La société civile exige de nouveaux financements du Fonds mondial

Des organisations de la société civile africaine ont appelé lundi les bailleurs de fonds, et notamment le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à tenir leurs promesses et à ne pas les abandonner face au sida.

«Nous, en tant que délégation d’une communauté de 50 millions de personnes ayant un besoin urgent de ressources vitales fournies par le Fonds mondial, appelons au lancement du sixième cycle de financement lors de son 13e conseil d’administration à Genève», explique cet appel, lancé au Nigeria par Action positive pour l’accès au traitement (PATA, Positive Action for Treatment Access) et l’Association des jeunes qui vivent positivement avec le VIH/SIDA (APYIN).

Le Fonds mondial a précisé à PlusNews que la décision d’ouvrir un sixième cycle de financement sera prise lors de son conseil, qui se tiendra du 26 au 28 avril prochain à Genève, en Suisse, où se trouve le siège de cette institution de financement, créée en 2001 pour financer la lutte contre les trois épidémies.

«Au cours de ces cinq dernières années, le Fonds mondial est devenu un symbole d’espoir et d’inspiration», poursuit la société civile, qui dit craindre que la dynamique obtenue jusqu’ici retombe si le sixième cycle de financement ne démarre pas lors de ce conseil d’administration.

«Nous faisons entendre la voix des gens de pays qui ont été «encouragés à soumettre de nouveau» leurs propositions après qu’elles aient été rejetées par le cinquième cycle, en 2005, et pour lesquels un nouveau report signifiera des souffrances et des morts inutiles», expliquent les associations signataires.

Les financements du Fonds mondial, qui figure parmi les plus grands bailleurs des campagnes de lutte contre les épidémies dans le monde, pourraient en effet ne pas être suffisants pour lancer de nouveaux programmes en 2006 ou assurer la continuité de ceux qui sont actuellement en cours, selon l’institution.

En septembre 2005, seuls 3,7 milliards de dollars ont pu être collectés sur les 7,5 milliards nécessaires à la lutte contre le sida.

«Nos membres s’inquiètent que, non seulement les nouvelles ressources ne seront pas disponibles avant 2007-8, mais aussi que les subventions en cours pourront connaître des à-coups, alors que de nombreux financements, accordés lors des précédents cycles, arrivent à leur terme et doivent être reconduits lors du sixième cycle», poursuivent les auteurs de l’appel.

«Six millions d’entre nous meurent déjà chaque année des trois épidémies. Retarder de nouveau le lancement du sixième cycle serait amoral et inacceptable», concluent-ils.

De leur côté, les responsables des institutions financières internationales rappellent que parvenir à mettre efficacement en place ces programmes est aussi important que de collecter des fonds pour les lancer.

Ainsi, si l’impact des programmes qu’ils financent contre le VIH/SIDA en Afrique ne peut être mesuré, les ressources seront de plus en plus difficiles à mesurer, ont-ils prévenu.

«Il est important que les pays africains s’assurent avant tout que l’argent qu’ils reçoivent soit dépensé à bon escient, car si l’argent est bien utilisé, davantage de fonds seront versés à l’avenir», avait expliqué Kingsley Moghalu, le responsable des partenariats au Fonds mondial, en marge de la 14e Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA), au Nigeria, du 4 au 9 décembre 2005.