Une arrivée précoce et « alarmante » de la méningite

Selon les ministères de la santé de la région, une épidémie de méningite a frappé plus tôt que d’habitude et elle se répand à travers la « ceinture de la méningite » en Afrique subsaharienne, du Sénégal à l’Ethiopie. La maladie se déclare durant la saison sèche, avec un pic signalé à la mi-avril.



Le 7 février, les ministères de la santé des pays avec un risque élevé ont rapporté 2 298 cas, avec un taux de mortalité de 13 pour cent. Le Burkina Faso a aussi rapporté le nombre de cas le plus élevé, mais le Togo a eu le taux de mortalité le plus fort, avec 25 patients décédés sur 108 personnes infectées. L’Organisation mondiale de la santé (l’OMS) a décrit la situation comme « alarmante ».



Mamoudou Harouna Djingarey, un épidémiologiste de l’OMS et expert en méningite, a dit à IRIN qu’on ne savait pas pourquoi l’épidémie se déclarait plus tôt que prévue. « Ce [timing] est un signe d’un risque majeur d’épidémie si aucune action n’est entreprise », a-t-il avertit.



Les épidémies graves de méningites ont tendance à se déclarer tous les huit ou dix ans, a-t-il ajouté, mais désormais elles se déclarent environ tous les quatre ans.



Durant la saison 2009 de méningite, 14 pays africains ont rapporté un total de 78 416 cas suspects, dont 4 053 morts, soit le nombre d’infections le plus élevé depuis l’épidémie de 1996.



Des études sont menées afin de déterminer si des facteurs climatiques ou environnementaux pourraient influer sur la gravité de l’épidémie actuelle. M. Djingarey a dit à IRIN que des cas d’infection avaient été déclarés dans le sud, plus loin que d’habitude, y compris en Ouganda, au Kenya et en République Démocratique du Congo.



Burkina Faso



Le 17 février, le ministère de la Santé du Burkina Faso a rapporté 1 251 cas de méningite, avec un taux de mortalité de 15,4 pour cent. L’année dernière à cette époque, il y avait 25 pour cent d’infections en moins, mais un pourcentage de décès similaire.



La maladie a atteint un seuil épidémique, défini par l’OMS comme une zone où au moins 10 personnes sur 100 000 sont infectées, à Pama dans l’est, Titao dans le nord, Sapouy dans le centre ouest, et Batié dans le sud-est. Trois autres districts, avec la moitié de ce nombre de cas rapportés, sont en alerte, selon le ministère de la Santé du Burkina Faso.



Des vaccinations ont été administrées à Pama, Titao et dans le centre ouest le 20 février. « Si nous pouvons réagir rapidement, le nombre va baisser », a dit à IRIN Jean-Ludovic Kambou, épidémiologiste et ministre de la Santé.



L’OMS recommande de vacciner toute personne âgée de deux à 29 ans et vivant dans une des zones de l’épidémie, ainsi que les gens dans les zones voisines qui sont « en alerte ». Si le pays ne possède pas assez de vaccins, il peut demander des vaccins gratuits ou à un coût minimal à un stock de vaccins géré par l’OMS. Alejandro Costa, un scientifique des vaccins de l’OMS, a dit que jusqu’à présent, aucun pays n’avait fait de demande.



M. Costa a dit à IRIN que 100 000 doses de vaccins prélevées sur le stock de vaccins avaient été envoyées au Tchad, qui n’avait pas de vaccins disponibles, mais qui était confronté à une épidémie dans les régions de Mandoul et du Logone Oriental. Le ministère de la Santé du Tchad a dit que 42 000 personnes dans la ville de Doba dans le sud avaient besoin d’être vaccinées.



Le 19 février, le gouvernement a rapporté 507 cas de méningite, avec 59 décès et un taux de mortalité de 11 pour cent.



pt/bo/dd/he/sk