Les femmes enceintes séropositives renoncent aux soins

Lorsqu’elles apprennent leur séropositivité, plus de la moitié des femmes enceintes au Liberia renoncent aux conseils et au traitement, selon le Programme national de contrôle du sida (NACP en anglais).



Le gouvernement a indiqué que compte tenu de l’importante stigmatisation et du maigre suivi, seulement la moitié des femmes enceintes qui ont appris leur séropositivité entre juillet 2008 et janvier 2009 recevaient un traitement afin de réduire le risque de transmission du virus de la mère à l’enfant.



« Une fois qu’elles apprennent leur statut, certaines ne reviennent jamais », a déclaré Janjay Jones, le directeur-adjoint du NACP.



« Cela s’explique par le taux élevé de stigmatisation au Liberia. Dans d’autres pays, les personnes séropositives mènent une vie normale et sont intégrées à la société, c’est loin d’être le cas ici », a-t-il déploré.



Cependant, ces dernières statistiques témoignent d’une amélioration par rapport à 2007. En effet, cette année-là, 40 pour cent des femmes enceintes séropositives suivaient un traitement.



Jusqu’à 64 pour cent des 100 000 personnes vivant avec le virus au Liberia sont des femmes, d’après le NACP.



Mais pour M. Jones, ces données sont erronées. Il a expliqué que selon les données de l’étude démographique et sanitaire de 2007, le taux de prévalence du VIH officiel chez les femmes était inférieur à 2 pour cent, mais qu’il pourrait être supérieur.



En effet, le taux de prévalence du VIH chez les femmes pourrait atteindre les 13 pour cent, dans le sud-est du pays, selon le gouvernement.



Une partie des 78 millions de dollars américains de subvention approuvés par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme servira à accroître l’accès aux traitements antirétroviraux auprès des femmes enceintes afin de prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant.



A compter de juillet 2009, du personnel médical supplémentaire recevra une formation sur la prévention du virus de la mère à l’enfant afin d’atteindre un plus grand nombre de futures mères.



Cependant, le pays souffre d’une pénurie de personnel médical à la suite des 14 années de guerre civile et son système de santé manque fortement d’effectifs.

 

En janvier 2009, on comptait seulement 80 médecins (libériens et étrangers) pour une population de plus trois millions d’habitants.



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