Gibraltar, le Lichtenstein, Malte, Monaco, le Qatar, Saint Marin et les Emirats arabes unis.



Dans la ligne des données produites par Maplecroft, une étude du Programme des Nations Unies pour le développement dit que 85 pour cent des gens exposés aux tremblements de terre, cyclones tropicaux, inondations et sécheresse des 10 dernières années vivent dans des pays ayant un développement humain moyen ou faible.



Pedro Basabe, directeur du bureau régional pour l’Afrique de la Stratégie internationale des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR), a dit à IRIN : « Dans ce genre de classement, les variables qu’il faut regarder sont la période [couverte par] les données analysées, les genres de risques et de vulnérabilités aux catatrophes naturelles. En effet, les pays qui font face à des schémas identiques de risques naturels connaissent souvent des impacts très différents quand le désastre se produit, ce qui est dû en grande partie au type de choix de développement qu’ils ont fait.



« Si l’on regarde la fréquence des tremblements de terre et des cyclones en Haïti durant les 100 dernières années, la situation du pays ne serait pas considérée comme inquiétante, contrairement aux 10 dernières années, avec d’importantes pertes humaines causées par les inondations quasi annuelles et les ouragans en 2004, 2005 et 2008.



« En terme d’impacts par exemple, le récent tremblement de terre au Chili, de la même magnitude qu’en Haïti, a causé [des centaines de] morts mais en terme de pertes économiques il s’élève à 22 milliards de dollars, contre une estimation de huit milliards pour Haïti. Ainsi, la vulnérabilité du Chili en terme de perte économique est plus élevée qu’en Haïti, qui par contre a subi davantage de pertes en vies humaines », a dit M. Basabe à IRIN.



Les chiffres publiés par le Centre pour la recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED) au début 2010 ont souligné que durant les 10 dernières années, 3 852 désastres ont tué plus de 780 000 personnes, affectant plus de deux milliards de personnes et causant des pertes économiques de 960 milliards.



Selon l’UNISDR, les tremblements de terre, suivis par les tempêtes (22 pour cent) et les températures extrêmes (11 pour cent) sont les catastrophes naturelles les plus meurtrières des 10 dernières années, et restent une menace sérieuse pour des millions de personnes à travers le monde.



L’ISDR a également classé le tsunami de 2004 dans l’océan indien comme la catastrophe naturelle la plus meurtrière de la décennie avec 226 408 décès ; suivi par le cyclone Nargis en Birmanie en 2008, qui a tué 138 366 personnes, et le tremblement de terre de Sichuan en Chine en 2008, qui a causé la mort de 87 476 personnes.



« A cause du changement climatique, les événements hydrométéorologiques extrêmes devraient être plus nombreux et étant donné l’impact sur les pays qui ne sont pas à risque d’être directement affectés par une catastrophe naturelle, nous recommandons même aux pays les plus riches de se concentrer sur la réduction des risques de catastrophe », a dit Anna Moss, analyste spécialiste de l’environnementale chez Maplecroft.



cp/mw/sk/ail