Les inondations font des dizaines de morts

Les fortes averses qui s’abattent sur le Vietnam depuis plusieurs jours ont paralysé certaines régions du nord du pays, faisant au moins 44 morts et submergeant 100 000 habitations. À Hanoi, 19 personnes ont péri, emportées par les eaux, après que les lacs de la ville furent sortis de leurs lits, transformant les rues en rivières.

« Ces pluies violentes sont les plus graves observées à Hanoi depuis 1984 », selon Duong Lien Chau, directeur adjoint du Centre de prévisions hydrométéorologiques central. « Dans certaines régions, ces pluies sont les plus abondantes observées depuis plus de 100 ans ».

Aucun typhon n’ayant été signalé dans la région, la tempête a pris la capitale par surprise. Plus de 500 millimètres de précipitations sont tombés en à peine trois jours.

« J’avais prévu de la pluie », a confirmé M. Chau, « mais nous n’avions pas prévu qu’elle serait si abondante ».

La plupart des victimes sont mortes noyées, lorsque les eaux sont montées de manière inattendue. Les rues ont été rapidement inondées, les habitants se trouvant ainsi contraints de naviguer dans un mètre d’eau.

Plusieurs personnes, dont des enfants, sont mortes en tombant dans des collecteurs d’eaux pluviales ouverts. Plusieurs personnes auraient également été électrocutées.

Hanoi lutte pour évacuer les habitants restés piégés chez eux. Mais le système de sauvetage de la ville est insuffisant, et de nombreux véhicules publics sont tombés en panne.

En outre, le système de pompage d’Hanoi n’ayant pas suffi à absorber les fortes précipitations, l’armée a été appelée à intervenir dans le cadre des opérations de sauvetage. La ville ne dispose que d’une seule station de pompage, elle-même partiellement submergée. Il faudra encore quatre à cinq jours pour pomper toute l’eau, si toutefois la pluie cesse de tomber.

« Nous faisons de notre mieux pour faire face à la situation », a indiqué à IRIN Nguyen Thanh Giang du Comité populaire d’Hanoi. « Des milliers de personnes, qui vivent près des rivières, sont en train d’être évacuées pour leur sécurité, de nombreuses digues fluviales risquant fort de s’effondrer à Hanoi ».

M. Giang a indiqué que, selon les estimations de son bureau, les dégâts se chiffraient à 180 millions de dollars. Des fermiers entreprenants venus de villages excentrés ont apporté de petites embarcations à Hanoi pour transporter les habitants à travers les rues inondées de la ville.

Trinh Thanh Thuy, une enseignante de 30 ans, a payé 1,20 dollar pour faire transporter sa moto sur une distance de 300 mètres, afin de pouvoir poursuivre son trajet jusqu’à son lieu de travail.

« C’est comme si nous habitions un village inondé », a expliqué Mme Thuy. « Maintenant, je comprends mieux la situation des habitants des régions reculées au moment des crues ».

Le pire à venir

Les habitants ne sont pas au bout de leurs peines, selon les autorités : de nouvelles pluies sont attendues au cours des prochains jours. Même si ces pluies devraient être moins abondantes, le sol est saturé et les nombreux étangs et lacs de la ville sortent déjà de leurs lits.

Des pénuries alimentaires sont également prévues à Hanoi. Selon le Comité national pour le contrôle des crues et des tempêtes, 240 000 hectares de rizières et de légumes ont subi des dégâts.

Plusieurs marchés sont sous les eaux et les transports sont paralysés ; face à cette situation, les prix de certains vivres ont plus que triplé, selon les habitants. Des clients ont notamment rapporté qu’on leur facturait des prix 10 fois plus élevés que la normale.

Les autorités se préparent également à une épidémie de maladies hydriques lorsque les eaux se retireront.

« Il y a un gros risque d’épidémie, étant donné que la ville est inondée d’eaux polluées », a indiqué Nguyen Huy Nga, directeur du Département de la médecine préventive et de l’environnement au ministère de la Santé. « Nous surveillons désormais l’apparition d’épidémies de diarrhée et de fièvre dengue ».

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