Menace de maladies après les inondations

Trente mille personnes ont besoin en urgence d’abris, d’eau, de nourriture et de soins de santé après de fortes chutes de pluie qui ont causé des inondations massives, forçant des milliers de personnes à quitter leur foyer, selon la société de la Croix-Rouge kényane (KRCS).



Des routes et des ponts ont été détruits ou gravement endommagés, isolant des villageois et les laissant sans nourriture ni eau potable, obligeant des milliers d’entre eux à quitter leur maison, les exposant ainsi au choléra et à d’autres maladies liées à l’eau.



La KRCS a commencé à transporter des articles non-alimentaires au Turkana et à Nakuru dans le nord-ouest, où près de 30 000 personnes ont été touchées ces derniers jours. Le chargement comprend des couvertures, des jerricans, des moustiquaires, des ustensiles de cuisine, du savon et des comprimés de traitement de l’eau.



Ce type d’activités d’urgence est très onéreux, a dit Abbas Gullet, le secrétaire général de la KRCS. Jusqu’ici, les activités de recherche et de secours ont coûté 30 millions de shillings kényans (400 000 dollars) à la KRCS, un montant suffisant pour répondre aux besoins actuels mais qui ne sera pas suffisant si des pluies prolongées causent d’autres dommages, a-t-il ajouté.



L’organisation a demandé davantage de fonds pour répondre aux besoins des populations affectées dans les régions à haut risque de choléra et autres maladies liées à l’eau.



« Cela peut devenir un désastre environnemental. Nous avons réussi à gérer les besoins immédiats, mais nous avons besoin de soutien pour aider nos frères et sœurs », a dit M. Gullet à IRIN.



« Dans certains endroits, les routes ont été complètement emportées, affectant les activités de recherche et de secours ainsi que les estimations pour fournir des chiffres définitifs de personnes touchées et le nombre de morts – qui s’élève maintenant à 21 personnes », a dit le colonel Joseph Kinwori du Centre national d’opérations des catastrophes (NDOC) à IRIN.









« Nous avons réussi à gérer les besoins immédiats, mais nous avons besoin de soutien pour aider nos frères et sœurs »

Selon le NDOC, la région nord de la vallée du Rift est la plus gravement touchée par les inondations. Dans un district, celui du Turkana Est, cinq personnes sont mortes, cinq ponts ont été détruits, de nombreuses fermes et maisons endommagées, et des centaines de têtes de bétail ont péri.



Megan Gilgan, responsable des urgences au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a dit à IRIN : « Nous sommes inquiets à cause des récurrences de diarrhées aqueuses et de choléra à Lokori, dans l’est du Turkana. La région a déjà été confrontée à une vague de cas sans précédent au mois de décembre et la situation pourrait empirer maintenant. Nous avons des kits de santé d’urgence disponibles et des comprimés de purification de l’eau pour 30 000 personnes, assez pour un mois ».



Des coupes dans le ravitaillement alimentaire



Des habitants de la région ont dit que les routes vers Baragoi dans le Samburu et vers Kargui à Marsabit, dans les provinces de l’Est, étaient inaccessibles.



Mohammed Kochale, un responsable local à Marsabit, a exhorté le gouvernement et les agences d’aide à secourir les habitants car ils ne peuvent pas se rendre sur les marchés pour acheter de la nourriture ou pour bénéficier des soins de santé.



Il a dit que des centaines d’enfants à Marsabit étaient toujours à la maison et n’allaient plus à l’école car les routes étaient fermées.



« Les camions, qui sont le seul moyen de transport et sont aussi utilisés pour transporter de la nourriture, ne peuvent pas atteindre certaines régions parce que les routes et les ponts ont été détruits », a-t-il dit.



Francis Wambua, le président de la Croix-Rouge du district de Laikipia, a dit que plus de 200 familles avaient été déplacées, leur maison et production agricole détruites, dans la région de Laipikia Mutaro après les pluies diluviennes du 3 janvier.



« Les familles déplacées dans la région de Mutaro ont besoin d’assistance alimentaire et d’abris ; leurs enfants ne sont pas retournés à l’école, ils ont perdu tous leurs livres et leurs uniformes », a dit M. Wambua à IRIN.



Selon le département kényan de la météorologie, les pluies pourraient continuer jusqu’à la première semaine de février. Si cela peut causer davantage de dommages et de déplacements, cela pourrait aussi aider à faire reculer la grave insécurité alimentaire que traverse le Kenya à cause de la grande sécheresse de 2009.



« Nous pouvons attendre une bonne récolte de maïs car à cette époque de l’année les cultures sont au stade de la croissance des épis, quand elles ont besoin de beaucoup d’eau », a dit John Karjuken, responsable de l’agriculture au ministère de l’Agriculture.



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