L'explosion d'un camion citerne fait 54 morts dans le nord du Bénin

Cinquante-quatre personnes sont mortes et des dizaines d’autres ont été brûlées mercredi dans l’explosion d’un camion citerne alors qu’elles tentaient de siphonner l’essence des cuves du véhicule, ont indiqué des sources proches de la police et de l’hôpital.

Selon les informations fournies par la police, le bilan des victimes s’est alourdi vendredi, passant de 39 à 54 et, à l’hôpital, une dizaine de personnes se trouve encore dans un état critique.

Ce matin, Boniface Sambieni, directeur de l’hôpital religieux Saint Jean de Dieu de Tanguiéta, a indiqué qu’une vingtaine de personnes sur les soixante blessés a été brûlée au troisième degré et que leur état est très préoccupant. Vingt-trois personnes sont mortes sur le champ dans l’incendie qui s’est déclaré mercredi nuit dans le nord-ouest du Bénin.

L’hôpital n’a pas de draps ni de médicaments pour faire face à ce genre de problème, a expliqué M. Sambieni, et certains brûlés ont dû être traités dans une salle de réunion transformée pour la circonstance en salle de soins. Paul Tawema, le préfet de la région, a donné l’assurance que des agents de santé et des médicaments supplémentaires seront acheminés urgemment dans le nord pour sauver ceux qui peuvent l’être encore.

A propos de l’origine du drame, M. Sambieni a expliqué qu’il ignorait les circonstances dans lesquelles il s’est produit. Il s’est rendu dans la nuit sur les lieux du drame à Tega, un village situé à 700 Kms au nord-ouest de Cotonou, et a pu organiser les évacuations des brûlés en dépit de l’absence d’ambulance.

Selon le correspondant de l’Agence Bénin Presse, le chauffeur du camion citerne, qui contenait de l’essence, se rendait au Mali et a perdu le contrôle de son véhicule qui s'est renversé. Les villageois ont accouru sur les lieux pour siphonner l’essence, mais une étincelle provenant du moteur encore chaud a mis le feu au véhicule.

A en croire le correspondant de la télévision privée canal 3, le camion a pris feu lorsque les populations se sont rendues sur les lieux de l'accident avec des lampions dans le but de siphonner le carburant.

Le drame de cette semaine est le tout dernier d’une longue série de catastrophes liées à la manipulation de l’essence.

Petit Etat de l’Afrique de l’ouest, le Bénin fait partie des 20 pays les plus pauvres de la planète, selon les statistiques des Nations unies, et un tiers de la population béninoise vit en dessous du seuil de pauvreté. En outre, le pays a connu une grave pénurie de produits pétroliers due à la hausse des cours mondiaux du pétrole et à la désorganisation des circuits d’approvisionnement locaux.

Avec le Nigeria comme voisin, premier pays africain producteur de pétrole, l’essence bon marché ou de contrebande passe facilement la frontière et permet de pallier les pénuries de carburant. Malheureusement, ce trafic est parfois à l’origine de nombreux drames.

L’année dernière, en plein centre de Cotonou et à une heure de pointe, quatre personnes sont mortes brûlées vives et plusieurs boutiques et feux tricolores ont été réduits en cendre lorsque les jerrycans d’essence de contrebande d’un trafiquant ont explosé à la suite d’un accident de la circulation.