Lueur d’espoir après l'attribution du marché des antirétroviraux génériques

Avec plusieurs mois de retard, l’Afrique du Sud a attribué le marché de la fabrication des médicaments antirétroviraux à sept laboratoires pharmaceutiques, parmi lesquelles la société sud-africaine Aspen Pharmacare.

Stéphane Saad, le directeur général d'Aspen, a indiqué à Plusnews que sa société s'était taillée la part du lion parmi toutes les entreprises retenues pour produire les antirétroviraux requis dans le cadre du programme de traitement gratuit lancé par le gouvernement.

«Notre entreprise a obtenu l'exclusivité de l'approvisionnement pour six médicaments et fournira 60 à 80 pour cent des trois autres médicaments proposés», a confirmé Saad.

La société, qui approvisionne déjà les marchés sud-africain et étranger en antirétroviraux génériques, a récemment obtenu l'agrément des autorités américaines de régulation (Food and Drug Administration, FDA) pour fournir des versions moins onéreuses d'antirétroviraux dans le cadre du plan d'urgence du président Georges Bush pour lutter contre le sida (Pepfar).

L’objectif du programme Pepfar, doté de 15 milliards de dollars sur cinq ans, est de financer le traitement de deux millions de personnes vivant avec le sida et les soins de 10 millions de personnes dans 15 pays, essentiellement en Afrique.

Pointant du doigt les "nombreux obstacles" rencontrés par Aspen dans le processus d'attribution du marché, Saad a indiqué que sa société se réjouissait d'avoir obtenu une si large part du contrat.

"Je suis persuadé que cela sera un grand pas en avant pour accélérer le programme d’accès aux soins et aux traitements contre VIH/SIDA», a-t-il indiqué.

Le programme d'accès aux soins, mis en place par les autorités sud-africaines en novembre 2003, n'a pas atteint son objectif, qui était de traiter gratuitement 53 000 personnes séropositives en mars 2004.

Les activistes de la lutte contre le sida de l’organisation Treatment Action Campaign ont critiqué la trop lente mise en place de ce programme, estimant que seules 33 000 personnes sont actuellement sous ARV dans les services publics.

Toutefois, l’offre américaine, d'une valeur de 573 millions de dollars sur deux ans, devrait accélérer le programme du gouvernement et permettre à 500 000 personnes de recevoir des ARV.

Les multinationales pharmaceutiques Boehringer Ingelheim, Bristol Meyers Squibb, MerckSharpe et Dohme, GlaxoSmithKline et Abbot Laboratories fourniront quant à elles les médicaments de marque, plus onéreux.