Un tiers des enfants non scolarisés

Razia, 10 ans, ne peut pas aller à l’école car scolariser les filles dans la province de Kandahar, dans le sud, est vu comme étant trop risqué, et parce que son père croit que seuls les garçons devraient aller à l’école.



« Mon père dit que l’école, ce n’est pas pour les filles, et que les filles devraient travailler à la maison », a-t-elle confié à IRIN, à Kandahar, ajoutant qu’elle avait toujours voulu aller à l’école et devenir médecin.



« Je ne suis pas le seul père qui interdise à sa fille d’aller à l’école », a dit son père, Abdul Rahim. « Aucun homme ne veut que sa fille ou que sa sœur soit agressée et déshonorée par les Talibans parce qu’elle est scolarisée ».



Les craintes de M. Rahim ne sont pas infondées : en novembre 2008, des assaillants non-identifiés ont aspergé d’acide une dizaine d’écolières et leurs enseignantes, dans la province de Kandahar, certainement pour décourager la scolarisation des filles.



Les coutumes conservatrices, la pauvreté, le manque de structures éducatives et une culture de la discrimination sexuelle profondément ancrée privent d’éducation plus de cinq millions d’enfants en âge d’être scolarisés, dont plus de trois millions de filles, selon les organisations humanitaires et le ministère de l’Education (ME). Cela représente environ un tiers des 14,5 millions de mineurs de moins de 18 ans que comptait l’Afghanistan en 2007, selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance.



La plupart des enfants illettrés sont des filles. Ainsi, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le taux d’alphabétisation des Afghanes âgées de 15 à 24 ans est environ 10 pour cent moins élevé, en moyenne, que celui de leurs compatriotes masculins.



Manque d’écoles



L’Afghanistan compte quelque 12 000 écoles publiques – primaires et secondaires. Environ la moitié d’entre elles n’ont pas de locaux : les élèves se réunissent dans des tentes et/ou en plein air, selon les autorités.



Les insurgés ont incendié des centaines d’écoles et tué des dizaines d’enseignants et d’élèves ces quatre dernières années, dans un pays qui a désespérément besoin d’un plus grand nombre d’écoles et de professeurs.



Environ 700 écoles auraient été fermées en raison de l’insécurité et des attentats, en 2008, bien que certaines d’entre elles aient rouvert leurs portes il y a quelques mois, selon le ME.



Plus de six millions d’élèves, dont environ 34 pour cent de filles, ont été inscrits dans les écoles publiques en 2009 et le gouvernement s’est engagé à doubler ce taux d’ici à l’an 2020.



L’Afghanistan affiche l’un des taux d’analphabétisme les plus élevés du monde. Seuls 18 pour cent des femmes et 50 pour cent des hommes d’Afghanistan savent lire et écrire, selon l’UNESCO.



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