Des catastrophes naturelles de moins en moins dommageables ?

Haïti vient tout juste de commémorer le cinquième anniversaire du tremblement de terre qui a dévasté une grande partie du pays et tué jusqu’à 300 000 personnes. Des cérémonies solennelles ont eu lieu dans la capitale, Port-au-Prince, ainsi que dans d’autres villes de l’État insulaire.

Si l’impact du tremblement de terre a été aussi important, c’est en partie parce que le pays n’était pas du tout préparé pour un tel événement, comme l’ont révélé des câbles Wikileaks.

L’anniversaire du séisme intervient peu de temps après la commémoration des 10 ans du tsunami asiatique de 2004, qui a fait au moins 200 000 victimes. Les deux catastrophes comptent parmi les plus meurtrières de l’histoire mondiale récente.

Une recherche publiée la semaine dernière suggère pourtant que l’impact des catastrophes naturelles est en déclin dans le monde.

Selon l’étude, menée par Munich Re, l’un des principaux assureurs mondiaux, le nombre de catastrophes naturelles en 2014 a été plus élevé que la moyenne, avec 980 événements. La moyenne sur 10 ans est de 830 événements (diagramme 1).

Les dommages causés par ces catastrophes sont cependant beaucoup plus faibles. Alors que la moyenne du nombre de victimes sur 10 ans atteint près de 100 000, 7 700 victimes seulement ont été enregistrées en 2014 (diagramme 2). Les pertes financières rapportées à des fins d’assurance étaient aussi plus faibles : 31 milliards de dollars contre une moyenne de 58 milliards de dollars.

Selon Ernst Rauch, directeur du Centre de recherches sur le climat de Munich Re, l’Inde et les Philippines font partie des pays qui ont amélioré leur niveau de préparation aux catastrophes. Les deux pays ont surtout considérablement perfectionné leurs systèmes d’alerte publique et communiquent désormais plus clairement les informations techniques aux citoyens.

Un phénomène aléatoire ?

M. Rauch a cependant précisé qu’il n’était pas certain que la tendance concernant le faible nombre de décès se maintienne. La saison des ouragans a été anormalement calme en Amérique du Nord en 2014 et les catastrophes plus importantes qui se sont produites au cours de l’année ont rarement frappé des zones densément peuplées.

« Nous avons actuellement un nombre limité d’exemples concernant l’impact positif des alertes publiques et des mesures d’évacuation dans certains pays. Il est encore trop tôt pour parler d’une tendance générale, mais il est important de souligner ces exemples et d’en discuter avec les parties prenantes concernées à plus grande échelle », a-t-il dit.

Terry Cannon, chercheur à l’Institut d'études pour le développement (Institute of Development Studies, IDS), a dit que le phénomène était peut-être « purement aléatoire ». Il a ajouté qu’une ventilation plus détaillée des données était nécessaire pour tirer des conclusions plus claires.

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