Des milliers de victimes du séisme dorment dans le froid

Plusieurs milliers de personnes ont passé la nuit dehors, dans un froid glacial, dans la province peu peuplée du Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays. À la suite du tremblement de terre du 29 octobre, des répliques sismiques ont continué de secouer la région, semant la panique générale.

Selon les services de météorologie du Pakistan, les températures à Ziarat et dans d’autres régions touchées variaient entre moins un et moins quatre degrés centigrades, dans la nuit du 29 au 30 octobre.

Le bilan des victimes du tremblement de terre, d’une magnitude de 6,4 sur l’échelle de Richter, s’élève désormais officiellement à 236 morts et plus de 400 blessés. Selon les travailleurs humanitaires qui se sont précipités sur place, ce bilan risque de s’alourdir à mesure que de plus en plus de corps sans vie sont tirés des décombres.

Le nord-ouest du Baloutchistan, où se trouvent notamment les régions de Ziarat et Pishin, a été particulièrement touché par le tremblement de terre. Sept ou huit villages de Ziarat auraient été rasés.

« Le village de Wam fait partie de ceux qui ont été entièrement détruits », a déclaré à IRIN Dilawar Kakar, le maire de Ziarat. Il ne reste plus une seule maison dans le village, a-t-il expliqué.

Les corps des victimes ont été enterrés dans des fosses communes, dans la zone.

Selon un rapport préliminaire de l’Union internationale pour la préservation de la nature (IUCN), les villages de Malik Payo Khan et Tarrai ont également été entièrement rasés. Farooq Ahmed Khan, président de l’Autorité de gestion nationale du Pakistan (NDMA), a confirmé la destruction d’au moins 2 000 maisons.

Selon des témoins oculaires, un grand nombre d’habitations ont été démolies par de gros blocs de roche, éboulées des montagnes par le tremblement de terre et les répliques sismiques.

« Plusieurs milliers d’habitations sont en ruine. La route de Quetta à Ziarat, qui s’étend sur quelque 70 kilomètres, présente de larges fissures et de ce fait, il est difficile d’acheminer des secours ou d’évacuer vers Quetta les habitants qui ont besoin de recevoir des soins hospitaliers », a indiqué Farooq Ahmed, 28 ans, secouriste local.


Photo: Tariq Saeed/IRIN
Les personnes affectées par le tremblement de terre sont soignées en plein air, les répliques du séisme créant des mouvements de panique

État des lieux et aide humanitaire

Dépêchées par le Comité international de la Croix-Rouge et les agences des Nations Unies, des équipes chargées d’évaluer les dégâts se rendent actuellement dans les régions touchées.

Selon Amna Kemal, porte-parole des Nations Unies à Islamabad, l’équipe nationale des Nations Unies « attend de voir quel genre d’aide sera nécessaire ».

Les Nations Unies auraient mobilisé des réserves de matériel dans le pays. À Genève, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu’elle envoyait à l’heure actuelle assez de médicaments et d’autres produits pour « couvrir les besoins de 50 000 personnes pendant trois mois ».

Les Etats-Unis, le Canada, le Koweït et les Emirats arabes unis ont également proposé leur aide. Selon la NDMA, 2 000 tentes, 5 000 couvertures et autres produits ont été envoyés au Baloutchistan, mais le piètre état des routes fait obstacle à leur acheminement.

Avec l’aide de volontaires ou de personnel militaire, les ONG locales s’efforcent de fournir des vivres et une aide médicale aux sans-abri, et d’assurer leur hébergement. Le gouvernement a annoncé que les victimes seraient également indemnisées.

« Pas de tente ni de couverture »

« Ma famille et moi-même, y compris mes quatre jeunes petits-enfants, avons passé toute la nuit dehors ; nous n’avions nulle part où nous réfugier. Aucune tente, ni aucune couverture ne nous a été fournie. Nous avons juste pris nos couettes dans la maison et nous nous sommes blottis dessous », a raconté Zairaf Khan, 50 ans, qui vit à Ziarat.

Sa maison est intacte, mais elle est craquelée par endroits et la famille craint de retourner sous son propre toit. « Les secousses se poursuivent et cela veut dire que nous ne pouvons pas rentrer dans nos maisons ».

Selon Qamaruzzaman Chaudhry, directeur des services de météorologie, « 44 répliques ont été ressenties jusqu’ici ». D’autres sont attendues dans les prochaines 24 heures.

« Il faisait tellement froid que j’ai serré mes enfants près de moi et que je leur ai frotté le corps pour leur tenir chaud, parce que j’avais peur qu’ils ne tombent très malades », a raconté Raheema Bibi, une femme enceinte de 22 ans, victime du tremblement de terre à Ziarat. « Mes deux enfants ont déjà de la fièvre. Je suis très inquiète pour eux et pour moi-même ».

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