Poursuite des envois de vivres vers le nord malgré les pluies

L’envoi hebdomadaire de convois de vivres par les Nations Unies et le gouvernement pour les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) dans les régions du nord aux mains des Tigres de libération de l'Eelam tamoul va être maintenu, malgré les pluies de la mousson, ont annoncé les autorités onusiennes, à Colombo, la capitale du Sri Lanka.

La date fixée pour le troisième convoi depuis le retrait, le 16 septembre, des Nations Unies et d’autres organisations internationales de la région aux mains des Tigres, connue sous le nom du Vanni, était le 24 octobre, a expliqué à IRIN Gordon Weiss, porte-parole des Nations Unies.

Les organisations se sont retirées de la région conformément à une directive du gouvernement, émise face à l’insécurité croissante qui régnait dans le Vanni.

Depuis le 3 octobre, au moins 101 camions de vivres des Nations Unies ont été envoyés dans le Vanni, en plus de l’aide acheminée par le gouvernement. Le convoi envoyé chaque semaine par les Nations Unies transporte environ 750 tonnes de vivres.

« Le système de distribution des vivres fonctionne bien, avec le soutien des représentants du gouvernement dans le Vanni », a expliqué M. Weiss, « et il semble que les vivres parviennent aux PDIP même dans les villages reculés [du Vanni] ».


Photo: Contributor/IRIN

Problèmes de livraison

Les fortes averses qui se sont abattues sur le Vanni au cours des deux dernières semaines ont entraîné des problèmes de livraison et il est désormais d’autant plus important de fournir du matériel d’hébergement aux quelque 230 000 PDIP de la région, selon les responsables des Nations Unies et les autorités publiques.

« Les routes empruntées par les convois de vivres ont besoin de réparations », a expliqué Imalda Sukumar, représentante du gouvernement dans la division administrative de Mulaithivu, où plus de 155 000 habitants (soit environ 39 000 familles) ont été déplacés. « Nous avons reçu des fonds de la part du gouvernement pour réparer la route et nous allons bientôt commencer les travaux ».

Mme Sukumar a expliqué que 30 millions de roupies (environ 300 000 dollars) avaient été alloués aux travaux de réparation, dont la moitié devait être débloquée immédiatement.

Les convois ne peuvent plus emprunter l’autoroute A9, le meilleur itinéraire pour se rendre dans le Vanni, en raison des affrontements ; ils doivent désormais emprunter un axe nord-est à partir de Puliyankulam, environ 15 kilomètres au nord du point de passage d’Omanthai, qui sépare le Vanni des régions sous autorité gouvernementale.

« Ce n’est pas un trajet facile, surtout avec 50 poids lourds chargés de matériel qui circulent pendant [la saison des] pluies », a expliqué M. Weiss à IRIN.

Le dernier convoi des Nations Unies a été retardé de plus de deux heures lorsque deux camions se sont enlisés dans de profonds nids-de-poule. Les pluies ont également soulevé des préoccupations concernant l’hébergement des PDIP, selon M. Weiss.


Photo: Contributor/IRIN
Des enfants déplacés étudient en plein air, dans le Vanni

Selon les évaluations des Nations Unies, des milliers de familles sont actuellement hébergées dans des refuges temporaires, installés dans des rizières, sujettes aux inondations.

« Avec les pluies, il faut fournir du matériel d’hébergement et nous cherchons actuellement le moyen de transporter ce matériel sur place », a indiqué M. Weiss.

Risques sanitaires

Selon Mme Sukumar, bien que la plupart des PDIP séjournent dans des régions situées à basse altitude, aucune inondation importante n’a été signalée dans les camps.

« Il y a néanmoins un risque sanitaire. La plupart de ces gens vivent en plein air, sans toilettes convenables », a-t-elle expliqué. « Avec les pluies, les maladies hydriques sont une menace, surtout chez les enfants ».

D’après M. Weiss, des cas de diarrhée ont notamment été signalés chez les PDIP. « Des cas de diarrhée ont été déclarés ; il faut distribuer aux PDIP des traitements de réhydratation orale au sel ».

M. Weiss a expliqué à IRIN que « l’alimentation reste notre première priorité pour le moment, suivie de l’hébergement et du matériel sanitaire ».

M. Weiss a également souligné l’importance d’assurer que les convois soient envoyés régulièrement afin de pouvoir conserver une capacité de fret suffisante pour couvrir les besoins essentiels des populations déplacées.

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