La communauté chrétienne confrontée à une nouvelle vague de violence

Une nouvelle vague de violence visant la communauté chrétienne irakienne soulève des questions sur la sécurité des minorités religieuses, dans un contexte où l’on s’inquiète au sujet de la capacité des forces irakiennes à assurer la sécurité depuis le 30 juin dernier, date à laquelle les forces armées américaines se sont retirées des villes pour s’installer dans des bases excentrées.



Le 12 juillet, cinq attaques d’églises à Bagdad et un assassinat dans le nord du pays ont fait cinq morts et plus de 20 blessés, d’après les informations du ministère irakien de l’Intérieur.



« Ces attaques [systématiques] à une date précise signifient que des groupes militants bien organisés sont toujours actifs et se livrent à des actes de violence et de terrorisme contre les Irakiens en général et contre les Chrétiens en particulier », a dit à IRIN Younadem Kana, un parlementaire irakien chrétien.



« Leur but est de donner au monde entier l’impression que la situation est instable et que le gouvernement est incapable d’assurer la sécurité depuis que les troupes américaines se sont retirées », a expliqué M. Kana.



Parmi les attaques de dimanche 12 juillet, le bilan le plus lourd est dû à l’explosion d’une voiture devant une église de l’est de Bagdad, au moment de la sortie de la messe dominicale. Cette attaque a fait quatre morts et 18 blessés, d’après le ministère de l’Intérieur. L’une des personnes décédées était musulmane.



Deux bombes ont visé une autre église, dans l’ouest de Bagdad, sans faire de victimes. Trois autres attentats contre des églises ont fait huit blessés, selon le ministère de l’Intérieur. Aziz Rizqo Nisan, un responsable provincial chrétien, a été tué à Kirkuk, à environ 300 km au nord de Bagdad.



M. Kana a appelé le gouvernement à protéger tous les lieux de culte et à renforcer ses efforts stratégiques afin de mettre la main sur les groupes militants.



Une ONG allemande qui s’occupe des communautés vulnérables et menacées en Irak a affirmé que ces attaques visaient à faire partir d’Irak les membres de la communauté chrétienne qui n’ont pas encore quitté le pays.



« Les Islamistes intégristes essaient, de façon systématique, de faire partir les 100 000 Chrétiens assyro-chaldéens qui sont restés dans la capitale », a déclaré, dans un communiqué daté du 13 juillet, Kamal Sido, consultant pour le Proche-Orient auprès de la Société pour les peuples menacés (GfbV).



D’après GfbV, depuis l’invasion menée en 2003 par les Etats-Unis, plus des trois-quarts des Chrétiens vivant à Bagdad, qui étaient environ 400 000, ont fui la ville en raison des menaces directes ou indirectes qui pesaient sur leur communauté.



GfbV a lancé un appel d’urgence à soutenir les projets d’aide aux Chrétiens déplacés à l’intérieur du pays ainsi qu’à ceux qui sont réfugiés dans les pays voisins, la Jordanie et la Syrie, afin de leur permettre de rentrer chez eux ou de s’installer dans un pays tiers.



Selon l’étude 2008 sur la situation des réfugiés dans le monde, menée par la Commission américaine pour les réfugiés et les immigrants, à la fin de l’année 2008, la Syrie avait accueilli environ 1,3 million de réfugiés irakiens, dont environ 20 pour cent étaient chrétiens. Le rapport 2008 sur la liberté religieuse internationale, réalisé par le Département d’Etat américain, signale que 16 pour cent des réfugiés irakiens déclarés en Jordanie sont chrétiens.



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