Les recherches se poursuivent pour retrouver les survivants du séisme au Népal

Le jour se lève sur les ruines des monuments historiques de la place du Darbar, à Katmandou. Les soldats et les secouristes volontaires tentent de procéder à l’enlèvement des débris. On craint en effet que des dizaines de personnes soient encore coincées sous les décombres.

La scène est semblable à Bhaktapour, le joyau culturel du Népal, une ville située à seulement 12 kilomètres de Katmandou. Les vieilles maisons de pierres se sont écroulées comme des châteaux de cartes lorsque le tremblement de terre a frappé. Ici aussi, on estime que des dizaines de personnes sont toujours coincées sous les décombres. Ceux dont les proches ont disparu espèrent désespérément que d’autres survivants seront découverts. L’ampleur de la destruction est effroyable. Certaines maisons se sont complètement effondrées, tandis que d’autres ont souffert de dommages irréversibles. Des murs ont été réduits à des piles de débris ; des photos et des effets personnels jonchent le sol, exposant d’une manière cruelle la vie privée des habitants.

Faibles espoirs

Les corps récupérés dans les décombres viennent alourdir le bilan du pire tremblement de terre qu’a connu le Népal depuis plus de 80 ans. À Bhaktapour, des moines bouddhistes accomplissent les rites précédant la crémation devant les familles endeuillées.

Plus le temps passe, plus les chances de retrouver des survivants sous les décombres s’amenuisent. Mais il y a encore de l’espoir.

Peder Damm, de la Croix-Rouge danoise, a dit à IRIN que les histoires passées faisant état de survivants ayant été secourus jusqu’à 10 jours après des catastrophes renforcent la détermination des équipes de sauvetage à poursuivre leurs efforts jusqu’à ce que tous les corps aient été retrouvés.

Les hôpitaux sont débordés et manquent de personnel.

Selon un employé, les médecins du centre de traumatologie de l’hôpital Bir, à Katmandou – l’un des dizaines d’endroits de la capitale où les blessés sont amenés – traitent environ 500 patients en même temps. L’afflux de blessés est presque continu : l’hôpital accepte de nouveaux patients et laisse partir ceux dont les besoins ont été satisfaits.

« J’ai fait une formation en premiers soins et je me suis dit que je pouvais sûrement être utile ici. Il était de mon devoir de venir donner un coup de main », a dit à IRIN Chiran Rai, une volontaire de 27 ans, en aidant à changer des pansements.

Les survivants dorment dehors

De nombreux survivants ont trop peur pour retourner chez eux et préfèrent dormir une autre nuit à l’extérieur. Les parcs, les cours d’école, les potagers et tous les espaces disponibles sont remplis de tentes et d’abris de fortune.

Tundikhel, un vaste champ situé au centre de Katmandou, accueille maintenant plusieurs milliers de survivants. Des familles dorment sous des bâches distribuées par la Croix-Rouge népalaise. D’autres tentent de se débrouiller avec des bouts de matériaux ou des parapluies. D’autres encore n’ont rien du tout.

Les répliques sismiques régulières mettent à rude épreuve les nerfs déjà à vif des habitants. Les bâtiments endommagés par le premier tremblement de terre représentent désormais des dangers potentiels.

La satisfaction des besoins essentiels est une source de préoccupation croissante. Des centaines de véhicules font déjà la file devant les stations d’essence et la majeure partie de la ville est toujours privée d’électricité. Les organisations d’aide humanitaire s’inquiètent également de l’imminence probable de pénuries d’eau potable, de vivres et d’abris.

M. Damm estime qu’il faudra du temps pour mettre en place des systèmes de purification d’eau et que certains devront être amenés depuis l’extérieur du Népal, car l’État n’a pas les capacités nécessaires pour faire face à une catastrophe de cette ampleur.

Les précipitations annoncées pour les jours à venir risquent d’aggraver la situation.

jr/rh/ag -gd/amz