Les comportements à risque restent la règle chez les jeunes

Les organisations de lutte contre le VIH/SIDA au Gabon déplorent que les comportements sexuels à risque demeurent la règle chez les jeunes et les étudiants malgré l’intensification des campagnes de prévention.

«Il est inquiétant que, malgré les efforts déployés pour sensibiliser les jeunes, leurs comportements changent très peu. Le réflexe qui consisterait à utiliser systématiquement des préservatifs lors des rapports sexuels tarde à venir,» a dit Christian Mbouiri, un sociologue qui participe aux programmes de prévention contre le virus.

Le Comité de lutte contre le VIH/SIDA du ministère de l’Education nationale (Colusimen) mène depuis cinq mois une campagne de sensibilisation aux modes de transmission et de prévention dans les collèges et les lycées du pays.

Selon le ministère, plus de 300 000 élèves des secteurs publics et privés devraient être informés par leurs enseignants des risques qu’ils courent à ne pas se protéger lors des rapports sexuels.

Près de la moitié des garçons âgés de 15 à 19 ans ont leur premier rapport sexuel à 15 ans, contre un quart des jeunes filles. La moitié des élèves interrogés lors d’une étude menée en mars 2003 ont admis ne pas connaître les modes de transmission du VIH.

«La plupart des jeunes filles sont naïves et font totalement confiance à leur partenaire masculin», explique Marlène Ndjogou, en classe de terminale.

«Si le garçon est responsable et prend toutes les dispositions pour que la relation sexuelle soit propre et protégée, alors on élimine presque tous les risques d’infection au VIH/SIDA», a ajouté Ndogou. A 17 ans, Marlène a déjà une petite fille de huit mois.

Le taux de prévalence en milieu scolaire au Gabon est supérieur à deux pour cent mais il reste bien en-deçà de la moyenne nationale, évaluée à huit pour cent de la population adulte sexuellement active. Le Gabon est l’un des pays les moins peuplés d’Afrique centrale, avec 1,2 millions d’habitants.

Selon Blanche-Reine Mebaley, responsable du Colusimen, «l’évolution de la pandémie dépendra des efforts qui seront déployés pour prévenir l’infection chez les adolescents. Il faut tout faire pour repousser l’âge du premier rapport sexuel chez les jeunes, pour les inciter pousser à utiliser des préservatifs et à avoir des rapports sexuels avec des partenaires de la même génération».