Un vétéran des Nations Unies nommé à la tête du Sommet humanitaire mondial

Le Sommet humanitaire mondial (SHM) qui aura lieu l’an prochain est censé contribuer à remodeler le secteur de l’aide d’urgence, un secteur qui représente plusieurs milliards de dollars, afin de refléter des changements importants, notamment l’implication croissante d’organisations extérieures aux Nations Unies.

Le 13 octobre, après une semaine de spéculations, Antoine Gérard, un employé de longue date du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), a été nommé responsable du secrétariat du Sommet.

L’annonce, faite par le chef d’OCHA Stephen O’Brien, intervient à la suite de la démission surprise de Jemilah Mahmood en août dernier.

Voir : Démission de la représentante du Sommet humanitaire mondial

M. Gérard, qui est Français, est respecté par ses collègues pour son expérience sur le terrain, ses compétences techniques et sa franchise. Il ne correspond cependant pas du tout au profil qui, de l’avis général, était recherché par le secrétariat pour remplacer l’ancienne responsable : celui d’une femme importante non occidentale.

Par ailleurs, sa nomination ne contribuera pas vraiment à corriger la perception selon laquelle OCHA occupe une place de plus en plus importante dans les préparatifs du Sommet. À l’occasion d’une réunion préliminaire organisée à Genève le 13 octobre, des représentants d’ONG ont dit qu’ils avaient l’impression que leur travail était sous-représenté dans la synthèse des consultations régionales pré-Sommet réalisées auprès de 23 000 personnes dans le monde entier.

Voir : Quel espoir pour la réforme de l’humanitaire ?

Un rapport distinct sur lequel figure le nom du Secrétaire général des Nations Unies est actuellement rédigé par OCHA. Il contient ses recommandations pour le Sommet, qui doit avoir lieu à Istanbul dans sept mois.

Les réactions des participants à une consultation globale sur le Sommet organisée à Genève ont été tempérées. Certains ont dit craindre que M. Gérard n’ait ni le charisme de Mme Mahmood ni sa capacité à établir un dialogue avec les divers groupes de pression qui participent au processus du SHM.

« Il a de l’expérience sur le terrain, il a de l’expérience au niveau technique et c’est un homme de principes », a dit un haut représentant des Nations Unies. « Reste à savoir s’il a l’étoffe d’un rassembleur. Qu’est-ce qu’on attend de lui précisément ? Il est très difficile de savoir ce qui se produira entre cette rencontre et le mois de mai 2016. »

M. Gérard a commencé à travailler pour OCHA au Burundi en 2002. Il a ensuite occupé des postes à responsabilités au Zimbabwe, au Soudan et au sein du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest.

Il avait auparavant travaillé pendant plusieurs années avec l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF).

Imogen Wall a travaillé comme consultante pour diverses agences, y compris OCHA et le SHM. Elle est actuellement rédactrice d’IRIN pour la politique humanitaire.

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