L’aide d’urgence doit se poursuivre après Nargis – rapport

Malgré les progrès considérables accomplis sur le terrain, les rescapés du cyclone Nargis ont encore besoin d’aide, selon le premier des trois Rapports stratégiques périodiques post-Nargis publiés par le Groupe central tripartite (TCG).



Composé de trois membres du gouvernement birman, trois membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et trois membres des Nations Unies, le TCG a pour objectif de faciliter la coopération entre le Myanmar et la communauté internationale.



« Le Rapport périodique est un document important qui contient de nombreuses informations sur la situation où nous en sommes, pour nous permettre de répondre aux besoins des victimes du cyclone », a déclaré à IRIN Bishow Parajuli, coordinateur résident et coordinateur humanitaire des Nations Unies, à Yangon, ancienne capitale birmane, le 19 décembre.



Le rapport analyse la situation de plus de 2 000 ménages, dans plus d’une centaine de communautés de la région touchée, notamment des divisions administratives de l’Ayeyarwady et de Yangon.



Il couvre les domaines de la santé, de la nutrition, de l’alimentation, de l’eau et de l’assainissement, des moyens de subsistance, de l’hébergement et de l’éducation. Les questions plurisectorielles, comme la vulnérabilité ou la protection, le statut socioéconomique des ménages, la réception des secours, les sexes et l’environnement y sont également abordées.



L’objectif de ce rapport est de définir les domaines d’affectation des ressources et les domaines dans lesquels des programmes de rétablissement à long terme sont nécessaires, et d’informer les décideurs.



« Cela aidera les décideurs à définir les priorités des opérations de secours et de rétablissement, sept mois après le passage du cyclone au Myanmar », a expliqué à IRIN Anish Roy, représentant spécial du secrétaire général de l’ANASE, depuis Jakarta. Le rapport se fonde sur l’évaluation VTA (Village Tract Assessment), une des méthodologies employées dans l’Evaluation conjointe post-Nargis (PONJA), publiée en juillet, qui repose sur différents indicateurs et couvre la région du delta à l’échelle communautaire.



Publié à la suite de la PONJA, elle-même considérée par bon nombre de personnes comme le plan directeur de l’intervention humanitaire dans la région, ce rapport repose sur une série d’évaluations provisoires, qui seront menées sur une période de 12 mois, afin de recenser les progrès globalement accomplis.



De grandes difficultés subsistent














Photo: Lynn Maung/IRIN
La question du recouvrement des moyens de subsistance se révèlera décisive au cours de la prochaine année, selon le rapport

Selon le TCG, malgré les progrès considérables accomplis à ce jour en matière de secours et d’aide au rétablissement, la phase d’urgence n’est pas encore terminée et des secours supplémentaires sont nécessaires, en particulier dans les domaines de la nutrition, de l’alimentation et de l’hébergement.



« Bien que l’aide ait des répercussions positives, il en faut davantage, à la fois sous forme de matériel de secours et d’aide au rétablissement », selon M. Roy. « Des problèmes chroniques subsistent qui étaient probablement déjà présents avant le passage du cyclone, et transparaissent aujourd’hui dans l’évaluation ».



Bon nombre d’habitants vivent encore dans des refuges temporaires sous des bâches en plastique, et d’autres dépendent de l’aide alimentaire, a-t-il expliqué. D’autres encore ont besoin d’aide à moyen terme pour recouvrer leurs moyens de subsistance, notamment de subventions et d’un accès à des crédits à des taux raisonnables, or il faudra du temps pour organiser cela, a-t-il ajouté.



Le cyclone Nargis a fait près de 140 000 morts et disparus lorsqu’il s’est abattu sur le delta de l’Ayeyarwady, dans le sud du Myanmar, les 2 et 3 mai derniers, touchant 2,4 millions de personnes, dont près de la moitié ont aujourd’hui besoin d’aide.



collaborateur/mw