Les ex-combattants désarment avant la fin de l'ultimatum

A quelques jours de la date du 30 juin, ultimatum fixé par les Forces armées Congolaises pour désarmer, plus d’un millier d’ex-combattants sont arrivés dans les sites de désarmement installés en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ont indiqué les autorités de commission de désarmement.

« J'ai déposé les armes pour enfin reconstruire mon pays », a lancé mercredi Ngajole LIPRI, un chef milicien venu sur un site de désarmement à Bunia, la capitale du district de l’Ituri, dans la province Orientale.

Très contente de sortir, Sylvie Mave une ex-combattante de 20 ans, a lancé un appel aux autres ex-combattants restés dans la brousse.

« Nous ne sommes plus exposés à la vie pénible de la brousse... »
Le nombre d’ex-combattants ayant rendu leurs armes dans les douze sites de désarmements du district est impressionnant, a souligné un membre de la Commission nationale de désarmement et de réinsertion (CONADER).

Selon François Nguz, responsable adjoint du bureau communautaire de la CONADER en Ituri, un site prévu pour accueillir 100 ex-combattants par jour en a reçu 280 en deux jours, et parmi eux, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a identifié 18 enfants dont une fille.

A Nizi (28 km au nord), Fataki (90 km au nord) et à Dele, à l'entrée sud de Bunia, ce sont près de 600 ex-combattants qui ont déposé leurs armes, a souligné Stany Kituma un responsable de site.

« Vu qu'ils désarmement massivement, nous comptons doubler la capacité d'accueil dans le site pour recevoir jusqu'à 800 ex-combattants » a dit Jean Claude Diyongo, assistant de la CONADER Ituri dépêché spécialement de Kinshasa pour la sensibilisation.

« Ce sont les vrais miliciens qui se battaient dans la brousse qui déposent leurs armes. Ce qui n'était pas le cas avant », a commenté un agent qui a requis l’anonyme.

Arrivés à Bunia, ils sont fouillés à l'entrée du site par les Casques bleus du contingent marocain, avant d'être briefés sur leur séjour au site.

Ensuite, ils reçoivent un Kit d'entrée pour leur séjour de 2 jours sur le site, kit fait de casseroles, pantalons, brosse à dents, sous-vêtements, tricots, nattes, bidon et sandales.

La CONADER procède ensuite à l’identification par l’iris des ex-combattants. Ce test a pour but d’identifier les ex-combattants qui seraient retournés une deuxième fois dans la brousse après un premier désarmement. Selon la CONADER, aucun récidiviste n’a été identifié.

Une fois les ex-combattants désarmés, la CONADER procède à leur orientation en leur proposant une incorporation dans l’armée ou un retour à la vie civile dans la communauté de leur choix. Jusqu’à présent, aucun n’a choisi l’armée.

« Les ex-combattants font le choix de rester dans leur terroir », a souligné M. Diyongo. « En outre, ils gagnent plus en se réinsérant dans la communauté ».

Avant de quitter les sites de désarmement chaque ex-combattant reçoit une paie de 110 dollars américains et un kit de sortie comprenant 2 casseroles, une radio, des bâches. Un certificat de désarmement leur est également délivré.