Les survivants du tremblement de terre se plaignent des mauvaises conditions d’hébergement

Les survivants du séisme qui a frappé le sud-ouest du Rwanda au début du mois de février se plaignent que leurs besoins d’hébergement ne sont pas correctement couverts, malgré les efforts déployés par ailleurs pour leur fournir d’autres produits de première nécessité.

« Les conditions de vie pénibles auxquelles nous sommes confrontés chaque jour restent largement ignorées, en dépit des secours que nous avons reçus dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre », a déploré Gaston Minani, père de cinq enfants, dont la maison a été détruite dans le district de Rusizi.

La plupart des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) vivent sous des tentes ou dans des salles bondées, dont bon nombre servaient de dortoirs d’école. Dans certains cas, des centaines de personnes ont été contraintes de partager des dortoirs prévus pour 20 élèves seulement.

Au moins 43 personnes ont été tuées et des centaines d’autres déplacées depuis que des séismes de différentes amplitudes ont frappé les régions de Rusizi et Nyamasheke, dans le sud-ouest du Rwanda, et la région du Kivu, en République démocratique du Congo, entre les 3 et 15 février.

Au Rwanda, environ 1 201 familles ont perdu leurs maisons et une vingtaine d’écoles primaires et quatre établissements secondaires ont subi des dégâts.

« Je ne pense même pas au bétail que j’ai perdu ni à ma maison détruite », a indiqué Thérèse Nyirambababazi. Cette mère de famille de 38 ans fait partie des déplacés hébergés dans le camp de Gihundwe.

« Je ne pense qu’à mon mari et à mon frère qui ont perdu la vie. Nous dormions lorsque le tremblement de terre a secoué et détruit notre maison. Je ne sais pas comment j’ai réussi à m’échapper avant que les murs ne s’effondrent », a-t-elle raconté à IRIN. « Des familles entières ont été écrasées et sont mortes dans leurs lits ».

Selon Pénélope Kantarama, gouverneur de la province Occidentale, la distribution de l’aide alimentaire aux victimes se poursuit dans les régions isolées des districts de Rusizi et de Nyamasheke.

Le gouvernement rwandais, la Croix-Rouge locale, les agences des Nations Unies et l’organisation non-gouvernementale (ONG) World Vision fournissent divers types d’assistance aux victimes.

Quelque 700 kits familiaux, dont des bâches en plastique, des couvertures et d’autres produits, ont déjà été distribués, mais selon le gouvernement rwandais, 501 kits familiaux supplémentaires sont nécessaires. Au cours de sa conférence de presse du 14 février, le Premier ministre rwandais, Bernard Makuza, a indiqué que les colis humanitaires contenaient des ustensiles de cuisine, des couvertures et des matelas.

Des équipes médicales ont également mis en place des cliniques mobiles et apporté une aide nutritionnelle aux populations.

« Tous les déplacés ne sont pas hébergés dans des camps. Certains vivent actuellement parmi les habitants des villages qui n’ont pas été frappés par le séisme », a indiqué Jean-Pierre Turatsinze, le maire de Rusizi.

Certaines victimes se plaignent de cas de malnutrition chez les enfants et de mauvais systèmes d’assainissement, qui pourraient provoquer des diarrhées dans les camps.

Plusieurs habitants de Rusizi et de Nyamasheke ont dit qu’ils hésitaient à retourner chez eux parce que des répliques sismiques avaient été ressenties depuis leur départ.

La région du sud-ouest du Rwanda, proche du lac Kivu, est située dans une zone de la vallée du Grand Rift est-africain où les mouvements de plaques tectoniques sont fréquents.

De l’autre côté de la frontière, dans l’est de la République démocratique du Congo, une nouvelle secousse, suivie de plusieurs répliques, a été ressentie dans la ville de Bukavu et aux alentours le 27 février, selon des vulcanologues.

D’après Dieudonné Wafula, responsable du centre volcanique de Goma, un tremblement de terre d’une amplitude de 4,7 sur l’échelle de Richter a été ressenti à 4h07.

« Le tremblement de terre a été suivi de quatre ou cinq répliques qui ont semé la panique parmi les habitants de Bukavu, alors que ceux-ci commençaient à oublier les précédentes secousses et retournaient dans leurs maisons pour y passer la nuit », a indiqué M. Wafula. Sept personnes sont mortes et 44 autres ont été blessées pendant le premier tremblement de terre du 3 février.

La dernière secousse n’aurait fait aucun blessé et une mission d’évaluation est en cours pour déterminer si elle a occasionné des dégâts matériels.

D’après Bonga Laisi, le maire de Bukavu, 3 465 maisons et édifices publics ont été endommagés par les précédentes secousses.

at-ei/jn/mw/ads/nh/ail