La sélection d’IRIN : dépendance au développement, Invisible Children et réfugiés

Chaque semaine, notre réseau international de correspondants vous fait part de sa sélection des enquêtes, interviews, rapports, blogues et articles de fond à ne pas manquer dans l’actualité, pour vous aider à rester au fait des crises mondiales. Nous vous informons également des événements clés (conférences, parutions d’ouvrages, débats politiques) à venir.

À lire : notre Top 5

4 Things You Probably Know About Poverty That Bill and Melinda Gates Don’t [4 éléments que vous savez probablement au sujet de la pauvreté que Bill et Melinda Gates ne savent pas]

Dans ce billet de blogue, Martin Kirk, Joe Brewer et Jason Hickel s’attaquent à la récente Lettre annuelle de Bill et Melinda Gates, dans laquelle le couple affirme que l’utilisation de vaccins, de services bancaires mobiles et de techniques d’agriculture améliorées permettra d’éradiquer la pauvreté. Les auteurs estiment que les Gates omettent de considérer certains éléments importants tels que la politique et l’économie et soutiennent que les petites solutions techniques permettent simplement de cacher les problèmes structuraux plus larges auxquels les pays pauvres sont confrontés.

Hardship, Hope and Resettlement: Refugees from Syria tell their stories [Adversité, espoir et réinstallation : des réfugiés syriens racontent leur histoire]

Alors que la guerre en Syrie entre dans sa quatrième année, on estime à plus de 11 millions le nombre de personnes ayant fui leur foyer. Amnesty International va au-delà des statistiques pour vous présenter les histoires personnelles de huit familles et individus qui ont fui le conflit et qui tentent maintenant de survivre dans les pays voisins, soit en Irak, en Jordanie ou au Liban. La publication du rapport marque le lancement de la campagne #OpenToSyria, une campagne d’Amnesty ayant pour objectif d’encourager les pays riches à accepter davantage de réfugiés.

 The Aid Debate: Views from a personal journey [Débat sur l’aide : un point de vue fondé sur mon parcours personnel]

Donnas Ojok étudie la gestion du développement à la London School of Economics (LSE). M. Ojok a grandi dans une région pauvre de l’Ouganda dont les habitants dépendaient des distributions d’aide alimentaire et d’autres types d’aide par les organisations non gouvernementales (ONG). L’auteur du billet s’appuie sur ses expériences en tant que bénéficiaire de l’aide et agent de développement et soulève des questions importantes au sujet des pour et des contre des programmes d’aide. M. Ojok écrit : « Il est temps que les donateurs se réveillent et conçoivent l’aide comme un mécanisme d’amélioration des conditions de vie et d’éradication de la pauvreté et non comme un instrument de pouvoir.

Devil in the Detail for WHO’s Ebola Resolution [Résolution de l’OMS concernant Ebola : ce sont les détails qui comptent]

Charles Clift, consultant principal auprès du Centre de sécurité sanitaire mondiale de la Chatham House, un groupe de réflexion basé à Londres, examine les défis que pose la réforme de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’organisation a été largement critiquée pour ce qui a été perçu comme des lacunes dans la gestion de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. À l’occasion d’une session spéciale du conseil exécutif organisée en janvier, l’OMS a adopté une résolution dans le but de transformer sa façon de travailler dans les situations d’urgence sanitaire. C’est une chose d’adopter une résolution, mais il faut maintenant déterminer comment la mettre en oeuvre. « Quelles seront la taille et la composition de cette ‘force de réserve en santé’ ? Comment sera-t-elle financée vu le budget serré de l’OMS ? » s’interroge M. Clift.

Food hijack by Islamic State fuels debate over transparency of aid [Le détournement de l’aide alimentaire par l’État islamique alimente le débat sur la transparence de l’aide]

Les informations publiées par Reuters au sujet du détournement de colis d’aide alimentaire des Nations Unies par les combattants de l’État islamique (EI) en Syrie ont suscité un débat dans les cercles humanitaires. Le phénomène n’est pas nouveau, comme l’a souligné IRIN dans un récent rapport de crise intitulé Aid and the Islamic State [Aide humanitaire et État islamique] et produit en collaboration avec le Groupe de politique humanitaire (Humanitarian Policy Group, HPG) de l’Institut de développement d’outre-mer (Overseas Development Institute, ODI). Les organisations sont réticentes à parler de leurs interactions avec les groupes militants, ce qui crée une certaine opacité autour de la fourniture d’aide. Dans ce contexte, les appels en faveur d’un débat plus ouvert sont de plus en plus nombreux.

À venir :

Embedding with Aid Agencies: Editorial Integrity and Security Risks [Collaborer avec les organisations d’aide humanitaire : intégrité éditoriale et risques sécuritaires]

Mardi 10 février, 19 h GMT

Retrouvez le cofondateur et PDG d’IRIN Ben Parker au Frontline Club de Londres, où il animera une table ronde réunissant des journalistes et des spécialistes des communications pour aborder les risques associés à la dépendance des reporters envers les ONG. Les budgets réduits des organes de presse obligent aujourd’hui les journalistes à faire de plus en plus souvent appel aux ONG pour obtenir des informations sur ce qui se passe dans les régions difficiles d’accès. Comment cela affecte-t-il leur indépendance éditoriale ? Les invités de la table ronde sont : Polly Markandya, responsable des communications chez Médecins Sans Frontières (MSF), Lisa Reilly, coordonnatrice exécutive du Forum inter-agences européen sur la sécurité (European Interagency Security Forum, EISF), Michelle Bet, une ancienne journaliste qui travaille maintenant en collaboration avec les organisations humanitaires dans le domaine du développement de médias, et Siobhan Sinnerton, directrice des programmes sur les nouvelles et les affaires courantes pour la chaîne de télévision britannique Channel 4.

Une publication d’IRIN :

La leçon invisible d’Invisible Children

Dans ce deuxième article de notre chroniqueur invité, Paul Currion s’intéresse à la célèbre campagne KONY 2012 lancée par Invisible Children, une organisation militante basée aux États-Unis, et aux leçons que nous avons pu en tirer en matière de marketing de l’aide et de plaidoyer. M. Currion fait remarquer qu’un appel de fonds qui devient viral peut assurer une certaine visibilité, mais qu’il ne permet pas nécessairement de résoudre une crise.

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