L’inertie du gouvernement aggrave l’insécurité

L’incapacité du gouvernement maoïste népalais à résoudre les questions de sécurité fait régner une anarchie croissante, provoque une multiplication des grèves politiques violentes et suscite un désenchantement grandissant à l’égard du gouvernement, selon les associations de défense des droits humains.



Si la plupart des incidents se sont produits dans la région du Teraï, dans le sud, les violences semblent se propager dans le centre, l’ouest et l’est du pays.



Selon l’Informal Sector Service Centre (INSEC), une association de défense des droits humains, les zones les plus touchées sont les régions d’Ilam, Jhapa, Morang et Sunsari, au Teraï, ainsi que les régions de basse montagne de Pachthar, Sankuwasabha, Tehrathum, Taplejung, Surkhet, Gorkha, Kaski et Mugi.



Les médias eux-mêmes craignent de couvrir les violences, et cela crée une culture de l’impunité qui profite aux auteurs de ces violences.



« Les journalistes s’autocensurent beaucoup lorsqu’ils couvrent les partis politiques, les manifestants de rue ou les bandes de criminels », a expliqué Gopal Guragain, directeur de l’Ujyalo Network, qui gère un réseau de 45 stations de radio FM dans l’ensemble du Népal. Les journalistes sont de plus en plus souvent victimes d’agressions, a-t-il ajouté.



« Si même les journalistes sont attaqués, vous pouvez imaginer dans quelle situation se trouve le citoyen moyen », a déclaré à IRIN Ravi Chettri, un jeune civil, à Katmandou.



Les défenseurs des droits humains ont également exprimé des préoccupations concernant le nombre croissant de barrages routiers, de grèves et d’attaques contre les transports publics, menées par différents groupes à la fois dans la capitale et dans d’autres grandes villes.










« ...Les cas d’enlèvement, de meurtre et d’agression se multiplient, et le gouvernement se tait et ne fait pratiquement rien... »

Violence



« Les cas d’enlèvement, de meurtre et d’agression se multiplient, et le gouvernement se tait et ne fait pratiquement rien », s’est indignée Seema Shrestha, une habitante de la capitale.



Entre le 10 mars et le 10 avril, l’INSEC a recensé plus de 50 cas de violences commises pour des raisons politiques ou criminelles dans l’ensemble du pays, notamment des attaques à main armée, des attentats à la bombe, des meurtres, des enlèvements et des violences de rue. Dix personnes ont trouvé la mort. Selon l’INSEC, les violences se multiplient.



Les violences politiques seraient perpétrées par des groupes affiliés au mouvement maoïste, et par divers mouvements ethnico-politiques, qui luttent pour obtenir davantage de droits et d’autonomie.



La plupart des parlementaires – répartis entre 17 partis politiques nationaux différents, au sein de l’Assemblée constituante - boycottent les débats pour protester contre l’incapacité du gouvernement maoïste à rétablir l’ordre public.



Récemment, au cours d’un rassemblement à Hetauda, à quelque 200 kilomètres au sud de la capitale, plus de 70 organismes de défense des droits humains ont averti que les violations des droits humains devenaient incontrôlables.



En 2006, les rebelles maoïstes et le gouvernement népalais avaient signé un accord de paix mettant fin à un conflit armé qui a duré 10 ans et fait plus de 13 000 morts et près de 200 000 déplacés.



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