Un rapport des Nations Unies décrit les effets dévastateurs du blocus israélien à Gaza

Un nouveau rapport des Nations Unies décrit l’impact humanitaire catastrophique du « blocus sans précédent contrôlant toute entrée ou sortie de la bande de Gaza », imposé par Israël depuis deux ans.



Publié en août par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de Jérusalem, le rapport détaille la dégradation rapide de la situation de Gaza en termes de moyens de subsistance, de sécurité alimentaire, d’abris, d’approvisionnement en énergie et en eau, et de systèmes d’assainissement.



« Le blocus a « enfermé » 1,5 million de personnes dans l’une des zones les plus densément peuplées du monde, provoquant une longue crise de dignité humaine et des conséquences humanitaires négatives », a indiqué le rapport.



Suite à la prise de pouvoir du Hamas à Gaza en juin 2007, Israël a fermé toutes les frontières du territoire, imposé des restrictions sur les importations et les exportations, et interdit tout voyage depuis ou vers Gaza.



L’offensive militaire d’Israël contre Gaza, qui a pris fin le 18 janvier 2009 après avoir duré 23 jours, ainsi que les conflits internes entre le Fatah et le Hamas, ont aggravé les souffrances de la population, d’après le rapport.














Photo: Shabtai Gold/IRIN
Karni, le point de passage commercial le plus grand et le mieux équipé entre Israël et Gaza, est fermé depuis juin

« Blocus » ou « sanctions » ?



Israël conteste l’utilisation du terme « blocus », et déclare que sa politique consiste à s’assurer que la population de Gaza reçoive une aide humanitaire.



« Nous avons imposé des sanctions à la bande de Gaza ; le terme « blocus » est inexact, puisque des dizaines de camions entrent tous les jours sur le territoire, et que les voies d’approvisionnement en eau et en carburants reliant Israël à Gaza ne sont pas coupées », a dit à IRIN Mark Regev, porte-parole du cabinet du Premier ministre israélien.



Sharhabeel al-Zaeem, juriste et consultant à Gaza pour l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a indiqué que les sanctions sont en général « approuvées et imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies », et que l’on parle de blocus « lorsqu’une entité bloque les frontières d’une autre entité ; il s’agit d’une violation du droit international. »














Photo: Gisha
Carte de Gaza indiquant les points de passage aux frontières avec Israël et l’Egypte. Israël a déclaré la fermeture permanente de Sufa

Frontières fermées



D’après OCHA, Karni, le point de passage commercial le plus grand et le mieux équipé entre Israël et Gaza, est fermé depuis juin 2007, à l’exception d’un tapis roulant transportant uniquement des céréales.



Sur les quatre autres principaux points de passage, celui de Kerem Shalom est ouvert six jours sur sept et permet le passage limité de produits autorisés, Rafah, situé sur la frontière avec l’Egypte, est ouvert sur une base ad hoc, Nahal Oz est partiellement ouvert cinq jours sur sept, permettant le passage de certains types de carburants, et Erez est ouvert six jours sur sept pour permettre l’entrée des travailleurs humanitaires internationaux ainsi que l’approvisionnement médical et humanitaire. 



« Le manque de produits d’importation essentiels, notamment de matières premières, ajouté à l’interdiction des exportations, ont décimé l’activité économique du secteur privé et conduit à la suppression d’environ 120 000 emplois », a indiqué le rapport, ajoutant que près de 75 pour cent des habitants de Gaza sont touchés par l’insécurité alimentaire, en raison d’une forte hausse des prix, de la pauvreté et de la destruction des zones agricoles.



La longueur des procédures de contrôle aux frontières a également retardé l’importation de nombreux produits vitaux, dont certains se sont périmés avant d’entrer sur le territoire. D’après le rapport d’OCHA, on estime que 1 700 containers commerciaux de produits d’importation sont retenus dans des entrepôts de Cisjordanie et d’Israël, ce qui correspond à une perte d’environ 10 millions de dollars.



D’après M. Regev, les conditions imposées par le gouvernement israélien à Gaza pour que les « sanctions » soient levées sont la libération d’un soldat israélien prisonnier, l’arrêt des tirs de roquettes sporadiques visant Israël depuis la bande de Gaza, et l’acceptation par le Hamas de trois principes : renonciation à la violence, reconnaissance d’Israël et respect des accords de paix existants.



« A Gaza, le pouvoir s’enlise dans l’extrémisme religieux, et a déclaré la guerre à Israël », a dit M. Regev. Le gouvernement israélien n’a pas de contact direct avec le gouvernement du Hamas, a-t-il ajouté.



Mahmoud Zahar, l’un des plus anciens dirigeants du Hamas, a dit à IRIN, à Gaza-Ville : « Le gouvernement du Hamas à Gaza a mis fin, depuis janvier 2009, à tous les tirs de roquettes visant Israël. »



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