Les autorités appelées à protéger les rescapés du génocide

Alors que le Rwanda célèbre le 8 avril la journée internationale de réflexion sur le génocide, les autorités sont invitées à renforcer la protection des rescapés du génocide qui reçoivent des menaces de mort.

« Les autorités rwandaises doivent prendre des mesures draconiennes pour mettre fin à toute atrocité contre les rescapés du génocide », a indiqué Théodore Simburudali, président d’une organisation baptisée Ibuka, « souviens-toi » en Kinyarwanda, qui chapeaute les associations des rescapés du génocide.

Les autorités ont manqué de rigueur dans l’arrestation et les poursuites judiciaires engagées à l’encontre des personnes accusées du meurtre de certains rescapés du génocide, a-t-il poursuivi. M. Simburudali a notamment cité les meurtres, par des individus non identifiés, de témoins et de juges ayant siégé dans des tribunaux « gacaca » de différentes régions du pays.

Le système de justice gacaca est un système coutumier d’audience mis en place par les autorités rwandaises pour juger les personnes ayant joué un rôle mineur lors du génocide de 1994 afin de désengorger les tribunaux officiels.

« Selon les estimations des organisations humanitaires, au moins 800 000 personnes, en majorité des membres de l’ethnie tutsie, ont été tuées en 1994 »

« Les autorités disent parfois que les motifs des meurtres sont [autres], mais c’est une manière de chercher un bouc émissaire », a-t-il confié à IRIN.

Au moins huit rescapés du génocide ont été tués au cours des deux dernières semaines dans différentes régions du pays, a-t-il ajouté, mais un seul présumé coupable a été appréhendé. Le tout dernier incident a été le meurtre d’un jeune rescapé du génocide qui était élève dans un collège de Rubengera, dans l’ouest du pays.

Selon les estimations des organisations humanitaires, au moins 800 000 personnes, en majorité des membres de l’ethnie tutsie, ont été tuées en 1994.

Divers événements auront lieu dans tout le pays dans le cadre de la semaine de commémoration, entre le 7 et le 13 avril, organisée sur le thème : « Commémorons le génocide tout en combattant l’idéologie du génocide et apportons une aide aux rescapés tout en travaillant pour le développement ».

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