Augmentation de 40 pour cent du nombre de morts civils

L’année dernière a été la plus difficile pour les populations civiles afghanes depuis la fin des principales hostilités, en 2001, puisque plus de 2 100 non-combattants ont perdu la vie au cours du conflit, d’après la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).



Le bilan des morts s’est alourdi de 40 pour cent au sein des populations civiles, en 2008, par rapport à l’année précédente, les belligérants, notamment les groupes d’insurgés, ne faisant guère cas de la sécurité des non-combattants, selon un rapport de la MANUA.



Les attentats suicides et l’utilisation d’engins explosifs improvisés par les groupes d’insurgés ont fait subir de lourdes pertes aux populations civiles, de même que les bombardements aériens menés par les forces internationales, a rapporté la MANUA.



« Outre les victimes directes des affrontements armés, d’autres civils souffrent également de blessures, de la perte de leurs moyens de subsistance, des déplacements, de la destruction de leurs biens, et de la perturbation de l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à d’autres services essentiels », peut-on lire dans le rapport de la MANUA sur la protection des civils en situation de conflit armé.



La Commission indépendante des droits de l’homme d’Afghanistan (CIDHA) s’est fait l’écho des préoccupations de la MANUA ; Ahmad Zia Langary, son porte-parole, a déclaré : « L’impact de la guerre sur les civils ne saurait être limité au bilan des morts ; les conséquences en sont vastes et nombreuses ».



Les organisations humanitaires ont quant à elles averti que le conflit faisait régner l’anarchie et l’insécurité dans l’ensemble du pays, et que les opérations humanitaires avaient été particulièrement touchées.



Trente-huit travailleurs humanitaires ont été tués et 147 ont été enlevés, et 198 incidents de sécurité recensés en 2008 concernaient des organisations non-gouvernementales (ONG), selon les Nations Unies.



Des « victimes invisibles »



Dans les zones frappées par les conflits, essentiellement dans le sud et l’est, les femmes et les enfants sont particulièrement touchés.



« Les femmes et les enfants sont, dans une bonne mesure, les victimes invisibles du conflit armé en Afghanistan », selon le rapport des Nations Unies.



Le fardeau financier qui résulte de la perte des soutiens de famille prive essentiellement les femmes et les enfants d’éducation, de soins de santé, d’une sécurité alimentaire et de bon nombre d’autres possibilités.



Des dizaines d’écoles et de centres de santé ont été attaqués et un grand nombre d’écoliers ont été la cible d’éléments insurgés, tout au long de l’année 2008.



Sur les 2 118 morts civils signalés en 2008, on ignore combien étaient des femmes et des enfants, mais la MANUA a annoncé qu’elle créerait une nouvelle base électronique destinée à fournir des informations ventilées par âge et par sexe sur les victimes civiles de la guerre.



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