L’approvisionnement en ARV génériques n’est plus menacé - autorités

Les autorités congolaises ont affirmé vendredi que la menace de rupture d’approvisionnement en médicaments antirétroviraux était levée, le paiement des factures des laboratoires pharmaceutiques étant en cours.

“Le gouvernement a amorcé le paiement des factures concernant la fourniture des ARV (antirétroviraux) et a pris les dispositions qui s'imposent pour que cette situation ne se répète plus”, a indiqué le Comité national de lutte contre le sida (CNLS) dans un communiqué publié à l’issue de la première réunion du comité de pilotage du CNLS.

En février, le laboratoire SAI Pharma, filiale du géant pharmaceutique indien Cipla, avait menacé le gouvernement congolais de suspendre ses exportations d’ARV génériques vers le Congo si ce dernier ne payait pas ses factures en souffrance, d’un montant de 430 000 dollars pour la période 2003-2004.

“Le problème des arriérés de paiement a été résolu”, a dit Shailesh Pednekar, responsable des exportations de Cipla, à PlusNews, sans donner plus de détails.

“L’approvisionnement en ARV au Congo n’a jamais été interrompu”, a-t-il affirmé en réponse aux rumeurs selon lesquelles l’approvisionnement en ARV n’était déjà plus assuré.

Ces derniers mois, des informations insistantes, corroborées par des personnes vivant avec le VIH et des sources hospitalières anonymes, laissaient entendre que seules les infections opportunistes pouvaient encore être traitées au Congo, les ARV n’étant plus disponibles.

Ces informations ont été démenties par Marie Franck Purhuence, secrétaire exécutif du CNLS, et mises en doute par des organisations internationales travaillant sur place.

Alphonse Gando, nouveau ministre congolais de la Santé et de la Population nommé en janvier, a affirmé que l’un des premiers dossiers trouvés sur son bureau au moment de sa prise de fonction était celui des ARV.

“Il a fallu le traiter d'urgence au regard de son importance”, a-t-il indiqué.

En février, plusieurs associations s’étaient mobilisées pour faire face à la menace brandie par SAI Pharma. Ainsi, l’association congolaise pour la défense des droits des consommateurs (ACDDC) avait adressé une lettre au Premier ministre pour lui demander de “prendre ses responsabilités vis-à-vis des malades du sida en évitant la rupture prolongée de la fourniture d’antirétroviraux par les laboratoires pharmaceutiques”.

“Nous avons voulu attirer l'attention du gouvernement sur cette question cruciale qui risquait de contredire sa volonté affichée de lutter contre la pandémie”, avait dit Dieudonné Moussala, président de l’ACDDC, à PlusNews.

En juin 2003, le Congo a lancé le programme ‘Initiative congolaise d’accès aux antirétroviraux’ (ICAARV), avec le soutien des Nations Unies. Depuis le lancement de ce programme, le prix du traitement ARV a chuté. Il coûte désormais entre 5 000 et 20 000 francs CFA (de neuf à 36 dollars) par mois contre 300 000 à 400 000 francs CFA auparavant (de 550 à 740 dollars).

Environ 2 500 personnes vivant avec le sida ont été sélectionnées pour participer à ce programme. Elles reçoivent leur traitement antirétroviral dans des centres spécialisés à Brazzaville et à Pointe-Noire, les deux principales villes du Congo qui abritent 80 pour cent des quelque 100 000 malades que compte officiellement le pays.

Les dernières données de l’étude de séroprévalence réalisée par le CNLS avec l’appui de la Banque mondiale, en novembre 2003, indiquent un taux de prévalence national de 4,2 pour cent avec des disparités géographiques importantes. Le programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (Onusida) l’estime à 4,9 pour cent.