Un tribunal innocente un ancien ministre accusé de trahison

L'ancien ministre de la Défense de la République centrafricaine,
Jean-Jacques Demafouth, a été acquitté lundi d'accusations voulant qu'il ait organisé un Coup d'État contre le président Ange-Félix Patasse, a rapporté la station de radio d'État Radio Centrafrique.

"La cour n'a pas vu de preuves suffisantes démontrant que Jean-Jacques Demafouth ait commis quelque chose qui aurait pu attenter à la sécurité intérieure et publique, en mai 2001", a déclaré Zacharie N'douba, président de la Cour pénale nationale.

"C'est un verdict juste. Tous savaient qu'il n'y avait aucune charge contre M. Demafouth", a affirmé à IRIN Nicolas Tiangaye, l'un des trois avocats chargés de défendre M. Demafouth.

Le procureur en chef, Joseph Bindoumi, avait réclamé de la cour l'imposition d'une sentence de 20 ans d'emprisonnement contre M. Demafouth. Le procès de ce dernier, tout comme ceux de 80 co-accusés et de 600 autres fugitifs condamnés par contumace, était retransmis par la radio d'État. L'ancien président, André Kolingba, et ses trois fils font partie des accusés
condamnés à mort par contumace.

M. Demafouth a été libéré de la prison où il était détenu depuis son
arrestation, en août 2001, sur présomption d'avoir planifié un coup d'État avec l'aide de Jean-Pierre Bemba, le chef du Mouvement de libération du Congo, un groupe rebelle de la République démocratique du Congo. Le bureau du procureur prétendait que ce Coup d'État avait échoué à cause de la tentative avortée de renversement montée par M. Kolingba, qui était survenue
en premier, le 28 mai 2001.

Durant la session préliminaire de son procès, plus tôt cette année, M.
Demafouth avait réfuté avoir été impliqué dans quelque tentative de Coup d'État que ce soit. Il avait proclamé sa loyauté envers M. Patasse et accusé l'entourage de celui-ci d'avoir orchestré son arrestation.