Inondations et sécheresse à Madagascar

Nanjala Nyabola

Nairobi-based writer and political analyst

Les autorités de Madagascar peinent à faire face aux inondations de plus en plus graves qui affectent la région centrale des hauts plateaux, où se trouve la capitale, Antananarivo, et à la sécheresse prolongée qui sévit dans le sud du pays.

Les plus récentes inondations ont commencé lorsque les trois cours d’eau qui traversent l’agglomération d’Antananarivo – la Sisaony, l’Ikopa et la Mamba – sont sortis de leur lit lors d’une tempête survenue le 24 février. Les inondations ont fait 19 victimes et entraîné le déplacement d’environ 36 000 personnes, selon le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC). Quarante mille personnes supplémentaires ont été déplacées dans 13 autres districts.

Mercredi, le BNGRC a publié un nouvel avertissement faisant état de la présence d’un système dépressionnaire au large de la côte ouest de l’île. De nouvelles pluies torrentielles étaient donc attendues dans la région centrale des hauts plateaux. Les habitants de plusieurs quartiers d’Antananarivo se préparaient à subir d’autres inondations et glissements de terrain dans les jours suivants.

Les inondations actuelles viennent s’ajouter aux nombreux défis que doit déjà surmonter la ville après le passage de la tempête tropicale Chedza. La tempête a fait 68 morts et entraîné le déplacement de près de 80 000 personnes dans l’ensemble du pays – plus de 16 000 à Antananarivo seulement – pendant le weekend du 17 janvier. Plusieurs espaces publics de la ville, notamment les stades sportifs, ont été utilisés pour héberger temporairement les déplacés.

Les fortes pluies ont affecté différemment les divers quartiers de la capitale. Alors que les résidents des zones de plus faible altitude comme Soavina ont vu leurs quartiers envahis par les flots et ont dû se déplacer avec de l’eau à la taille, les zones plus vallonnées de la ville ont été touchées par les glissements de terrain qui ont causé des dommages importants aux infrastructures.

Le BNGRC a diffusé un avertissement sur les risques de glissements de terrain dans plusieurs régions. Le personnel de l’agence a circulé d’une maison à l’autre pour avertir les résidents des zones affectées de surveiller l’apparition de fissures ou d’autres signes de dommages dans leurs foyers.

Les habitants les plus pauvres de la ville forment une grande partie de la population la plus affectée. Ils sont en effet nombreux à avoir enfreint la politique d’aménagement urbain en bâtissant leur maison à proximité des berges, dans des zones qui, pendant la saison des pluies, sont exposées aux inondations cycliques. Sur les hauts plateaux, la saison des pluies s’étend de décembre à avril.

L’Assemblée nationale a organisé un téléthon pour collecter les dons du public et demander davantage de soutien de la part de la communauté internationale. Les habitants de la ville se mobilisent également pour aider les personnes affectées par les inondations. Plusieurs groupes religieux ont en effet lancé des appels de fonds.

Les habitants des régions situées dans le sud de cette vaste île de l’océan Indien sont quant à eux confrontés à une sécheresse prolongée. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), qui apporte son soutien aux efforts déployés par les autorités malgaches, estime à 80 000 le nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Entre 3 et 4 millions de dollars supplémentaires sont nécessaires pour répondre et on s’attend à ce que le déficit de financement augmente dans les semaines à venir. 

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