26 condamnations à mort et 45 acquittements au procès pour le meurtre du président Kabila (père)

Mardi après-midi, dans la capitale de la République démocratique du Congo
(RDC), Kinshasa, la Cour d'ordre militaire a prononcé une sentence de mort contre 26 accusés et acquitté 45 autres personnes inculpées pour implication dans l'assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, qui a dirigé la RDC de mai 1997 à janvier 2001.

On compte parmi les condamnés à mort le colonel Eddy Kapend, l'ancien aide
de camp de M. Kabila. M. Kapend a été identifié comme le meneur des
meurtriers. La cour a cependant disculpé Fono Onokoko, l'épouse de Rashidi Mizele, le garde du corps de M. Kabila, qui, selon les procureurs, a abattu M. Kabila le 16 janvier 2001.

Les avocats de la défense ont dit déplorer le nombre élevé de condamnés à mort parmi les 135 inculpés de ce procès qui s'est déroulé durant les 10 derniers mois. Ces avocats ont ajouté qu'ils s'efforceraient de faire renverser le verdict.

"En vertu du serment que prêtent les avocats dans ce pays, nous n'avons plus le droit d'interjeter appel, ni de nous opposer [au verdict]", a déclaré à IRIN l'avocat de M. Kapend, Franck Mulenda. Ainsi, a-t-il ajouté, le seul recours dont disposent les avocats consiste à prendre des "mesures extraordinaires". Dans ces circonstances, l'équipe de la défense pourrait devoir adresser une pétition à la Cour suprême, voire au président actuel du pays, Joseph Kabila, fils du président assassiné.

"De toutes façons, les procédures [judiciaires] normales exigent que l'on ne procède pas aux exécutions aussi longtemps que les avenues possibles en vue d'être épargnés, n'auront pas été épuisées", d'indiquer Odia Kayembe, un autre avocat de M. Kapend.

La plupart des condamnés à mort étaient membres de l'armée. Amnesty
International et d'autres organismes de défense des droits de l'homme ont
exprimé leurs vives préoccupations à l'égard de leur sort après que le
procureur militaire, dans sa plaidoirie, ait réclamé la peine capitale pour 115 des détenus. Les organismes de défense des droits de l'homme ont aussi fait part de leurs préoccupations devant la détention de personnes arrêtées en raison de leurs relations avec des accusés. "Nous allons exercer des pressions pour faire relâcher les épouses arrêtées à la place de leurs maris", de confier Eley Lofele, président de l'Association internationale
des avocats de la défense.