Le gouvernement congolais construit un centre de référence de dépistage et de prise en charge des maladies drépanocytaires

Le gouvernement congolais va construire un centre de référence de dépistage et de prise en charge des maladies drépanocytaires pour un coût global de 750 millions FCFA (1,4 millions de dollars), a annoncé vendredi le ministre Alphonse Gando.

"Nous allons très vite mettre en place une équipe composée de pédiatres et d’hématologues, chargée de réfléchir sur un système de prise en charge de proximité, d’abord à Brazzaville, puis à étendre progressivement sur l’ensemble du pays", a-t-il ajouté.

Ce centre de référence sera réalisé dans l’enceinte du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville, considéré comme le plus grand hôpital du pays. Le gouvernement dispose d’assez d’argent pour gérer le centre pendant un an.

M. Gando a tenu ces propos à la clôture d’une conférence de quatre jours sur la drépanocytose tenue à Brazzaville et qui visait à faire sortir cette maladie de l’anonymat. Ces états généraux ont regroupé les épouses des chefs d’Etat du Congo-Brazzaville, du Sénégal, du Tchad, Sénégal, du Mali et de la République centrafricaine.

La drépanocytose est une maladie héréditaire liée à une anomalie de l’hémoglobine qui touche particulièrement les populations noires. Elle est considérée comme la première maladie génétique au monde.

Selon le Dr. Daniel Loumouamou, dermatologue au CHU, la drépanocytose est la sixième maladie grave en République du Congo. Elle vient après le paludisme, le VIH/SIDA, la tuberculose, la fièvre typhoïde et la fièvre jaune.

Les enfants drépanocytaires ont généralement la fièvre et souffrent de douleur abdominales ; ils ont le ventre ballonné et des yeux rouges. Les douleurs sont souvent déclenchées par l’effort physique, le froid, la déshydratation et l’altitude.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’anémie drépanocytaire est une maladie du sang qui affecte l’hémoglobine et modifie la forme des globules rouges du sang lorsque le patient est tendu.

"La drépanocytose est liée à une anomalie de l’hémoglobine. Lorsque les globules rouges rejettent de l’oxygène, elles s’agglutinent et forment de longues chaînes semblables à des bâtonnets qui deviennent rigides et prennent la forme de faucilles", explique l’agence des Nations unies sur son site Internet: http://www.who.int

La drépanocytose affecte plusieurs millions de personnes dans le monde, particulièrement les populations originaires d’Afrique subsaharienne, d’Amérique du sud, de Cuba, d’Amérique centrale, d’Arabie Saoudite, d’Inde et des pays de la Méditerranée tels que la Turquie, la Grèce et l’Italie. Aux Etats-Unis, la maladie touche plus de 72 000 personnes appartenant essentiellement à la communauté Afro-américaine.

Actuellement il n’existe pas de remède contre la drépanocytose. Les traitements médicaux proposés aux personnes affectées sont notamment la prise orale de médicaments antibiotiques, des analgésiques et des transfusions sanguines qui évitent certaines complications associées à la drépanocytose, en augmentant le nombre de globules rouges et en éliminant les complications éventuelles.