le Soudan du Sud à la croisée des chemins

L’échec des pourparlers de paix et la fin de la saison humide au Soudan du Sud pourraient conduire à de nouveaux affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes rebelles. Or, les analystes et les travailleurs humanitaires redoutent que cela ne précipite des millions de ressortissants du plus jeune pays du monde dans une famine créée par l’homme.

Après neuf mois de négociations houleuses, il n’y a toujours pas de cessez-le-feu franc, et encore moins d’accord politique pour mettre fin à un conflit marqué par les atrocités. Les échauffourées continuent dans les zones proches des bases des Nations Unies où s’entassent des milliers de civils. Il est à craindre que les parties en conflit ne profitent de l’accalmie saisonnière pour se réapprovisionner en armes.

Une nouvelle vague de violence bouleverserait le projet des Nations Unies et des partenaires humanitaires qui comptent profiter de la saison sèche pour remettre en état les routes et les autres infrastructures et pour prépositionner des réserves indispensables. En effet, un épuisement des maigres récoltes est attendu début 2015 à cause des perturbations actuelles. Les pluies commencent généralement à diminuer fin octobre.

« Ce sera l’effet conjugué d’un environnement plus calme pour la population de ce pays et de la poursuite d’une grande opération humanitaire qui aidera les habitants à traverser la saison sèche », a déclaré à IRIN Toby Lanzer, le coordonnateur humanitaire des Nations Unies au Soudan du Sud. « Si l’un de ces deux éléments est absent, ce sera la catastrophe ».

Contexte

Le conflit a éclaté en décembre 2013, lorsque la lutte pour le pouvoir entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar a dégénéré, provoquant des affrontements au sein de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) dans la capitale, Juba.

Les violences ont rapidement gagné la majeure partie du nord et de l’est du pays, opposant les troupes fidèles à M. Kiir aux unités et milices rebelles alliées à M. Machar. Des milliers de civils auraient péri, nombre d’entre eux visés en raison de leur appartenance ethnique. M. Kiir fait partie de l’ethnie dinka tandis que M. Machar est nuer.

D’après les Nations Unies, les violences ont déplacé 1,3 million de personnes dans le pays, y compris près de 100 000 civils réfugiés à l’intérieur des bases des Nations Unies, dans des conditions souvent déplorables. À cause des perturbations du secteur agricole, de la perte des moyens de subsistance et de l’anéantissement des courants d’échanges, près de quatre millions de personnes risquent de souffrir d’insécurité alimentaire grave. Quelque 450 000 autres ont fui dans les pays voisins ; au Soudan, en Éthiopie, au Kenya et en Ouganda.

Pourparlers de paix

Ces pays, qui font partie du groupement régional de l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), tentent de trouver un accord entre les parties belligérantes. Afin de remédier aux causes profondes du conflit, l’IGAD et les donateurs étrangers ont appelé les deux camps à entreprendre des réformes profondes, ainsi qu’à signer un accord de partage du pouvoir dans un gouvernement de transition. Les médiateurs ont brandi la menace d’une action « punitive » à l’encontre de ceux qui compromettraient ces actions.

Mais il semblerait que les groupes sud-soudanais ennemis soient loin de parvenir à un accord.

Le mois dernier, M. Machar a refusé de signer un protocole détaillé permettant de sortir du conflit, alors que le document indiquait la nomination d’un membre de l’opposition au poste de premier ministre. Le protocole prévoyait également des mesures de décentralisation du pouvoir, de lutte contre la corruption et d’incitation à la réconciliation.

Les pourparlers se poursuivent, mais ont récemment essuyé un nouveau revers. Le porte-parole du gouvernement, Michael Makuei Lueth, a exigé le renvoi du médiateur en chef, l’accusant de servir les intérêts des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Norvège en faveur d’un « changement de régime ». Il aurait également exigé que la poursuite des négociations ait lieu au Kenya.

Les protagonistes ont mis en garde contre une guerre totale en cas d’échec des pourparlers, ce qui fait redouter de nouvelles campagnes militaires préparées par les commandants des deux camps pendant que les hommes politiques s’engagent à faire la paix.

Peter Biar Ajak, directeur du Centre d’analyses et de recherches stratégiques à Juba, a déclaré que l’échec des forces rebelles à progresser de façon significative au cours des derniers mois pourrait inciter le gouvernement à préférer une solution militaire.

Pendant la saison sèche, les troupes gouvernementales peuvent utiliser des armes lourdes, notamment des tanks et des véhicules blindés que n’ont pas les rebelles. M. Ajak a aussi déclaré à IRIN que le rejet du médiateur éthiopien par le gouvernement était peut-être une tactique pour gagner du temps.

« Si [les pourparlers] sont déplacés au Kenya, je n’entrevois pas la possibilité de réaliser de progrès importants avant la fin de la saison des pluies. C’est peut-être dans la logique du gouvernement : ‘si nous arrivons à faire traîner les choses jusqu’à la fin de la saison des pluies, alors nous pourrions remporter une victoire militaire’ », a affirmé M. Ajak.

L’absence d’un accord a ravivé la crainte que la guerre ne se transforme en une crise qui opposerait l’Ouganda à son rival régional, le Soudan.

L’Ouganda a envoyé des troupes pour soutenir le gouvernement de M. Kiir au début du conflit, et il se pourrait que les rebelles bénéficient du soutien de Khartoum. Le Soudan accuse l’Ouganda et le Soudan du Sud d’aider les rebelles dans la région du Darfour et les États du Kordofan septentrional et du Nil Bleu.

Selon M. Ajak, une rupture des pourparlers de l’IGAD, associée à une offensive du gouvernement, pousserait le gouvernement éthiopien à céder à la pression des autorités, issues en majorité de l’ethnie nuer, et à soutenir les rebelles dans la région éthiopienne de Gambela, frontalière du Soudan du Sud.

« Si cela débouche sur une guerre, M. Machar mettra tout en oeuvre pour ne pas perdre », a dit M. Ajar.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’accord ?

Les analystes expliquent la volonté de l’élite politique de recourir à la violence dans sa conquête du pouvoir et de la richesse, visiblement au mépris des souffrances des citoyens ordinaires, par l’histoire sanglante du Soudan du Sud, ainsi que par l’absence de pression diplomatique soutenue.

Les récits de l’indépendance du pays qui s’est séparé du Soudan en 2011 ont tendance à se concentrer sur la lutte des Sud-Soudanais contre Khartoum qui a duré des décennies, occultant le fait que beaucoup de conflits meurtriers dans le sud opposaient des bandes armées rivales.

Si M. Kiir a pu réincorporer la plupart de ces bandes dans la SPLA avant l’indépendance, la crise actuelle a provoqué la réémergence de divisions – et de tactiques violentes – une situation que les Sud-Soudanais ne connaissent que trop bien.

M. Machar, par exemple, est connu pour le massacre de Bor en 1991, durant lequel ses partisans ont exécuté environ 20 000 personnes, suite à la création d’un groupe dissident au sein de la SPLA. Cette fois, Bor a de nouveau fait partie des premières cibles de l’opposition qui a attaqué la ville en représailles au meurtre de civils nuers à Juba.

Les universitaires qualifient la gouvernance du Soudan du Sud de système « kleptocratique », dans lequel le pouvoir est maintenu par un clientélisme financé en pillant les caisses de l’État et en fermant les yeux sur les détournements de fonds. Malgré les milliards de dollars de revenus de la manne pétrolière au Soudan du Sud, le système est en panne, du moins provisoirement.

« La stratégie de M. Kiir a toujours consisté à acheter les gens pour rester au pouvoir, mais cela n’est pas une solution durable », a déclaré Jonathan Fisher, professeur de développement international à l’Université de Birmingham au Royaume-Uni. « Et maintenant, nous assistons à une renégociation de l’accord. »

« Tous deux tentent de s’emparer du territoire et des ressources afin de renforcer leurs positions dans le processus de négociation », a déclaré à IRIN M. Fisher.

Selon M. Ajak, la culture du Soudan du Sud et la rivalité féroce entre M. Machar et M. Kiir permettent également de comprendre la propension aux effusions de sang.

« Pour eux, c’est devenu une question de pouvoir, mais également d’honneur bafoué. Ils sentent qu’ils sont méprisés par le camp adverse. Ça devient donc personnel. Et le problème pour nous au Soudan du Sud est que, quand les choses deviennent trop personnelles, les gens préfèrent aller jusqu’au bout plutôt que de négocier et de trouver un compromis », a ajouté M. Ajak.

Sanctions

Les États-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions à certains commandants des deux camps.

Donald Booth, envoyé spécial américain au Soudan et au Soudan du Sud, a récemment déclaré que Washington avait l’intention de faire comprendre à ceux qui doivent négocier que les États-Unis ne plaisantent pas, qu’il y aura des conséquences si la situation continue.

Mais certains doutent que la pression de la communauté internationale, y compris celle des pouvoirs régionaux qui essayent d’étendre leur influence économique et politique, ne soit suffisante.

L’IGAD n’est toujours pas allée au bout ses propres menaces de sanctions, alors que les parties belligérantes n’ont pas respecté une série de délais. L’IGAD a récemment exhorté les deux camps à trouver un accord d’ici mi-octobre.

D’après Enough Project, une association implantée aux États-Unis qui fait campagne contre le génocide, ce serait l’occasion de saisir les résidences, les comptes bancaires et les sociétés-écrans de quiconque porterait atteinte au processus de paix ou commettrait de graves violations des droits de l’homme.

« Des sanctions sévères et ciblées, ainsi que d’autres types de pression précis sont le meilleur moyen d’empêcher les parties en conflit de procéder à des calculs », a expliqué John Prendergast, directeur de Enough Project, dans un rapport publié en septembre.

Tariq Riebl est le directeur de l’organisation humanitaire Oxfam au Soudan du Sud. Selon lui, la crise au Soudan du Sud risque d’être éclipsée par celles en Syrie, en Irak et en Ukraine, ainsi que par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, ce qui aurait des répercussions à la fois sur l’attention diplomatique et le financement.

« Si l’on considère les vastes enjeux, on pourrait s’attendre à ce qu’il y ait un grand sentiment d’urgence » chez ceux qui sont impliqués dans la recherche de la paix, a déclaré à IRIN M. Riebl. « La situation touche déjà des millions de gens. Les dernières nouvelles sont bonnes en ce qui concerne la sécurité alimentaire, mais si le conflit reprend, il doit être très très clair pour tout le monde que l’année 2015 sera horrible pour le Soudan du Sud. »

Armes

En attendant, les organisations de défense des droits préviennent que plusieurs millions de dollars d’armes ont envahi le pays depuis le début des hostilités.

Les médias ont révélé, documents d’expédition à l’appui, le déchargement d’une cargaison de plus de 1 000 tonnes d’armes légères et de petit calibre – envoyée depuis la Chine à destination du Soudan du Sud – dans le port kényan de Mombasa en juin dernier. D’après Amnesty International, des sources indiquent que les deux camps au Soudan du Sud utiliseraient des armes fabriquées en Chine depuis 2013.

Un groupe de plus de 20 organisations de développement et de défense des droits internationales et sud-soudanaises ont lancé un appel à l’IGAD et aux Nations Unies afin que soit imposé un embargo sur les armes – jusqu’à présent en vain. 

« Tant que des armes seront importées au Soudan du Sud, elles seront très probablement utilisées pour commettre de nouvelles atrocités », a indiqué le groupe dans son appel.

Selon un responsable de la sécurité qui travaille pour une organisation internationale à Juba, il est probable que les commandants des deux camps préparent une nouvelle campagne militaire pendant que les hommes politiques débattent de la paix en Éthiopie.

D’après ce responsable, qui a demandé à garder l’anonymat car il n’est pas autorisé à s’exprimer publiquement, tout porte à croire que les deux camps ont recruté des jeunes, ont renforcé leurs positions et se sont réapprovisionnés en armes en cas de reprise des combats.

Bentiu, la capitale de l’État d’Unité qui est le principal producteur de pétrole, est l’un des épicentres du conflit. Les troupes des deux camps sont postées à proximité de la ville. Les tensions à Bentiu ont encore monté d’un cran avec l’attaque d’un hélicoptère des Nations Unies le 28 août, tuant deux membres d’équipage. Cet attentat menace les lignes d’approvisionnement de 40 000 civils vivant dans des conditions déplorables à l’intérieur de la base des Nations Unies de la région.

Nasir est un autre point chaud ; les forces gouvernementales ont repris cet ancien bastion de M. Machar dans l’État du Nil supérieur en mai dernier. Selon l’Economist Intelligence Unit (EIU), les forces gouvernementales dans Nasir « résistent presque quotidiennement à des bombardements et à des tirs provenant de l’autre côté de [la rivière] Sobat et des villages environnants, essuyant parfois de lourdes pertes ».

Récemment, les deux camps ont revendiqué des victoires lors de nouveaux combats dans d’autres zones du Nil supérieur, affirmant qu’ils avaient infligé de lourdes pertes aux troupes adverses.

« Sur le plan militaire, la seule chose qui empêche actuellement un retour à la violence généralisée dont nous avons été témoins lors des premiers mois de la guerre est la saison des pluies », a écrit l’EIU dans une évaluation de septembre. 

Risque de famine

Les conséquences humanitaires d’un retour au conflit armé pourraient être graves.

De nombreux fermiers dans le nord et l’est ont perdu leur bétail et n’ont pas pu ensemencer leurs champs lors des premières violences, ce qui laisse craindre la famine et les maladies pour des millions de civils. En réaction, les organisations ont mis sur pied une opération humanitaire massive afin d’éviter une grande famine.

Toutefois, les experts n’ont pas cessé de rappeler que le risque de famine allait s’accroître dans la première moitié de 2015, lorsque les maigres récoltes seront épuisées à cause des perturbations pendant la saison des plantations.

D’après un rapport du mois de septembre des organismes gouvernementaux et des experts de la sécurité alimentaire, malgré de bonnes conditions lors de la saison de croissance actuelle qui ont atténué l’insécurité alimentaire depuis mai, la situation est bien pire que dans une année normale. Les auteurs prévoient que près de 1,5 million de personnes devront faire face à une « crise » ou à des niveaux « d’urgence » d’insécurité alimentaire jusqu’au mois de décembre inclus. Un tiers de la population est concerné, en particulier dans les États les plus touchés que sont le Nil supérieur, le Jonglei et l’Unité. Les termes « crise » et « urgence » correspondent aux niveaux trois et quatre du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), une échelle de gradation couramment utilisée. La phase cinq indique la « famine ».

D’après les experts du rapport de l’IPC, ces populations ont survécu au conflit, au déplacement et à une période de soudure difficile en 2014, grâce à des mécanismes d’adaptation, notamment traditionnels ; en élevant les enfants en commun et en épuisant les ressources sous l’effet de la détresse. Par conséquent, leur résilience devrait être très faible en 2015, en particulier si de nouveaux chocs se produisent.

M. Lanzer, le coordonnateur humanitaire des Nations Unies, a déclaré que dans certains comtés, les agriculteurs avaient commencé à procéder à la récolte prématurément, afin de répondre aux besoins urgents de leurs familles, ce qui a tiré le rendement global vers le bas.

D’après le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWSNET), une organisation de surveillance financée par le gouvernement américain, les inondations dans le comté de Duk, dans l’État du Jonglei qui est le théâtre de violences, vont endommager des « zones de cultures déjà limitées. Les rapports d’enquête indiquent que les récoltes pourraient durer seulement deux mois », indique le rapport de FEWSNET du 15 septembre.

M. Lanzer a affirmé que les organisations de secours comptaient profiter de la saison sèche pour remettre en état et améliorer les infrastructures névralgiques (axes principaux, pistes d’atterrissage et ponts) afin de pouvoir prépositionner des réserves et assurer l’accès aux coins reculés des zones les plus touchées lorsque les pluies reprendront l’année prochaine.

Si M. Lanzer qualifie de « généreuse » l’aide des donateurs pour le Soudan du Sud, il a déclaré que la vaste campagne de parachutages de cette année n’est « tout simplement pas durable au vu des sommes d’argent qui sont disponibles dans le système de l’aide internationale... »

« Nous risquons de nous retrouver dans une situation très difficile s’il y a effectivement une nouvelle flambée de violences pendant la saison sèche et que nous ne pouvons pas nous rendre auprès des populations dans le besoin, d’une part, ni prépositionner de réserves pour la saison des pluies », a expliqué M. Lanzer. Dans ces conditions, « il sera presque impossible d’éviter la famine ».

Bases des Nations Unies

Sans une résolution du conflit en vue, les Nations Unies ont également dû accepter qu’environ 100 000 civils entassés dans ses bases de maintien de la paix n’allaient vraisemblablement pas pouvoir rentrer chez eux dans un avenir proche.

Après les fortes pluies, les conditions de vie dans certains camps sont devenues désespérées. Les familles vivent dans la boue jusqu’aux genoux et au milieu des excréments à cause des latrines qui sont hors d’usage. Certains camps sont confrontés à des pénuries d’eau potable, et l’augmentation des violences à l’intérieur et aux abords des camps, qui visent en particulier les femmes, est inquiétante.

M. Lanzer a déclaré que les Nations Unies allaient profiter de la saison sèche pour remettre en état les camps les plus inhospitaliers, dans les villes de Bentiu et Malakal, au nord. Des ingénieurs hollandais ont été consultés pour perfectionner le système de drainage à Bentiu, a-t-il dit.

« Ce n’est pas parce que nous attendons l’arrivée de personnes supplémentaires, bien que cela pourrait se produire », a déclaré M. Lanzer. « C’est simplement que nous devons être en mesure de mieux faire face à la saison des pluies au cas où les gens devraient rester. »

Il a déclaré que les Nations Unies n’allaient ni forcer, ni inciter les personnes à rentrer chez elles contre leur gré. Mais il a ajouté que l’organisme mondial aiderait la population à « entrer en contact avec d’autres communautés et avec les membres des autorités locales », afin de favoriser la réconciliation et de restaurer la confiance.

« Ce sont peut-être de petites mesures, de petites graines pour la paix, mais cela va arriver. Nous ne pouvons pas être dans une situation où les gens vivent indéfiniment dans une base des Nations Unies ou un camp de déplacés. Cela ne va mener le Soudan du Sud nulle part et ne va certainement rien amener de bon aux familles qui ont été touchées. »

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