Les pygmées demandent un plus large accès à la propriété et à l'éducation

Les représentants des Batwa (communément appelés les "pygmées") de quatre pays des Grands Lacs, ont demandé à leurs gouvernements respectifs de prendre urgemment des mesures leur garantissant un accès plus large à la propriété et à l'éducation.

"Les enfants batwa ne vont pas à l'école ou sont obligés d'abandonner le cursus scolaire, car leurs parents n'ont pas de champ à cultiver," a
affirmé, Liberate Nicayenzi, seule parlementaire burundaise issue de la
communauté batwa. Elle s'exprimait à l'occasion d'une conférence pour
l'intégration sociale des Batwa qui se tient de lundi à jeudi dans la
capitale du Burundi, Bujumbura.

"Les enfants Batwa ne peuvent pas aller à l'école s'ils ont faim," a
expliqué Mme Nicayenzi. "Les obstacles à l'accession à la propriété
empêchent les enfants batwa d'aller à l'école. Nous incitons le gouvernement
à adopter un programme clair de distribution de terres aux familles Batwa qui ne sont pas propriétaires de champs."

Bien que des progrès aient été constatés pour l'éducation des Batwa,
beaucoup reste encore à faire, a-t-elle précisé.

"Aujourd'hui, nous comptons quatre étudiants batwa à l'université du
Burundi, 100 à l'école secondaire, et 3.000 dans le primaire," a-t-elle
détaillé. "C'est une étape pour le développement et l'intégration sociale
des Batwa, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires."

Les Batwa sont un peuple de chasseur originaire des forêts de l'Afrique
centrale. Dans les Grands Lacs, ils sont présents au Burundi, en Ouganda,
dans la République démocratique du Congo (RDC) et au Rwanda. Certains sont aussi installés au Cameroun, en République centrafricaine, au Gabon et en République du Congo.

La conférence réunit des participants du Burundi, du Rwanda, de la RDC et de
l'Ouganda. Elle a été organisée par une organisation pour la promotion des
droits des 'pygmées' au Burundi, Unissons pour la promotion des Batwa
(Uniproba) avec la collaboration du Minority Rights Group International,
basé au Royaume-Uni.

La conférence a été organisée dans le but de faire pression sur les
gouvernements afin de lutter contre la marginalisation des Batwa dans la
région, a expliqué lundi à IRIN, Mme Nicayenzi, la représentante aussi de
l'Uniproba.

Des recommandations sur l'intégration sociale des Batwa seront adressées aux
gouvernements à la fin de cette conférence.