« Les enfants demandent où il est »

A Conakry, la capitale guinéenne, la famille Diallo n’a retrouvé aucune trace de Thierno Abdoulaye Diallo, un étudiant de 20 ans, depuis qu’il est parti pour le stade de football de la ville, le 28 septembre dernier.



Des représentants de la société civile, des leaders politiques et des citoyens, qui s’étaient rassemblés dans le stade, agitaient le drapeau national, priaient sur le terrain et scandaient des slogans, appelant Moussa Dadis Camara, le chef de la junte, à ne pas se présenter à l’élection présidentielle, quand des soldats sont arrivés, ont tiré sur la foule et violé des manifestants.



Le père de Thierno Abdoulaye Diallo, ainsi que d’autres membres de sa famille, ont quitté leur village situé dans la région de Dalaba, à environ 360 kilomètres de Conakry, afin de se mettre à sa recherche. Ils se sont rendus dans des camps militaires, des hôpitaux et des morgues de la ville, mais n’ont trouvé aucun dossier le concernant, ni aucun autre signe de lui.



La Croix-Rouge continue à recevoir des appels de familles cherchant des proches portés disparus depuis le 28 septembre, d’après les Nations Unies en Guinée.



Les enfants de la famille Diallo se demandent où est leur grand frère. Une tante à montré à IRIN la porte fermée de la chambre du jeune homme, aujourd’hui inutilisée, dans la maison de la famille élargie à Conakry, parlant sans cesse de lui au passé.



« C’était un jeune homme doux et respectueux, et il était toujours gentil avec les enfants – les enfants de la maison demandent où il est.



« Tout ce que nous savons, c’est qu’il était au stade avec un ami ce jour-là – aucune trace de lui depuis.



« Le 1er octobre, la veille du jour où les autorités ont sorti les corps de la morgue pour permettre leur identification, son grand frère a appelé leur mère, qui est toujours au village. Il lui a dit qu’Abdoulaye était allé au stade, et que nous n’avions aucune nouvelle de lui depuis.



« Nous sommes désespérés, mais nous continuons à chercher. Il nous reste un peu d’espoir, puisque rien ne prouve qu’il soit mort.



« La situation en Guinée est extrêmement difficile aujourd’hui – il n’y a pas de sécurité.



« A la maison, nous passons nos journées à nous inquiéter. Je ne trouve vraiment pas les mots pour exprimer ce que nous vivons. »



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