La sélection d’IRIN : séparation, compassion et remodelage de l’aide

Voici la sélection hebdomadaire de recherches et d’articles humanitaires intéressants compilée par l’équipe éditoriale d’IRIN.


À lire : notre Top 5

From Somalia to Sweden: the refugee forced to live apart from his wife and child [De la Somalie à la Suède : un réfugié contraint de vivre séparé de sa femme et de son enfant]

Cet article raconte la triste histoire d’Amin Amey, un Somalien qui a cherché toute sa vie à quitter le camp de réfugiés de Dadaab, au Kenya, et qui, au moment de le faire, a dû laisser derrière lui sa nouvelle épouse et sa fille. « On dirait que le fait d’être Somalien nous rend coupables de quelque chose », fait remarquer M. Amey. City of Thorns: Nine Lives in the World’s Largest Refugee Camp [Ville d’épines : Neuf vies dans le plus grand camp de réfugiés au monde], l’ouvrage rédigé par l’auteur de l’article, Ben Lawrence, sera publié l’an prochain. Il brosse un tableau poignant des difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les réfugiés ainsi que des limbes juridiques dans lesquels nombre d’entre eux se retrouvent.

When photography campaigns for change [La photo pour promouvoir le changement]

Une interview avec le photographe Marcus Bleasdale, qui a récemment remporté la Médaille d’or Robert Capa de l’Overseas Press Club pour sa couverture de la crise en République centrafricaine (RCA) pour Human Rights Watch et le magazine National Geographic. L’interview offre une réflexion fascinante sur la façon dont le photojournalisme peut être un outil de promotion du changement. Elle soulève également des questions importantes en ce qui concerne l’influence médiatique croissante d’organisations non gouvernementales (ONG) comme Human Rights Watch.

Tikrit: Iraq’s Abandoned City [Tikrit, ville fantôme irakienne]

L’avocat et écrivain irakien Zaid Al-Ali dresse un portrait sombre de la ville de Tikrit, l’ancien fief baasiste – et le lieu de naissance de Saddam Hussein –, qui a récemment été libérée des griffes des militants de l’État islamique (EI). M. Al-Ali, qui a visité Tikrit à plusieurs reprises, fait la lumière sur les horreurs de la vie sous l’EI et les défis que les habitants doivent maintenant surmonter pour restaurer et reconstruire leur ville.

Secret Aid Worker: After years in the field, I worry I've lost my compassion [Travailleur humanitaire anonyme : Après plusieurs années sur le terrain, je crains d’avoir perdu ma compassion]

Dans ce billet anonyme écrit pour le Guardian, un travailleur humanitaire basé au Soudan du Sud traite des conséquences d’une exposition répétée à la souffrance humaine et de la façon dont celle-ci lui a fait perdre en partie la compassion qui l’avait poussé vers ce métier au départ. « C’est une voie dans laquelle il est dangereux de s’engager », souligne le blogueur. « S’il est nécessaire pour notre travail […] de s’habituer aux horreurs, aux urgences, aux situations qui ne devraient jamais se produire, cela nous amène évidemment à perdre toute compassion. » Un billet qui trouvera sans aucun doute un écho auprès des travailleurs humanitaires des quatre coins de la planète.

World Humanitarian Summit Regional Consultation for Latin America and the Caribbean [Consultation régionale du Sommet humanitaire mondial pour l’Amérique latine et les Caraïbes]

Des agences des Nations Unies, des ONG, des gouvernements donateurs et des acteurs locaux se sont réunis cette semaine à l’occasion de la consultation régionale du Sommet humanitaire mondial pour l’Amérique latine et les Caraïbes. L’événement de deux jours est largement passé sous les radars en Europe et au Moyen-Orient en raison du fuseau horaire de Guatemala Ciudad, où il avait lieu, mais il s’agissait malgré tout d’une étape importante. Consultez les documents préparés pour les parties prenantes afin d’en savoir plus sur les problématiques et les discussions concernant la région et ce qui pourrait se retrouver dans le programme final qui sera dévoilé à Istanbul en 2016.


À écouter :

Civil-military coordination in humanitarian protection [La coordination civilo-militaire dans la protection humanitaire]

Ce podcast du Programme sur la politique humanitaire et la recherche sur les conflits de l’Université Harvard (HPCR) aborde les politiques et les défis opérationnels associés à l’engagement civilo-militaire. Parmi les experts invités figurent : Michael Marx, conseiller principal en matière de coordination civilo-militaire auprès du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) ; Mohammad Fayyazi, conseiller en matière de politique humanitaire pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ; le général de brigade Ishtiaq Ahmed, de l’Autorité pakistanaise de gestion des catastrophes (National Disaster Management Authority, NDMA) ; et Al Shimkus, professeur de sécurité nationale au U.S. Naval War College.


À regarder :

Earthquake in Nepal [Tremblement de terre au Népal]

Une journaliste de VICE news s’est rendue à Bhaktapour, où la fédération bouddhiste locale tente de déblayer les décombres en l’absence des acteurs humanitaires internationaux. Elle s’est également entretenue avec Kunda Dixit, rédacteur en chef du Nepali Times, pour en savoir plus sur les réactions des Népalais à la suite du tremblement de terre et ce qu’ils pensent de la réponse du gouvernement.


À venir :

Internal displacement in Ukraine: Assessing the national response [Déplacement interne en Ukraine : Évaluer la réponse nationale]
15 mai 2015 – 10 h–11 h 30 EDT
Brookings Institution, Washington D.C.

Plus de 1,2 million de personnes ont été déplacées en Ukraine. Le projet Brookings-LSE sur les personnes déplacées dans leur pays organise cet événement en collaboration avec HIAS afin d’aborder la réponse du gouvernement ukrainien aux déplacements internes et la façon dont la communauté internationale peut soutenir ces efforts.

Une publication d’IRIN :

No husband, no home: Migrant wives struggle in Nepal [Pas d’époux, pas de maison : la situation difficile des femmes de travailleurs migrants au Népal]

Des millions d’hommes népalais travaillent à l’étranger afin de pouvoir offrir une vie meilleure à leur famille. Malgré l’argent qu’ils envoient, leurs femmes doivent souvent se battre pour joindre les deux bouts, en particulier si elles ont contracté une hypothèque pour l’achat d’une maison. Le tremblement de terre qui a frappé le Népal le 25 avril a bouleversé nombre de ces existences fragiles. Mallika Aryal s’intéresse à la situation désespérée de ces femmes qui doivent se débrouiller seules pour satisfaire leurs besoins et ceux de leurs enfants à la suite du séisme.

lr/ag -gd/amz