« On n'était en sécurité nulle part » : témoignages de la ligne de front sud-soudanaise

Jason Patinkin
Reporter and regular IRIN contributor who has covered South Sudan's civil war since December 2013

Le comté de Leer, dans l’État d’Unity, est l’une des régions du pays les plus affectées par le conflit qui a éclaté de nouveau au Soudan du Sud en décembre 2013. Il s’agit de la terre natale du leader rebelle Riek Machar, un ancien vice-président, et de ses compatriotes du clan Dok, qui fait partie du groupe ethnique des Nuer.

Début 2014, les troupes gouvernementales et leurs alliés, notamment le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM, selon le sigle anglais), un groupe rebelle de la région soudanaise du Darfour, ont envahi la région. Depuis le mois de mai, Leer est la cible d’une vaste offensive menée par les forces du gouvernement contre les insurgés de M. Machar. Pour cette offensive, les soldats dépendent de l’aide des milices loyalistes Nuer, et en particulier des membres des clans Bul et Jaggey, qui viennent respectivement des comtés de Mayom et de Koch.

Les affrontements se sont poursuivis à Leer après que M. Machar et le président Salva Kiir, un Dinka, eurent signé séparément un accord de paix en août.

Toutes les parties au conflit ont commis de nombreux abus contre les civils. Des rapports publiés récemment par les Nations Unies et Human Rights Watch (HRW) documentent les meurtres et les viols commis cette année par les forces du gouvernement.

De nombreux civils de Leer ont fui vers de petites îles des marécages – les « tuochs », comme on les appelle là-bas – pour échapper aux violences. Quelque 20 000 personnes ont quitté le comté et se sont réfugiées à Nyal, une ville située plus au sud où règne le calme. Là, les travailleurs humanitaires peuvent fournir une aide aux déplacés en toute sécurité. Voici quelques témoignages de survivants recueillis à Nyal.

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