Un système d’alerte précoce pour les sècheresses

Les organisations humanitaires pourront bientôt connaître l’existence d’une sècheresse deux à trois semaines après son commencement, ce qui leur permettra de se mettre en alerte et de planifier les secours, a annoncé un haut responsable de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) lors de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique, à Copenhague.



Aujourd’hui, à cause des limites des indices utilisés pour mesurer les périodes de sècheresse, les organisations n’apprennent qu’elles ont affaire à une sècheresse qu’au beau milieu de la période de sècheresse, a dit Mannava Sivakumar, directeur de la division de météorologie agricole de l’OMM.



Ces dernières années, les sècheresses sont devenues de plus en plus intenses et fréquentes en raison du changement climatique, en particulier en Afrique, mais elles peuvent aujourd’hui être surveillées grâce à l’Indice standardisé des précipitations (SPI, Standardized Precipitation Index), qui utilise la moyenne des précipitations à long terme, sur une période d’au moins 30 ans, comme variable pour développer une échelle d’alerte précoce.



« Actuellement, la plupart des pays utilisent des indices fondés sur le pourcentage des jours de précipitations normales sur une période donnée », a dit M. Sivakumar. Une sècheresse commence lorsque le SPI est continuellement négatif pendant une période de deux à trois semaines, et se termine lorsque les chiffres deviennent positifs.



Il a été difficile d’élaborer un système efficace d’alerte précoce pour les sècheresses car ces phénomènes sont des catastrophes qui surviennent lentement, mais le SPI permet de prévoir l’intensité de la sècheresse – plus le chiffre négatif est haut, plus la sécheresse est sévère.



L’indice existe depuis un certain temps mais, la semaine dernière, des experts météorologistes du monde entier ont décidé que tous les services nationaux de météorologie et d’hydrologie devaient l’utiliser pour caractériser les sècheresses météorologiques.



La décision devrait prendre effet dans six mois, une fois validée par le conseil d’administration et le congrès de l’OMM.



Les experts essaient de s’accorder sur des indices standardisés pour mesurer trois types de sècheresses – météorologiques, agricoles, et hydrologiques – afin d’aider les organisations humanitaires à répondre efficacement à ces catastrophes.



Le problème est qu’étant donné qu’au moins 20 types d’indices de sècheresse – des échelles numériques fondées sur des données telles que les précipitations et la température – sont utilisés pour mesurer les trois types de sècheresses, il est difficile de comparer l’intensité et les types de sècheresse affectant différents pays.



Mesures des sècheresses



Pour identifier une sècheresse météorologique, le SPI mesure le manque de précipitations ; les indices agricoles et hydrologiques prennent en compte les interactions entre la sècheresse météorologique et les êtres humains, telles que la quantité d’eau disponible dans le sol pour les cultures, et l’accès aux ressources en eau.



D’ici la fin 2010, l’OMM espère avoir identifié des indices standardisés pour surveiller les sècheresses agricoles et hydrologiques. Les premières sècheresses signalées remontent à 3 000 ans, mais d’après M. Sivakumar, il a fallu beaucoup de temps pour élaborer un système d’alerte précoce, et le besoin était devenu urgent.



Les éleveurs nomades du Kenya observaient autrefois une sècheresse tous les 10 ans ; aujourd’hui, ils en subissent une tous les deux ou trois ans, a-t-il dit. Au Kenya, où sévit actuellement une des pires sècheresses que le pays ait jamais connues, plus de quatre millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire.



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