Les enseignants exigent une augmentation de salaire de 40 pour cent

Les enseignants guinéens ont lancé lundi une grève illimitée pour exiger une augmentation de salaire de 40 pour cent. En l’absence de cours, de nombreux élèves sont descendus dans les rues de la capitale Conakry, mais leurs manifestations contre les autorités ont été réprimées par la police anti-émeute.

Selon Bamba Camara, le secrétaire général de la fédération des enseignants guinéens, la grève générale a été décrétée pour exiger une augmentation de salaire de 40 pour cent et l’application totale du protocole 2000 signé avec le gouvernement et qui fixe le barème des augmentations de salaire des enseignants.

Un enseignant guinéen gagne en moyenne 250 000 francs guinéens (70 dollars américains) par mois ce qui lui ne permet plus de vivre décemment étant donné les importantes hausses des prix des denrées alimentaires et des transports enregistrées l’année dernière.

La dernière grève des enseignants en 1991 avait paralysé tout le système scolaire de la Guinée et contraint le gouvernement à doubler le salaire des enseignants.

A en croire leur fédération, la nouvelle grève pourrait compromettre la réouverture de l’université de Conakry prévue mardi, cette grève ayant le soutien des professeurs.

L’université avait été fermée par les autorités à la mi-décembre après trois semaines de grève et de manifestation orchestrées par les étudiants qui protestaient contre le projet du gouvernement de détruire leurs foyers pour construire à la place de nouveaux amphithéâtres.

La situation économique de la Guinée fait de plus en plus de mécontents parmi les huit millions d’habitants que compte le pays. L’augmentation du coût des denrées alimentaires de base, de la facture d’électricité et les salaires impayés des fonctionnaires ont amené les anciens cheminots, les étudiants, les mineurs et des citoyens en colère à manifester dans les rues au cours des derniers mois. Les enseignants sont les derniers à exprimer leur colère et leur frustration.

"Les salaires des enseignants sont ridicules et leurs conditions de vie sont pénibles", a indiqué Camara à IRIN. "Rien que le transport représente la moitié de leur salaire, alors qu’ils ont d’autres charges comme le loyer, les factures d’électricité et d’eau. Et vous savez, le prix d’un sac de riz aujourd’hui vous coûte entre 60 000 francs (17 dollars) et 80 000 francs (22 dollars)", a t-il conclu.